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Sept ans après, retour à Zepa
Ltn Eric Bouysson
Première publication dans le
Journal de la SFOR#134, 14 mars 2002
Sept ans après les avoir quittées, cinquante
familles déplacées commencent à revenir
dans leurs habitations davant-guerre. Dans la région
de Zepa, des organisations humanitaires ont reconstruit les
maisons, et la SFOR sest chargée du déménagement.
Mais pour apaiser les douleurs du passé, il faudra
encore du temps.
Zepa Pour Zilka et Omer Avdic, larrivée
de leur modeste mobilier est le signe tant attendu de la fin
dun long exode à lintérieur de leur
propre pays. Déplacés pendant plus de sept ans,
ils ont vécu en famille dans la région de Sarajevo.
Les habitations quils occupaient jusquà
aujourdhui seront scellées après leur
départ ; la municipalité ne sait pas où
leurs propriétaires, vraisemblablement bosno-serbes,
se trouvent. Environ 50 familles originaires de Zepa ont ainsi
souhaité revenir là où elles vivaient
auparavant. Elles ont à cet effet déposé
une demande auprès du Haut commmissariat pour les réfugiés
(United Nations High Commissioner for Refugees, UNHCR).
Lattention de tous
Originaire du Népal, M. Bhandari Bishnu, coordinateur
du projet, est le chef du Groupe de travail interagences pour
la reconstruction et les retours (Local Return and Reconstruction
Task Force, L-RRTF) pour la région : Cest
la communauté internationale qui assure le financement,
notamment lambassade des Pays-Bas et une organisation
caritative gouvernementale quatarie (Qatar Charitable Society,
QCS). Le capitaine Bert Jongepier, néerlandais,
est lofficier de liaison de la SFOR aupres de lUNHCR
pour le sud-est de la Bosnie-Herzégovine. Il sest
démené pour obtenir les camions à quatre
roues motrices dont il avait besoin : Javais
lintention de demander de laide au HELBA grec,
mais ils nétait pas disponible. Le groupement
tactique italien, doù sont originaires ces personnes,
et le groupement tactique allemand, où elles se rendent,
ont répondu présents. Larrivée
est un vrai moment de soulagement, mais tout nest pas
simple pour autant. Nous sommes très reconnaissants
à la SFOR, nous ne pouvions payer ce déménagement,
pas moins de 200 KM, explique Omer. Ma maison
ma manqué, mais pas autant que peuvent me manquer
mes enfants ; il ny a pas décole pour
eux ici, ils devront rester dans la région de
Sarajevo jusquen juin, ajoute Zilka, le regard
triste lorsquelle pense à ceux qui ne sont plus.
La route continue
Nous ne recevons aucune aide du gouvernement, que ce
soit celui du pays ou celui des Entités, précise
Omer. Nous navons presque rien pour vivre, à
peine quelques têtes de bétail, renchérit
Zilka. Cela fait plus de dix mois que je suis sans travail.
Je nétais pas agriculteur avant la guerre, je
travaillais dans une scierie toute proche, mais elle est fermée
et en ruines aujourdhui, se souvient-il. Il
faut que quelquun continue de nous venir en aide, qui
voudrait vivre ici ? conclut Zilka, résignée.
Mohamed Ouchene, le responsable algérien du bureau
bosnien du QCS, explique quil existe un projet pour
connecter au réseau électrique une partie des
habitations, mais il ny aura pas assez dargent
pour tout le monde. Srecko Neuman, du siège de
lUNHCR à Sarajevo, souligne que la réfection
des habitations sest achevée en novembre dernier,
mais que des chutes de neige ont bloqué les routes,
empêchant les occupants légitimes de revenir
chez eux.
Une zone sûre, enfin
Zilka et Omer se sentent en sécurité. Le groupement
tactique allemand continuera à veiller à ce
que la zone soit aussi calme quelle la été
depuis trois mois lorsque les premières personnes déplacés
sont rentrées. La situation économique saméliorant,
le temps estompera les douleurs du passé. Mais lengagement
constant de la communauté internationale, et en particulier
celui de la SFOR, restera indispençable.
Catégorie:
L'aide humanitairen
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Photo : Cne Russel Craig
Avec lAdj Mündel, chef de peloton,
livraison à domicile.
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Photo: Ltn Eric Bouysson
Zilka, protectrice, attend avec impatience
louverture de l'école de Zepa.
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Photo: Capt. Russel Craig
Un vrai déménagement, dabord
en camions puis à bras francs.
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Photo: Ltn Eric Bouysson
Une carcasse de char, désossée,
témoigne de lâpreté des combats
qui se sont déroulés autour de la "zone
de sécurité" de Zepa, garantie en son temps
par la FORPRONU (Force de protection des Nations-unies).
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