Coup d’œil de la Revue de l’OTAN sur la manière dont le prix des denrées alimentaires peut entraîner un accroissement de l’agitation sociale et menacer la stabilité politique.
L’an dernier, le prix du riz a augmenté de plus de 70 pour cent. Le blé a plus que doublé, ce qui a eu des répercussions majeures sur le prix de produits de base tels que le pain. Pour le soja, autre grand produit de base, la hausse est de 87 pour cent, et le prix du maïs a augmenté de 31 pour cent.
Il n’y a pas une raison particulière, mais plutôt une série de facteurs corrélés. On peut citer, de manière non exhaustive, parmi les causes possibles :
De nombreux pays ont déjà connu des émeutes très violentes à cause du prix des denrées alimentaires, notamment Haïti (où il y a eu plusieurs morts) et la Côte d’Ivoire (voir le photoreportage pour une liste plus complète).
La hausse des prix alimentaires a eu des répercussions dans le monde entier : en avril 2008, des manifestations de masse avaient eu lieu dans plus de 30 pays.
Celles où vivent les plus pauvres de la planète – mais principalement les régions ou les pays qui sont importateurs nets de nourriture. L’Afrique a été particulièrement touchée, de même que certaines parties de l’Asie et de l’Amérique centrale et latine. En revanche, certains pays exportateurs, comme l’Argentine, le Canada et l’Australie, ont en fait vu la situation alimentaire améliorer leur balance commerciale.
Voir l’article sur les effets de la crise alimentaire sur l’Afghanistan
Plusieurs autres secteurs qui pourraient influer sur la sécurité sont touchés par cette envolée des prix alimentaires, comme l’énergie, les échanges commerciaux et les migrations.
Josette Sheeran, directrice du Programme alimentaire mondial, estime que les marchés alimentaires devraient se redresser dans trois ou quatre ans, grâce à l’augmentation de la production et aux corrections. Mais d’ici là des millions de personnes continueront à souffrir de la hausse constante des prix.