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Les pales de Velika Kladusa

Bch Nicolas Girault
Premire publication dans le
Journal de la SFOR#119, le 8 aot, 2001

La base canadienne d’hélicoptères est installée à Velika Kladusa. Elle apporte son soutien à la Division multinationale Sud-Ouest (DMN-SO), afin de répondre à ses besoins dans différents domaines. Pour mener à bien ce travail, pilotes et équipes au sol fournissent un travail auquel on ne pense pas forcément lorsque on observe les hélicoptères de la SFOR voler dans le ciel de Bosnie-Herzégovine.

CH - 146 Griffon
Moteur : Turbomoteur Pratt & Whitney
Vitesse : 220 km/h (de croisière), 260 km/h (vitesse maximum)
Rayon d’action : 656 km
Passagers : 13 (équipage inclus)
Equipage : 2 pilotes et 1 mécanicien navigant

Velika Kladusa - L’hélicoptère CH 146 Griffon se rapproche rapidement du terrain et amorce sa manœuvre d’atterrissage. Au sol, de la salle de contrôle aux services techniques, il est impatiemment attendu ; le bruit du moteur est de plus en plus assourdissant.
Le mécanicien navigant tend le cou à travers la porte latérale de l’hélico, et rend compte aux pilotes de tout ce qu’ils ne peuvent voir à l’arrière, ainsi que de leur distance par rapport au sol. Trois techniciens accroupis attendent une cinquantaine de mètres plus bas, se protégeant les yeux du nuage de poussière rabattu par le mouvement des pales.
L’hélicoptère à peine posé tremble encore sur ses patins ; les cinq passagers sortent et s’éloignent rapidement du rugissement émis par le moteur, sans plus s’occuper de la belle mécanique qui leur a permis de traverser une partie de la DMN-SO en quelques minutes. En revanche, pour les mécaniciens au sol, le travail ne fait que commencer : pendant vingt minutes, ils vont attentivement examiner si l’hélicoptère n’a pas été endommagé durant le vol. “En cas d’urgence, nous pouvons effectuer la même opération en cinq minutes, mais avec beaucoup plus de personnel,” commente le Sgt Rob Hogenbom, mécanicien navigant.
Des tâches multiples
A l’issue du vol, pilotes et mécaniciens se réunissent pour un compte rendu du vol ; chacun fait part des problèmes techniques et des changements, même mineurs, survenus au cours du trajet ou sur tel ou tel héliport. Il s’agit “d’améliorer les vols futurs car il y a toujours des progrès à faire,” souligne le Cne Stephen Carrus, l’un des pilotes.
Le Cne Rod Mac Donnell, officier de liaison, explique que “la mission des hélicoptères canadiens est multiple, que ce soit pour appuyer la DMN-SO ou le groupement tactique canadien : transport, évacuations sanitaires (environ une par semaine), liaisons de commandement et missions de reconnaissance ou de surveillance.” Huit Griffons sont basés à Velika Kladusa, mais la plupart du temps, quatre hélicoptères seulement sont présents sur la base, prêts à intervenir en coopération avec les unités de la zone de responsabilité canadienne ; les autres sont mis à la disposition de la division, l’un d’eux assurant le transport du général la commandant. Le détachement des Griffons canadiens en Bosnie-Herzégovine est composé de personnels provenant majoritairement des 400e et 408e escadrons d’hélicoptères tactiques, basés à Edmonton et à Borden dans l’Ontario.
Une réunion quotidienne regroupe l’ensemble du détachement, afin que chacun prenne connaissance des prévisions météorologiques, des informations fournies par les services de renseignement, de la situation de la maintenance et des opérations prévues ou en cours. Le Sgt Arnold Abeling travaille au service météorologique : “nous avons connaissance du temps prévu avec cinq jours d’avance, afin de savoir si les passagers auront besoin de sacs pour conserver les restes de leur repas pendant le vol.”
Par-delà la division
L’atelier est d’une importance capitale pour assurer la maintenance, les réparations et la préparation des hélicoptères à leurs missions. Le Sgt Glen Anderson raconte : “réguliè-rement, chaque hélicoptère est entièrement démonté afin d’examiner en détail les parties les plus importantes du moteur.” Les électriciens s’occupent des instruments de navigation et de communication.
Les huit Griffons sont armés par 19 pilotes et 11 mécaniciens navigants. Le Cne Carrus déclare crânement que “pour les forces aériennes, il n’y a pas de DMN sur le théâtre. Nous opérons en coordination avec les autres unités des différents contingents, notamment en ce qui concerne le travail sur les cartes.” La coopération avec les civils est également quotidienne.
Le Cne Shewchuk, pilote lui aussi, commente : “chaque jour, le travail est différent. Nous avons la chance de quitter le camp, d’aller ailleurs et de travailler avec d’autres nations.” Et le Cne Carrus de conclure : “au Canada, nous nous entraînons à mener à bien ce genre de travail. Ici, nous l’effectuons et nous n’avons pas beaucoup l’occasion de nous entraîner.” Ce qui est du reste valable pour l’ensemble du détachement.