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Un petit dtachement franais

Ltn Luis Sánchez
Premire publication dans le
Journal de la SFOR#128, le 12 dcembre, 2001

Pour mener à bien sa mission, le Groupement tactique français (GTFR) a déployé des sections sur toute l’étendue de sa zone de responsabilité. La vie au sein d’un petit détachement est très différente de celle de Mostar-Ortijes.

Jablanica – Après avoir parcouru un terrain escarpé, le véhicule français atteint enfin le sommet. Le petit village de Meopotocje (municipalité de Prozor, à quelque 50 kilomètres à l’ouest de Sarajevo) domine une vallée encaissée. Les villageois vivent pauvrement ; ils reçoivent cependant leurs visiteurs amicalement. Ce qui distingue ces soldats, c’est que ce ne sont plus des étrangers, mais des voisins.
Ils assurent la mission de la SFOR en accomplissant des missions de contrôle et de patrouilles, et en maintenant le contact avec la population locale. La région est habitée par des Bosniaques, des Bosno-croates et des personnes déplacées de toutes origines. “Nous montrons notre présence et recueillons des informations utiles. Les gens du coin sont amicaux,” déclare le Sgt Alexandre Carpentier, chef de la patrouille.
Les chasseurs alpins
La 1ère section de la 3e compagnie du 27e bataillon de chasseurs alpins stationné à Annecy, dans les Alpes françaises, est actuellement détachée à Jablanica, une ville à quelque 35 km au nord de Mostar. Un foulard triangulaire vert et jaune sur leur épaule gauche distingue facilement ces 26 soldats de ceux des quatre autres compagnies du régiment.
La 3e compagnie, composée de cinq sections, est déployée à Prozor et à Jablanica. Deux sections assurent la mission sur chaque localité par rotations de deux semaines. La devise de l’unité, “Pige et galope” signifie : dès que vous avez compris, courez et accomplissez votre mission.
Les membres de la 1ère section sont les plus jeunes de la compagnie, avec un âge moyen de 20 ans. Pour la plupart de ces soldats, c’est le premier séjour sur le théâtre d’opérations. Ils sont bien préparés et très motivés.
La vie de campagne
“La vie dans un petit détachement est très différente. Nous accomplissons directement la mission et nous en voyons les résultats. De même, nous disposons d’une grande marge d’initiative,” commente le Ltn Louis-Marie Vallançon, chef de section. Ses hommes maintiennent des relations étroites avec les populations et autorités locales, quel que soit leur groupe ethnique ou leur religion.
Leur poste est établi dans un bâtiment civil qui était autrefois un restaurant. Il se trouve près de la route de Prozor. Rien ne distingue cet endroit d’un autre, si ce n’est le garde armé d’un fusil d’assaut de 5,56 mm FAMAS à la porte, trois VAB (véhicule de l’avant blindé, transport de troupe français), un VBL (véhicule blindé léger, engin de reconnaissance) et une voiture militaire sur le parking.
Les tâches quotidiennes
Pour effectuer ses tâches quotidiennes, la section est répartie en trois groupes avec des rôles tournants. Le premier est chargé de la sécurité et de la logistique, c’est-à-dire des missions purement militaires à l’entrée et sur le parking, et des travaux ménagers comme la cuisine ou la propreté. Les soldats préparent eux-mêmes leurs repas… et ce sont vraiment de bons cuisiniers !
Le 1Cl Stephane Lannerey déclare : “C’est très différent de la vie à Mostar et c’est super pour changer.” Son camarade, le 1Cl Sebastien Pigny ajoute : “C’est comme si nous partagions une vie de famille, ça fait que le temps passe vite.” De la même façon, le Cpl Dominique Jeux commente : “Le respect des autres est le point le plus important lorsque l’on vit ensemble.”
Les deux autres groupes patrouillent et contrôlent la zone à tour de rôle. Le soir, un groupe effectue une patrouille dans les rues de Jablanica, et le second en fait une autre au milieu de la nuit. Pendant ce temps, les autres équipes ne perdent pas leur temps et l’entraînement suit son cours. Aujourd’hui, c’était un exercice de reconnaissance.
Le Sch Thierry Vayssiere, adjoint, est chargé de la logistique. “Une fois par semaine, je vais à Mostar et je rapporte les approvisionnements. Il est nécessaire d’être organisé, et que chacun connaisse bien ses tâches,” dit-il. Il dévoile aussi le secret de la vie quotidienne  : “La section est une mécanique bien huilée. Les points les plus importants sont la cohésion, l’union, le professionnalisme ; chacun fait de son mieux pour remplir la mission.”
La nuit tombe et les lumières s’éteignent. Le village s’endort, mais dans le petit détachement français, l’activité continue. Les ombres de la patrouille de nuit à travers les rues de Jablanica garantissent un environnement sûr et stabilisé.

Catégorie:
La SFOR en action