La guerre de l'information peut tuer : l'exemple de Tchernobyl

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La guerre de l'information peut tuer:

l'exemple de Tchernobyl

La Russie utilise diverses techniques

dans sa guerre hybride contre l'Ukraine,

mais la principale,

c'est la guerre de l'information,

entre autres la façon dont elle déforme,

retient et diffuse les informations.

Nous sommes allés sur les lieux

de l'un des pires exemples

d'abus d'information de l'URSS:

la dissimulation

de l'explosion nucléaire de Tchernobyl.

Pour comprendre comment ces techniques

ont à l'époque causé des souffrances,

qui sont parfois encore

bien présentes.

Un accident nucléaire s'est produit

et les Soviétiques l'ont confirmé.

Un réacteur de la centrale de Tchernobyl,

près de Kiev, a été endommagé.

Selon Moscou,

il y aurait des blessés,

et même des morts.

La nuit du 26 avril 1986,

un essai a été réalisé

dans les réacteurs nucléaires.

Une augmentation de puissance a provoqué

une forte explosion dans le réacteur n°4.

Un nuage radioactif s'est rapidement

déplacé vers le nord,

pour couvrir au final

une zone en Europe allant

de l'Ukraine

à l'océan Atlantique.

À ma gauche, le bâtiment

avec les échaffaudages jaunes,

c'est le réacteur n°4,

celui qui a explosé

la nuit

du 26 avril 1986,

libérant un panache radioactif

dans l'atmosphère.

Aujourd'hui, comme vous le voyez,

ce compteur Geiger,

qui devrait avoisiner

0.12 en conditions normales,

affiche 2.43.

Dans cette zone, les mesures

ont même atteint le niveau 7.

Comment a-t-on informé

les personnes les plus exposées,

à savoir les habitants de la zone?

Il y a eu 2 évacuations.

D'abord celle des habitants

de la grande ville la plus proche, Pripiat.

Tous avaient été informés

de l'explosion dans la centrale,

mais ils ne savaient pas

s'ils devaient le croire.

Le lendemain de l'accident,

ils ont vu passer de nombreux bus.

Les autorités évacuaient

les 50 000 habitants de la ville

à bord d'environ 1 500 bus.

Était-ce une évacuation temporaire?

- Oui...

Les habitants étaient certains

qu'ils seraient de retour rapidement

car on leur avait affirmé

qu'ils reviendraient 3 jours après.

En 1986, la principale opération

d'évacuation dans cette région

a eu lieu à Pripiat,

la ville nouvelle à proximité,

construite en 1970 seulement.

Personne n'y a donc vécu

plus de 16 ans.

Mais ceux qui ont souffert le plus,

ce sont les habitants

des villages près de Pripiat.

On leur avait dit aussi

qu'ils devaient partir

et qu'ils seraient de retour

3 jours plus tard.

En fait, ils ne sont jamais revenus

et les maisons de l'autre côté de la route

ont toutes été détruites

et enterrées.

Aujourd'hui, tout ce qui reste

dans cette zone toujours très radioactive

c'est ce jardin d'enfants.

Quelles informations ces gens

ont-ils reçues?

Aucune.

- Aucune?

Ils n'étaient qu'à 4 km du site

et ils n'ont eu aucune information?

Et leur prise en charge,

alors que la radioactivité était

1 000 fois supérieure à la normale,

fut encore pire

que celle des citadins.

Ce village n'a été évacué

que le 3 mai 1986,

soit une semaine après l'explosion.

Vous pouvez imaginer comme

il était dangereux de rester ici.

Ce n'est pas l'Union soviétique

qui a annoncé

l'accident nucléaire,

mais des scientifiques suédois,

qui avaient constaté que le niveau

de radiations en Suède en avril 1986

était dû à un accident à l'est.

Peu après, l'Union soviétique

a minimisé l'incident,

se contentant d'une brève déclaration.

En quoi les actions

des Soviétiques il y a 30 ans

devraient-elles avoir un lien

avec la Russie d'aujourd'hui?

Tout d'abord, c'est Moscou, et non Kiev,

qui contrôle Tchernobyl.

Les consignes pour gérer la crise

émanaient directement du Politburo.

Ensuite, les techniques de l'époque -

diffusion de démentis,

confusion, etc. -,

sont pour la plupart

réutilisées aujourd'hui en Ukraine.

L'information a joué

un rôle clé dans cette histoire.

En n'informant pas les personnes en danger,

les autorités ont exposé des milliers de gens

à des taux de radiations dangereux.

En prétendant aux habitants

qu'ils seraient de retour après 3 jours,

elles ont ruiné des vies. En n'informant pas

les autres pays du danger,

elles ont entraîné l'exposition inutile

de milliers d'autres personnes.

L'une des caractéristiques

de Pripiat,

située tout près du réacteur,

est qu'elle comptait beaucoup d'enfants.

Ce champ de foire avait été construit

pour qu'ils puissent s'amuser.

Seul petit problème:

il devait ouvrir le 1er mai 1986.

Trois jours avant,

les 50 000 habitants ont été évacués,

et les enfants de Pripiat

n'ont jamais pu y jouer.

Quand nous voyons la Russie traiter à la légère

les informations en Ukraine en 2014,

pensons aux victimes

de la campagne d'information de 1986.

Et n'oublions pas que certaines

souffrent toujours aujourd'hui.

La guerre de l'information peut tuer:

l'exemple de Tchernobyl

La Russie utilise diverses techniques

dans sa guerre hybride contre l'Ukraine,

mais la principale,

c'est la guerre de l'information,

entre autres la façon dont elle déforme,

retient et diffuse les informations.

Nous sommes allés sur les lieux

de l'un des pires exemples

d'abus d'information de l'URSS:

la dissimulation

de l'explosion nucléaire de Tchernobyl.

Pour comprendre comment ces techniques

ont à l'époque causé des souffrances,

qui sont parfois encore

bien présentes.

Un accident nucléaire s'est produit

et les Soviétiques l'ont confirmé.

Un réacteur de la centrale de Tchernobyl,

près de Kiev, a été endommagé.

Selon Moscou,

il y aurait des blessés,

et même des morts.

La nuit du 26 avril 1986,

un essai a été réalisé

dans les réacteurs nucléaires.

Une augmentation de puissance a provoqué

une forte explosion dans le réacteur n°4.

Un nuage radioactif s'est rapidement

déplacé vers le nord,

pour couvrir au final

une zone en Europe allant

de l'Ukraine

à l'océan Atlantique.

À ma gauche, le bâtiment

avec les échaffaudages jaunes,

c'est le réacteur n°4,

celui qui a explosé

la nuit

du 26 avril 1986,

libérant un panache radioactif

dans l'atmosphère.

Aujourd'hui, comme vous le voyez,

ce compteur Geiger,

qui devrait avoisiner

0.12 en conditions normales,

affiche 2.43.

Dans cette zone, les mesures

ont même atteint le niveau 7.

Comment a-t-on informé

les personnes les plus exposées,

à savoir les habitants de la zone?

Il y a eu 2 évacuations.

D'abord celle des habitants

de la grande ville la plus proche, Pripiat.

Tous avaient été informés

de l'explosion dans la centrale,

mais ils ne savaient pas

s'ils devaient le croire.

Le lendemain de l'accident,

ils ont vu passer de nombreux bus.

Les autorités évacuaient

les 50 000 habitants de la ville

à bord d'environ 1 500 bus.

Était-ce une évacuation temporaire?

- Oui...

Les habitants étaient certains

qu'ils seraient de retour rapidement

car on leur avait affirmé

qu'ils reviendraient 3 jours après.

En 1986, la principale opération

d'évacuation dans cette région

a eu lieu à Pripiat,

la ville nouvelle à proximité,

construite en 1970 seulement.

Personne n'y a donc vécu

plus de 16 ans.

Mais ceux qui ont souffert le plus,

ce sont les habitants

des villages près de Pripiat.

On leur avait dit aussi

qu'ils devaient partir

et qu'ils seraient de retour

3 jours plus tard.

En fait, ils ne sont jamais revenus

et les maisons de l'autre côté de la route

ont toutes été détruites

et enterrées.

Aujourd'hui, tout ce qui reste

dans cette zone toujours très radioactive

c'est ce jardin d'enfants.

Quelles informations ces gens

ont-ils reçues?

Aucune.

- Aucune?

Ils n'étaient qu'à 4 km du site

et ils n'ont eu aucune information?

Et leur prise en charge,

alors que la radioactivité était

1 000 fois supérieure à la normale,

fut encore pire

que celle des citadins.

Ce village n'a été évacué

que le 3 mai 1986,

soit une semaine après l'explosion.

Vous pouvez imaginer comme

il était dangereux de rester ici.

Ce n'est pas l'Union soviétique

qui a annoncé

l'accident nucléaire,

mais des scientifiques suédois,

qui avaient constaté que le niveau

de radiations en Suède en avril 1986

était dû à un accident à l'est.

Peu après, l'Union soviétique

a minimisé l'incident,

se contentant d'une brève déclaration.

En quoi les actions

des Soviétiques il y a 30 ans

devraient-elles avoir un lien

avec la Russie d'aujourd'hui?

Tout d'abord, c'est Moscou, et non Kiev,

qui contrôle Tchernobyl.

Les consignes pour gérer la crise

émanaient directement du Politburo.

Ensuite, les techniques de l'époque -

diffusion de démentis,

confusion, etc. -,

sont pour la plupart

réutilisées aujourd'hui en Ukraine.

L'information a joué

un rôle clé dans cette histoire.

En n'informant pas les personnes en danger,

les autorités ont exposé des milliers de gens

à des taux de radiations dangereux.

En prétendant aux habitants

qu'ils seraient de retour après 3 jours,

elles ont ruiné des vies. En n'informant pas

les autres pays du danger,

elles ont entraîné l'exposition inutile

de milliers d'autres personnes.

L'une des caractéristiques

de Pripiat,

située tout près du réacteur,

est qu'elle comptait beaucoup d'enfants.

Ce champ de foire avait été construit

pour qu'ils puissent s'amuser.

Seul petit problème:

il devait ouvrir le 1er mai 1986.

Trois jours avant,

les 50 000 habitants ont été évacués,

et les enfants de Pripiat

n'ont jamais pu y jouer.

Quand nous voyons la Russie traiter à la légère

les informations en Ukraine en 2014,

pensons aux victimes

de la campagne d'information de 1986.

Et n'oublions pas que certaines

souffrent toujours aujourd'hui.

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