Sgt. Kerensa Hardy
Premire publication dans le
Journal de la SFOR#116, le 27 juin, 2001
Les habitants de Bosnie-Herzégovine sont
désormais à même de profiter des chemins de
fer de leur pays. Une possibilité qui leur était
déniée depuis presque dix ans.
Camp de Butmir Après presque une décennie,
les lignes de voyageurs ont été remises en service
sur les chemins de fer de Bosnie-Herzégovine. Des passagers
ont pris le premier train circulant entre Sarajevo et Zagreb.
Aussi loin que je me souvienne
le dernier train Sarajevo-Zagreb
est parti le 6 avril 1992, qui devait être à peu
près la date du début du bombardement de la ville,
déclare M. John Merritt, chef du Bureau des transports
aériens à la SFOR.
Les transports ferroviaires ont toujours été
en activité, à différents degrés,
même pendant la guerre ; ils étaient utilisés
par les factions combattantes (pour) lapprovisionnement
et les mouvements de troupes, explique John Meritt. Mais
il sagissait seulement de lignes locales, louverture
de la ligne passagers entre Sarajevo et Zagreb est une véritable
nouveauté.
Il pense que cest un pas déterminant qui a été
accompli, qui améliorera en outre la liberté de
mouvement entre la Fédération et la Republika Srpska.
La ligne au départ de Sarajevo passe par Zenica, Banja
Luka, Prijedor, puis Sunja et Siska en Croatie. Aprés dix
arrêts, les passagers arrivent à Zagreb, un peu plus
de neuf heures après leur départ.
Dans la plupart des pays européens, le train est
le moyen de transport le plus courant, explique M. Merritt.
Traditionellement, le chemin de fer est le principal moyen pour
transporter du fret dun point à un autre. Avant que
les transports aériens ne deviennent populaires et abordables,
il sagissait aussi du mode de déplacement le plus
répandu chez les voyageurs.
Rétablir la normalité représente une
étape importante dans le processus de paix daprès-guerre
en Bosnie-Herzégovine. Réparer et remettre en service
les chemins de fer, en particulier pour les passagers, et leur
permettre ainsi de circuler, ajoute-t-il.
Le train représente un mode de transport sûr en B-H,
où le climat est imprévisible et les routes très
dangereuses pendant lhiver.
Comme le savent la plupart des gens, lIFOR puis la
SFOR ont accompli un travail énorme sur les chemins de
fer, afin de les maintenir aux normes minimum dutilisation,
ajoute M. Merritt. Il explique que lIFOR (Implementation
Force), puis la SFOR se sont impliquées dans la remise
en état des voies de chemin de fer à cause de lusage
quelles pouvaient en faire.
La SFOR utilise actuellement, et depuis quatre ans, des lignes
ferroviaires pour les déplacements de contingents et de
matériel, ainsi que pour les rotations depuis les gares
de la région de Tuzla vers la Croatie. Néerlandais,
Américains et Britanniques en font un usage régulier,
précise M. Merritt.
Il admet que le train nétait même pas à
moitié plein pour son voyage inaugu-ral, mais explique
que cétait surtout dû à un déficit
dinformation. Bientôt, des brochures avec le trajet
du train et ses horaires vont être publiées et diffusées
avec laide de CJ9 (Civil military co-operation, CIMIC).
Il y a un autre projet de réouverture de la ligne vers
Belgrade. Quant à la liaison vers Budapest, elle dépend
de lachèvement du pont de Bosanski Samac. Ce pont
devrait être terminé à lautomne.
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