Dans le tout premier éditorial que j’ai rédigé pour la Revue de l’OTAN , je faisais part de mon souhait de voir davantage de femmes présentes dans cette publication. Je dois admettre que nous n’avons pas été suffisamment loin.
La Revue a, certes, compté à son actif la contribution de sommités féminines comme Madeleine Albright, ainsi que des interviews de personnalités telles que la seule femme gouverneur d’Afghanistan et des articles rédigés par des journalistes en vue de sexe féminin, mais les femmes n’ont, malgré tout, pas occupé une place privilégiée aussi souvent que cela aurait dû être le cas.
C’est malheureusement une situation que l’on retrouve à l’échelle mondiale. Au moment du dixième anniversaire de l’adoption de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, les progrès qui en étaient escomptés pour les femmes en matière de sécurité ne sont guère probants. Vingt pays seulement ont proposé des plans d’action nationaux pour la mise en pratique de cette résolution. Pendant ce temps, la terreur persiste pour les femmes prises au milieu des conflits dans des régions telles que le Congo, que d’aucuns ont surnommé « la capitale mondiale du viol ».
Dans le présent numéro, nous demandons à certaines des femmes qui jouent un rôle de premier plan dans le domaine sécuritaire quels progrès ont, selon elles, été réalisés, quels défis subsistent et comment elles y feraient face. Nous demandons aussi à l’homme que beaucoup considèrent comme l’architecte de cette résolution si celle-ci a répondu aux attentes qu’il avait placées en elle.
L’une des formules qui m’ont marqué le plus en préparant ce numéro est la phrase qui clôture l’interview de Margot Wallström, la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour les violences sexuelles commises dans les conflits ; elle dit simplement : « Sans la sécurité des femmes, il ne peut y avoir aucune sécurité ». C’est sans doute la conclusion qui s’impose de la manière la plus évidente.

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