Accroissement des dangers :
menaces émergentes et en développement pour la sécurité
(© Scagnetti / Reporters)
Éditorial
Le terme « xénophobie » connaît un regain d’actualité. On l’entend souvent lors des débats de plus en plus fréquents sur la mondialisation, l’immigration et la politique populiste. Mais outre la peur de tout ce qui est étranger, il y a aussi la « peur de l’inconnu ».

En un certain sens, la xénophobie concerne donc tout ce dont traitent les questions actuelles de sécurité, en particulier les menaces émergentes.

Mais la xénophobie ne porte pas uniquement sur de nouvelles menaces obscures, puisqu’elle englobe aussi des menaces que nous avions ignorées précédemment.

Prenons, par exemple, les questions d’environnement. Le présent numéro de La Revue de l’OTAN comporte une interview du docteur Pachauri, qui préside le Groupe intergouvernemental pour l’étude de l’évolution du climat (GIEC), récent lauréat du Prix Nobel de la Paix, qu’il partage avec Al Gore.

Le docteur Pachauri met en garde contre les conflits potentiels résultant des changements climatiques croissants, qui entraînent des phénomènes comme, par exemple, la migration de masse, la concurrence pour les ressources, les différends frontaliers ou liés à l’eau ou encore le terrorisme écologique.

Les risques écologiques montrent bien que l’un des principaux dangers pour la sécurité réside… dans l’homme lui-même.

Mais il s’agit-là d’une image par trop réductrice. Une analyse plus poussée révèle que d’autres menaces croissantes sont liées à l’infoguerre (lien), aux pandémies, au trafic maritime et à la sécurité énergétique.

Face à tout cela, l’on pense immanquablement à un autre politicien américain. En février 2002, le secrétaire à la Défense de l’époque, Donald Rumsfeld, gratifia le monde de sa citation tristement célèbre concernant « les connus connus, les connus inconnus et les inconnus inconnus. »

Toutefois, lorsqu’on considère le nombre croissant de menaces émergentes pour la sécurité, peut-être cette citation n’est-elle pas vraiment aussi bizarre qu’elle peut paraître.

Paul King
Le docteur Pachauri, président du GIEC (Groupe intergouvernemental pour l'étude de l'évolution du climat), organisation lauréate du Prix Nobel de la Paix, s’entretient avec La Revue de l’OTAN à propos des changements climatiques en tant que problème pour la sécurité, et de la réaction qui devrait être celle de l’OTAN.
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