La tribune des experts

L’ambassadeur Ivo Daalder, représentant permanent des États-Unis auprès de l’OTAN

Monsieur Transatlantique

Ivo Daalder est né aux Pays-Bas en 1960. Il est actuellement ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN. La Revue de l’OTAN lui demande ce qu’il pense de l’OTAN d’aujourd’hui et quelle importance l’Alliance revêt pour les États-Unis, et l’interroge sur son parcours, qui l’a conduit de son pays natal à Washington et à la Maison Blanche, et qui le ramène aujourd’hui dans le nord de l’Europe.

L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN, Ivo Daalder, fait part de ce qu’il a appris, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel, depuis son arrivée à l’OTAN.

Monsieur Transatlantique: dans les coulisses

Dans vos précédents rôles et affectations,

vous avez été très impliqué dans la défense et la sécurité.

Tel ou tel de ces postes a-t-il aidé à vous préparer

au rôle d'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'OTAN?

Je n'ai pas eu les antécédents diplomatiques qui confèrent l'expérience

de la manière de promouvoir les intérêts de l'Amérique au sein d'une Alliance

de telle manière que les autres y adhèrent.

C'est ce que j'ai appris.

Cela aide de ne pas avoir participé à toutes les négociations sur les communiqués pendant

les dix dernières années ou avoir eu à travailler en suivant les instructions strictes

reçues du gouvernement, d'arriver avec un oeil neuf et de dire:

Pourquoi procédons-nous de cette manière? N'y a-t-il pas un autre moyen

de promouvoir les intérêts de l'Alliance

et les intérêts des pays membres?

Et je pense qu'à l'approche du sommet de Chicago,

nous constatons qu'être capable de projeter une vision

de la manière d'avancer, en ayant cet espèce de sens stragégique

de l'Alliance, vous permet, si vous jouez bien les cartes,

de conduire cette Alliance d'une manière peut-être

différente de ce qui a eu lieu pendant pas mal de temps.

L'importance des partenaires a été illustrée

pendant l'opération en Libye de 2011 et durant de nombreuses années en Afghanistan.

Le partenariat devient-il un élément aussi important que l'adhésion à l'OTAN?

Il est de l'intérêt du monde que l'Afghanistan soit un pays sûr,

ce qui explique pourquoi tant de pays, 22 au total,

se joignent aux 28 membres de l'OTAN pour

faire en sorte que notre stratégie en Afghanistan soit une réussite.

Il est de l'intérêt du monde que nous trouvions un moyen de faire face

au fléau de la piraterie maritime,

ce qui explique pourquoi l'OTAN travaille avec l'UE et avec 19 autres pays

pour faire en sorte que les eaux du golfe d'Aden et de la mer d'Arabie

soient débarrassées des pirates ou que les pirates n'arrivent pas à leurs fins.

Il était dans l'intérêt du monde que le peuple de Libye puisse être protégé

contre son propre gouvernement, ce qui explique pourquoi l'OTAN a travaillé

avec des partenaires du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord pour

assurer la stabilité. C'est de cette manière que l'OTAN recourt aux partenariats

pour créer un réseau mondial de sécurité, dont l'Alliance est la plaque tournante.

Que faites-vous pour mettre de la distance entre vous

et la politique de l'OTAN lorsque vous avez un peu de temps libre?

J'essaie de passer le plus de temps possible avec ma famille, pour être honnête.

Nous voyageons.

Nous avons la chance extraordinaire

de vivre en Europe et de pouvoir visiter différents endroits,

de passer du temps en famille alors que votre fonction

vous oblige à travailler cinq, six, parfois sept jours par semaine,

avoir cette possibilité de prendre un peu de temps pour découvrir de nouveaux endroits,

faire de nouvelles expériences sur le plan culinaire,

et se rappeler que grâce à Internet vous pouvez toujours suivre

ce qui se passe au baseball, et veiller à

ce que cela continue à faire partie de ce que vous êtes et de ce que vous faites.

Monsieur Transatlantique: dans les coulisses

Dans vos précédents rôles et affectations,

vous avez été très impliqué dans la défense et la sécurité.

Tel ou tel de ces postes a-t-il aidé à vous préparer

au rôle d'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'OTAN?

Je n'ai pas eu les antécédents diplomatiques qui confèrent l'expérience

de la manière de promouvoir les intérêts de l'Amérique au sein d'une Alliance

de telle manière que les autres y adhèrent.

C'est ce que j'ai appris.

Cela aide de ne pas avoir participé à toutes les négociations sur les communiqués pendant

les dix dernières années ou avoir eu à travailler en suivant les instructions strictes

reçues du gouvernement, d'arriver avec un oeil neuf et de dire:

Pourquoi procédons-nous de cette manière? N'y a-t-il pas un autre moyen

de promouvoir les intérêts de l'Alliance

et les intérêts des pays membres?

Et je pense qu'à l'approche du sommet de Chicago,

nous constatons qu'être capable de projeter une vision

de la manière d'avancer, en ayant cet espèce de sens stragégique

de l'Alliance, vous permet, si vous jouez bien les cartes,

de conduire cette Alliance d'une manière peut-être

différente de ce qui a eu lieu pendant pas mal de temps.

L'importance des partenaires a été illustrée

pendant l'opération en Libye de 2011 et durant de nombreuses années en Afghanistan.

Le partenariat devient-il un élément aussi important que l'adhésion à l'OTAN?

Il est de l'intérêt du monde que l'Afghanistan soit un pays sûr,

ce qui explique pourquoi tant de pays, 22 au total,

se joignent aux 28 membres de l'OTAN pour

faire en sorte que notre stratégie en Afghanistan soit une réussite.

Il est de l'intérêt du monde que nous trouvions un moyen de faire face

au fléau de la piraterie maritime,

ce qui explique pourquoi l'OTAN travaille avec l'UE et avec 19 autres pays

pour faire en sorte que les eaux du golfe d'Aden et de la mer d'Arabie

soient débarrassées des pirates ou que les pirates n'arrivent pas à leurs fins.

Il était dans l'intérêt du monde que le peuple de Libye puisse être protégé

contre son propre gouvernement, ce qui explique pourquoi l'OTAN a travaillé

avec des partenaires du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord pour

assurer la stabilité. C'est de cette manière que l'OTAN recourt aux partenariats

pour créer un réseau mondial de sécurité, dont l'Alliance est la plaque tournante.

Que faites-vous pour mettre de la distance entre vous

et la politique de l'OTAN lorsque vous avez un peu de temps libre?

J'essaie de passer le plus de temps possible avec ma famille, pour être honnête.

Nous voyageons.

Nous avons la chance extraordinaire

de vivre en Europe et de pouvoir visiter différents endroits,

de passer du temps en famille alors que votre fonction

vous oblige à travailler cinq, six, parfois sept jours par semaine,

avoir cette possibilité de prendre un peu de temps pour découvrir de nouveaux endroits,

faire de nouvelles expériences sur le plan culinaire,

et se rappeler que grâce à Internet vous pouvez toujours suivre

ce qui se passe au baseball, et veiller à

ce que cela continue à faire partie de ce que vous êtes et de ce que vous faites.

Quelle est l’importance du calendrier de ce sommet ?

Il faut se rappeler qu’à notre dernier sommet, à Lisbonne, l’OTAN a adopté un nouveau Concept stratégique qui fixe le cap pour les dix prochaines années – ce que l’Alliance doit faire, et comment elle doit le faire. Un an et demi plus tard, à Chicago, nous allons nous réunir pour nous assurer que la direction que nous nous sommes fixée est la bonne, et, surtout, pour nous assurer que nous disposons des capacités nécessaires pour relever les défis sécuritaires du XXIe siècle auxquels nous sommes tous confrontés. En Libye, nous avons montré que nous en étions capables, mais certaines lacunes sont également apparues au niveau des capacités.

En quoi l’organisation de ce sommet aux États-Unis est-elle significative ?

© EUCOM

Le président Obama a estimé, lorsqu’il est entré en fonction, qu’il était primordial de montrer que l’engagement des États-Unis dans le monde reposait sur leurs partenariats et leurs alliances à l’échelle du globe. Dès le premier jour, il a mis toute son énergie à reconstruire les alliances et les partenariats. Être en mesure d’inviter, vers la fin de son premier mandat, tous les membres et les nombreux partenaires de l’OTAN, à Chicago, sa ville natale, est une façon pour lui de concrétiser sa conviction que l’Alliance demeure la pierre angulaire de l’engagement de l’Amérique dans le monde.

Quelle est l’importance de ces partenariats pour l’OTAN ?

Les partenariats sont réellement en train de devenir un aspect central pour l’Alliance. En fait, les partenariats représentent le réseau sécuritaire du monde, l’OTAN en étant le cœur, la plaque tournante. Ils sont un moyen d’assurer la sécurité. Et nous n’avons pas seulement des partenariats avec des pays proches,

  • comme la Suisse, la Suède ou l’Australie ;
  • nous nous rendons compte, de plus en plus, que nous avons besoin de partenariats dans le monde entier.

Les partenaires jouent un rôle clé en Afghanistan. Qu’est-ce qui peut être considéré comme une réussite pour l’opération menée par l’OTAN dans ce pays ?

le fait d’avoir passé 25 ans en Europe et 25 ans aux États-Unis lorsque je suis arrivé à l’OTAN m’a aidé à mieux comprendre les deux parties

Il faut se rappeler que nous sommes en fait allés là-bas pour une raison précise : faire en sorte que l’Afghanistan ne puisse plus jamais servir de sanctuaire aux terroristes. Donc, la réussite est de parvenir à une situation permettant à l’Afghanistan d’être suffisamment sûr et suffisamment capable de se gérer, tant politiquement qu’économiquement, et, bien entendu, sur le plan de la sécurité. C’est ce que nous sommes en train de faire. Nous constatons des succès dans le sens où les Afghans prennent progressivement en main la responsabilité de leur propre sécurité, de la gouvernance de leurs villages et de leurs provinces, des districts et des villes, fournissant ainsi une base pour la prospérité future du pays. C’est ce que nous voulons pour l’Afghanistan, et franchement, c’est ce les Afghans veulent aussi pour eux-mêmes.

Vos postes précédents vous ont-ils préparé à vos fonctions actuelles en tant qu’ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN ?

© NATO

Lorsque je suis arrivé, j’avais une parfaite connaissance de ce que fait cette organisation et de la manière dont elle fonctionne. Ce que je n’avais pas, ce sont les antécédents diplomatiques conférant l'expérience de la manière de promouvoir les intérêts de l’Amérique au sein d’une Alliance de manière telle que les autres membres y adhèrent de manière générale. C’est ce que j’ai appris au cours des trois dernières années. J’ai réellement appris qu’il faut les deux : il faut la vision stratégique, mais il faut aussi le tact diplomatique pour traduire cette vision stratégique en un ensemble de mesures pratiques qui font avancer l’Alliance.

Vous êtes un Européen qui est devenu Américain, et vous représentez aujourd'hui votre nouveau pays. Cette position très particulière vous a-t-elle aidé à l’OTAN ?

Incontestablement, le fait d’avoir passé 25 ans en Europe et 25 ans aux États-Unis lorsque je suis arrivé à l’OTAN m’a aidé à mieux comprendre les deux parties. Je pense effectivement que c’est un avantage d’avoir vécu, étudié et travaillé des deux côtés de l’Atlantique ; que l’Alliance transatlantique fasse partie de ce que je suis et de ce que je fais. Lorsque je suis arrivé ici, je me suis retrouvé autour d’une table avec 28 autres membres, et le secrétaire général était l’un des quatre néerlandophones présents.

Vous êtes maintenant de retour en Europe. Qu’est-ce qui vous manque le plus par rapport à Washington et aux États-Unis ?

© Reuters

Sans aucun doute, le baseball. Nous sommes au début d’une nouvelle saison. J’adore assister à des matchs de baseball en famille, m’asseoir dans les tribunes, manger des hotdogs et boire une bière, et - surtout - voir l’équipe gagner. Et maintenant qu’une saison gagnante commence enfin pour les «Washington Nationals», c’est dur de ne pas être là.

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A propos de l'auteur

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Barack Obama
sénateur américain, 2006
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