Travailler ensemble à Trebevic

Ltn Pedro Fernández Vicente
Première publication dans le
Journal de la SFOR#130, 17 janvier, 2002

Le Centre de télécommunications de Trebevic (CTT) héberge deux équipes de transmetteurs, l’une française et l’autre italienne, un technicien des transmissions de la Republika Srpska (RS) et un peloton d’infanterie italien. Tandis que chaque équipe vaque à ses propres occupations, le groupement tactique italien (GTI) est chargé de la sécurité et de l’approvisionnement du centre. Tous ces hommes vivent et travaillent ensemble sur une zone de la taille d’un terrain de football, au sommet du mont Trebevic situé à l’est de Sarajevo.

Trebevic - Deux zones différentes forment le CTT : une zone technique dédiée aux transmissions et une zone vie et maintenance, composée d’un bloc de préfabriqués interconnectés. La zone technique se matérialise par une tour triangulaire de béton haute de 83 mètres, avec 390 marches qui mènent à quatre niveaux permettant le stockage de tous les équipements de télécommunication. Le premier et le quatrième niveau abritent les antennes, le second l’équipement de la télévision de la RS et divers matériels militaires non protégés. Le troisième niveau est réservé aux systèmes de communication classifiés. “Vous devez appartenir aux équipes française ou italienne de transmetteurs pour pénétrer dans la tour sans être escorté. Même le personnel du peloton de sécurité italien n’est pas autorisé à s’y rendre seul. Lorsque le technicien bosno-serbe doit monter, il est accompagné par l’un d’entre nous et ne peut accéder qu’à ses propres équipements” précise le chef du CTT, le Ltn français Laurent Lauwers.
La vie à l’intérieur
“Trebevic est comme une île sans ressources. Nous sommes au sommet de la montagne, entourés par une épaisse forêt. Il y a des mines un peu partout, seule la route d’accès a été dépolluée. Lundi dernier, nous avons entendu une explosion et vu de la fumée à 300 mètres d’ici. Cela arrive quelquefois lorsqu’un animal marche sur une mine. Les mauvaises conditions météorologiques renforcent le sentiment d’isolement. Novembre dernier, durant les premières chutes de neige, nous avons été isolés pendant quatre jours, et avons dû être ravitaillés par hélicoptère. Dorénavant, le GTI utilise une chenillette pour nous ravitailler,” raconte le Ltn Lauwers.
“Notre principal problème ici est le manque de place. Dix-neuf personnes vivent sur une zone de 50 mètres sur 100, et cela peut générer de nombreux problèmes de coexistence. Il y a quatre équipes différentes, chacune avec sa propre mission et un rythme de vie qui lui est propre. L’équipe française est en poste pour six mois ; les transmetteurs italiens sont là pour deux mois ; l’équipe de gardes italiens pour dix jours ; et finalement l’équipe bosno-serbe pour une semaine. C’est seulement grâce aux efforts de tous et à des règles de vie collective rigoureuses que nous pouvons vivre et travailler ici. Chacun a aussi ses responsabilités et sa part de corvées,” souligne le chef du centre.
“La vie à Trebevic n’est pas facile. Lorsque quelqu’un arrive ici, il réalise rapidement qu’il n’est possible de travailler qu’en respectant
certaines règles de vie” affirme l’Adc Davide Caputo, chef du peloton de sécurite italien.
Un travail complexe
“Trebevic est un très important centre de transmission de la SFOR du fait de tous les équipements qui s’y trouvent. Nous couvrons Butmir et toute la vallée de Sarajevo. Avec le système français RITA, nous fournissons des liaisons sécurisées entre Rajlovac, Tito Barracks et la montagne de Zorlac, près de Gorazde. Nous sommes capables de permettre à quelqu’un dans un hélicoptère volant à 100 km d’ici de communiquer en temps réel avec sa famille en France. Evidemment, ce n’est là qu’un exemple de ce qu’il est possible de faire. Nous traitons 174 signaux radio différents pour fournir une couverture pour les vidéo-conférences,” explique le Ltn Lauwers. “Trebevic est une SFOR en miniature, avec quelques personnes travaillant ensemble pour garantir les communications, et de nombreuses personnes à l’extérieur travaillant pour assurer notre soutien,” conclut-il.

Catégorie:
La SFOR en action

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Photos :
Ltn Philippe Mouret

La chenillette italienne "BW" est une garantie de soutien efficace pour les équipes de Trebevic.


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Les paysages de Trebevic sont vraiment magnifiques.


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De gauche à droite, l'Adc Davide Caputo, le Maj Emmanuel Bouvet, le Ltn Laurent Lauwers,le Maj Didier Bottagisi, le Maj Sebastien Langlait et le Sch William Lasbraunias.