Dans mon bureau, entouré de hauts diplomates et de hauts responsables militaires, nous avons regardé, avec le reste du monde, les images dramatiques de New York. J'étais alors conscient que nous n'étions pas de simples spectateurs horrifiés - nous étions dans un quartier général militaire. De surcroît, nous étions juste sous la trajectoire des vols de Zaventem, l'aéroport de Bruxelles. Nous entendions le bruit des avions qui nous survolaient pendant que nous parlions.
Tandis que la planète avait les yeux rivés sur les images de l'effondrement des tours, j'ai donné l'ordre d'évacuer tout le personnel qui n’était pas absolument indispensable et de vérifier en urgence avec Eurocontrol, l’organisme de contrôle de la circulation aérienne, qu'aucun avion en partance ne faisait demi-tour.
Une réunion urgente des ambassadeurs de l'OTAN fut convoquée. L’ambassadeur des États-Unis, Nick Burns, me tenait constamment informé des autres développements à Washington. L'attentat contre le Pentagone, où je m’étais rendu peu de temps auparavant, était ressenti avec une proximité particulière à l'OTAN. L'attentat manqué contre le Capitole était aussi stupéfiant.
La réunion des ambassadeurs fut sombre et grave. À ce moment, nous n’avions aucune information concluante sur la motivation ou la nationalité des auteurs de cette atrocité - il n'y avait pas si longtemps qu’un attentat à la bombe d’origine intérieure avait été commis à Oklahoma City. Mais cela ressemblait assurément à une opération terroriste étrangère à grande échelle.