La « politique de la porte ouverte » est fond sur l’article 10 du Traité de l’Atlantique Nord, qui dispose que peut accéder au Traité « tout État européen susceptible de favoriser le développement des principes du présent Traité et de contribuer à la sécurité de la région de l’Atlantique Nord ».
L'élargissement de l'OTAN est un processus continu et dynamique. Depuis la création de l'Alliance en 1949, 16 pays sont venus s'ajouter aux 12 pays membres fondateurs en six vagues d'élargissement successives (en 1952, 1955, 1982, 1999 et 2004 et 2009).
Les trois premières vagues d'élargissement – qui ont permis à la Grèce et à la Turquie (1952), à l'Allemagne de l'Ouest (1955) et à l'Espagne (1982) de devenir membres – ont eu lieu durant la Guerre froide, époque à laquelle les considérations stratégiques étaient prépondérantes dans le processus décisionnel.
La chute du mur de Berlin, en novembre 1989, a marqué la fin de la Guerre froide, et elle a été suivie par la dissolution du Pacte de Varsovie et l'effondrement de l'Union soviétique, ce qui a mis fin à la division de l'Europe. En octobre 1990, avec la réunification de l'Allemagne, le territoire de l'ex-Allemagne de l'Est est devenu partie intégrante de l'Alliance. Les nouvelles démocraties d'Europe centrale et orientale étaient particulièrement désireuses de garantir leur liberté en s'intégrant aux institutions euro-atlantiques.
Au début des années 1990, la question de l'élargissement de l'OTAN a fait l'objet de débats animés. De nombreux analystes politiques étaient sceptiques quant aux avantages d'un éventuel élargissement. D'aucuns étaient préoccupés par l'impact qu’un élargissement pourrait avoir sur la solidarité et la cohésion de l'Alliance, ainsi que sur les relations avec d'autres États, en particulier la Russie. C'est dans ce contexte qu'a été réalisée, en 1995, une « étude sur l'élargissement de l'OTAN » (voir ci-dessus).
L'élargissement après la fin de la Guerre froide
Sur la base des conclusions de l'étude sur l'élargissement, l'Alliance, réunie au sommet à Madrid en 1997, a invité la République tchèque, la Hongrie et la Pologne à entamer des pourparlers d'adhésion. Ces trois pays sont devenus les premiers anciens membres du Pacte de Varsovie à adhérer à l'OTAN, en 1999.
Au sommet de Washington, en 1999, le plan d'action pour l'adhésion (MAP) a été lancé afin d'aider d'autres pays candidats à se préparer à une possible adhésion.
La Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie ont été invitées à entamer des pourparlers d'adhésion avec l'Alliance à l'occasion du sommet de Prague, en 2002, et elles sont devenues membres de l'OTAN en 2004. Ces sept pays avaient tous participé au MAP.
Les décisions prises au sommet de Bucarest
En avril 2008, au sommet de Bucarest, les dirigeants des pays alliés ont pris un certain nombre de mesures relatives à l'élargissement futur de l'Alliance.
Plusieurs décisions ont été prises concernant les pays des Balkans occidentaux. Les Alliés considèrent qu'une intégration plus étroite de ces pays dans les institutions euro-atlantiques est essentielle pour assurer une stabilité durable à long terme dans cette région, où l'OTAN est fortement engagée dans des opérations de soutien de la paix depuis le milieu des années 1990.
- L'Albanie et la Croatie ont été invitées à entamer des pourparlers d’adhésion avec l'Alliance et sont entrées dans l'OTAN en avril 2009.
- L'ex-République yougoslave de Macédoine1 a reçu l'assurance qu'elle serait elle aussi invitée à adhérer à l'Alliance dès qu'une solution à la question de son nom aurait été trouvée avec la Grèce.
- La Bosnie-Herzégovine et le Monténégro ont été invités à entamer un dialogue intensifié sur leurs aspirations à l'adhésion et les réformes à mener en ce sens. Le Monténégro s’est vu accorder un MAP en décembre 2009, et la Bosnie-Herzégovine en avril 2010.
À Bucarest, les dirigeants des pays alliés sont par ailleurs convenus que la Géorgie et l'Ukraine, qui avaient déjà entamé un dialogue intensifié avec l'OTAN, deviendraient un jour membres de l'Alliance. En décembre 2008, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Alliance ont décidé de renforcer les possibilités de soutenir ces deux pays dans les efforts engagés pour satisfaire aux exigences liées au statut de membre, en mettant à profit le cadre existant de la Commission OTAN-Ukraine et de la Commission OTAN-Géorgie – sans préjudice des décisions qui pourraient être prises concernant leur candidature au MAP.
Les grandes étapes
4 avril 1949 |
Signature du Traité de l'Atlantique Nord par douze membres fondateurs : Belgique, Canada, Danemark, Etats-Unis, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays‑Bas, Portugal et Royaume‑Uni. L'article 10 du Traité constitue le fondement de la « politique de la porte ouverte » de l'OTAN. |
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18 février 1952 |
Adhésion de la Grèce et de la Turquie. |
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6 mai 1955 |
Adhésion de la République fédérale d'Allemagne. |
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30 mai 1982 |
L'Espagne adhère à l'Alliance (et à la structure militaire intégrée en 1998). |
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Octobre 1990 |
Du fait de la réunification de l'Allemagne, la partie orientale de l'Allemagne devient membre de l'OTAN. |
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Janvier1994 |
Au sommet de Bruxelles, les dirigeants des pays alliés réaffirment que l'OTAN reste ouverte à de nouveaux pays européens. |
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28 septembre 1995 |
Publication de l'étude sur l'élargissement de l'OTAN. |
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8-9 juillet 1997 |
Au sommet de Madrid, trois pays partenaires – la Hongrie, la Pologne et la République tchèque – sont invités à entamer des pourparlers d'adhésion. |
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12 mars 1999 |
Adhésion de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque, ce qui porte à 19 le nombre des pays membres de l'Alliance. |
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23-25 avril 1999 |
Lancement du Plan d'action pour l'adhésion (MAP) au sommet de Washington. (la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie participent au MAP) |
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14 mai 2002 |
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN, réunis à Reykjavik (Islande), annoncent officiellement la participation de la Croatie au MAP. |
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Mai 2002 |
Le président Leonid Koutchma annonce que l'Ukraine souhaite devenir un jour membre de l'OTAN. |
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21-22 novembre 2002 |
Au sommet de Prague, sept pays partenaires – la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie – sont invités à entamer des pourparlers d'adhésion. |
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26 mars 2003 |
Cérémonie de signature des protocoles d'accession des sept pays invités. |
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29 mars 2004 |
Adhésion de la Bulgarie, de l'Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Roumanie, de la Slovaquie et de la Slovénie. |
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21 avril 2005 |
Lancement, à l'occasion d'une réunion des ministres des Affaires étrangères à Vilnius (Lituanie), du « Dialogue intensifié sur les aspirations de l'Ukraine à l'adhésion à l'OTAN et sur les réformes à mener en ce sens ». |
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21 septembre 2006 |
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN, réunis à New York, annoncent la décision de proposer à la Géorgie d'entamer un dialogue intensifié. |
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28-29 novembre 2006 |
Au sommet de Riga, les dirigeants des pays alliés déclarent qu'ils lanceront de nouvelles invitations à l'adresse des pays du MAP qui répondront à certaines conditions. |
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2-4 avril 2008 |
Au sommet de Bucarest, les dirigeants des pays alliés invitent l'Albanie et la Croatie à entamer des pourparlers d'adhésion, assurent à l'ex-République yougoslave de Macédoine* qu'elle sera invitée à adhérer à l'OTAN dès qu'une solution à la question de son nom aura été trouvée avec la Grèce, invitent la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro à entamer un dialogue intensifié, et conviennent que la Géorgie et l'Ukraine seront un jour membres de l'Alliance. |
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9 juillet 2008 |
Signature des protocoles d’accession de l’Albanie et de la Croatie. |
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1er avril 2009 |
Adhésion de l’Albanie et de la Croatie |
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4 décembre 2009 |
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN invitent le Monténégro à participer au plan d'action pour l'adhésion (MAP). |
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22 avril 2010 |
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN invitent la Bosnie-Herzégovine à participer au plan d'action pour l'adhésion (MAP), mais n'autorisent le Conseil de l'Atlantique Nord à accepter le premier programme national annuel de ce pays qu'après que la question de la propriété des biens immobiliers militaires aura été réglée. |