Le dossier est embarrassant compte tenu, en particulier, des mesures qui avaient été prises pour renforcer la coordination. Exactement trois semaines après le complot déjoué de deux terroristes libanais qui projetaient de commettre des attentats à la bombe dans des trains allemands au cours de l’été 2002, le ministre de l’Intérieur fédéral et ses homologues des différents États allemands avaient décidé de créer une nouvelle base de données destinée à aider les responsables de la sécurité à arrêter les terroristes potentiels. Elle allait contenir des noms, des dates de naissance et des adresses, et les organismes chargés du maintien de l’ordre, du renseignement et du contrôle des frontières allaient y avoir accès.
Le ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, avait déclaré, à l’époque : « La base de donnée destinée au contre-terrorisme est un instrument essentiel dans la lutte contre la terreur. Chaque agence peut maintenant y introduire des données clés, de sorte que tous les organismes auront accès aux informations de base les plus importantes pour lutter contre le terrorisme, et pourront entrer en contact rapidement les uns avec les autres pour obtenir des précisions. »
Mais cela n’a pas arrêté la cellule de Zwickau. Ses trois membres – Uwe Mundlos, Uwe Böhnhardt et Beate Tschäpe – sont suspectés d’avoir tué neuf immigrants et une policière, et d’avoir commis une série de cambriolages de banques. Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt se sont suicidés. Beate Tschäpe est en prison, en attente de jugement.
Alors, l’affaire de la cellule néo-terroriste de Zwickau permet-elle de penser qu’il existe une nouvelle forme de terrorisme d’extrême-droite en Allemagne ?
Le fait que des néo-nazis deviennent militants et commettent des attaques n’est pas un phénomène nouveau. L’exemple le plus connu jusque-là avait été celui de Gundolf Köhler, qui avait fait exploser une bombe à l’entrée du site de l’Oktoberfest, la fête de la bière, à Munich en septembre 1980, se tuant avec douze autres personnes. Il avait été membre du « Wehrsportgruppe Hoffmann », un groupe paramilitaire d’extrême droite qui rêvait d’une guerre civile et que les autorités avaient interdit dès avant l’attentat de l’Oktoberfest.