NATO - North Atlantic Treaty Organization

Programme de travail pour la défense contre le terrorisme (DAT)

L'OTAN développe actuellement de nouvelles technologies et capacités de pointe afin de protéger les militaires et les civils contre des attaques terroristes. Le programme de travail pour la défense contre le terrorisme (DAT) a pour objet de prévenir les attaques non conventionnelles, comme les attentats suicides par engins explosifs improvisés, ou de limiter les risques d'autres défis, comme les attaques contre les infrastructures critiques.

Compte tenu du caractère urgent de la menace, la plupart des projets lancés dans le cadre de ce programme sont axés sur la recherche de solutions susceptibles d'être mises en œuvre rapidement. Le programme répond aux besoins militaires critiques et prend en considération les insuffisances de l'Alliance. Son évolution suit les toutes dernières directives politiques données dans le Concept stratégique 2010 et dans la déclaration du sommet de Lisbonne de 2010. Le programme prend en compte les nouvelles lignes directrices de l'OTAN sur la lutte contre le terrorisme qui ont été entérinées au sommet de Chicago en 2012.

  • Une initiative tout à fait unique des pays chefs de file

    Le programme de travail DAT est un programme tout à fait unique, bâti sur le principe du financement commun. C'est la voie rapide pour le développement capacitaire. Dans le cadre de ce programme, différents Alliés conduisent, avec l'aide et les contributions d'autres pays membres et organismes OTAN, des projets visant à mettre au point des technologies avancées répondant aux besoins de sécurité les plus urgents face au terrorisme.

    Ce programme a été approuvé par les dirigeants des pays de l’Alliance en 2004, au sommet d’Istanbul ; le but était de renforcer la contribution de l'Alliance à la lutte contre le terrorisme en améliorant le développement capacitaire, en soutenant les opérations et en favorisant les partenariats.

  • Trois grandes catégories capacitaires pour les parties prenantes au programme de travail DAT

    Les projets du programme de travail DAT sont classés en trois grandes catégories capacitaires :

    • Gestion des incidents
    • Protection des forces et survivabilité
    • Liaisons réseau

    1) Gestion des Incidents

    Ce domaine couvre les initiatives de formation et de perfectionnement visant à améliorer les capacités d'organisation et de coordination en cas d'attaque.

    Protection des ports et des installations portuaires

    Le fonctionnement sécurisé et ininterrompu des ports et des installations portuaires est essentiel pour l'économie mondiale ; il est donc indispensable que les moyens maritimes bénéficient de la meilleure protection possible. Pour renforcer la protection maritime, différentes technologies sont à l'étude. Il s'agit notamment de réseaux de capteurs, de détecteurs électro-optiques, de capacités de réaction rapide et de véhicules sous-marins sans équipage. Un outil de planification de mission maritime, baptisé « Port sécurisé » (« Safe port »), est actuellement mis au point sous la direction du Portugal. Des travaux visant à développer une barrière magnétique sous-marine en complément des systèmes sonar actuellement utilisés pour détecter des menaces sous-marines sont menés sous la direction de la Pologne. D'autres essais, expérimentations et exercices sont actuellement organisés par la Lettonie, l'Islande et le Centre OTAN pour la recherche maritime ; ils portent sur la protection des ports, la coopération civilo-militaire, la protection contre les dispositifs explosifs improvisés et le développement des architectures de systèmes.

    2) Protection des forces/Survivabilité

    Ce domaine couvre les initiatives de formation et de perfectionnement destinées à « minimiser la vulnérabilité du personnel, des installations, du matériel et des opérations face à toute menace et dans toutes les situations ».

    Réduction de la vulnérabilité des avions gros porteurs civils et militaires aux systèmes portatifs de défense aérienne (MANPADS)

    Toute une série de contre-mesures infrarouges sont à l'étude. Utilisées avec succès pour les avions gros porteurs et les plates-formes d'hélicoptères, ces contre-mesures ont permis d'accroître le nombre de plates-formes de soutien des opérations ainsi que leur niveau de protection. Le Royaume-Uni est le pays chef de file pour cette initiative, et le Groupe OTAN sur l'armement des forces aériennes (NAFAG) a fourni une expertise et un soutien critiques pour les essais annuels sur le terrain.

    Réduction de la vulnérabilité des hélicoptères aux lance-roquettes (RPG)

    Les lance-roquettes font peser une menace non négligeable sur les hélicoptères déployés dans les opérations de l’Alliance. Les travaux en cours s'appuient sur une initiative antérieure concernant le blindage des hélicoptères qui était dirigée par la Bulgarie. La France, en tant que pays contributeur, a mené des essais, via la Délégation Générale pour l'Armement (DGA) et des partenaires industriels, sur des technologies innovantes visant à protéger les hélicoptères lourds à des distances où il n'est plus possible d'éviter les lance-roquettes.

    Détection, protection et neutralisation des armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN)

    L'idéal serait d'empêcher les terroristes d'utiliser des armes CBRN, mais il est nécessaire de protéger les forces et les populations contre leurs effets, si leur usage ne peut être empêché. La France – premier pays pilote dans ce domaine – a élaboré un plan de travail comportant des exercices réels, l'identification et l'échantillonnage des agents CBRN et leur analyse. Toute une série de technologies ont été testées face à un certain nombre de menaces CBRN.

    Depuis 2012, la République tchèque développe un prototype de système de détection chimique, et en juin 2012, le Canada a organisé l'exercice Precise Response, comportant un scénario avec agents réels, à des fins d'entraînement.

    Lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI)

    Cette activité est dirigée par l'Espagne via le Centre d'excellence OTAN pour la lutte anti-EEI qui se trouve à Madrid, mais elle s'appuie sur l'expertise des industries de plusieurs pays membres et du Groupe consultatif industriel OTAN (NIAG). Différentes technologies, et en particulier la détection à distance, ont été étudiées pour neutraliser ces engins. En 2012, une démonstration de déminage d'itinéraires a été organisée en Allemagne, dans le cadre du programme de travail DAT et en concertation avec l'Agence OTAN d'information et de communication (NCIA), afin d'améliorer la doctrine, de confronter les meilleures pratiques, et de normaliser les opérations OTAN de déminage d'itinéraires. D'autres projets liés à la lutte anti-EEI et dirigés par la NCIA portent sur les systèmes automatisés d'exploration de données et de scanner corporel applicables aux passagers.

    Neutralisation des explosifs et munitions (EOD) et gestion des conséquences

    Il s'agit ici d'améliorer les capacités de l'OTAN, l'entraînement des équipes EOD et la gestion des conséquences d'une explosion. L'exercice annuel Northern Challenge – organisé lui aussi dans le cadre du programme de travail DAT et dirigé par l'Islande – porte sur la neutralisation des EOD/EEI sous-marins et des munitions conventionnelles (CMD) ; il est ouvert aux pays de l'OTAN et aux pays du Partenariat pour la paix. En 2012, des démonstrations et des essais EOD ont été organisés à Trenčin (Slovaquie) par le Centre d'excellence pour la neutralisation des explosifs et munitions (NEM COE). Parmi les milieux directement intéressés par ces questions figurent des experts de pays partenaires, comme ceux de l'école de déminage des forces de défense irlandaises.

    Développement de capacités non létales.

    La communauté opérationnelle OTAN a souligné la nécessité de disposer de meilleures capacités de riposte qui permettent de limiter le plus possible les dommages collatéraux. Si les forces ne peuvent riposter qu'avec des armes létales, les civils comme les militaires sont en danger, et il y a un risque d'échec de la mission et de répercussions politiques. Sur la base des travaux antérieurs dirigés par le Canada et portant sur l'identification de capacités non létales pour les forces de l'OTAN, la Belgique et la France codirigent un projet de définition de normes pour les armes non létales. Le Centre de recherche maritime et d'expérimentation de La Spezia (Italie) étudie actuellement les effets comportementaux des armes non létales.

    Protection des infrastructures critiques

    Il s'agit d'un projet global, qui porte sur la protection des infrastructures, du personnel et des citoyens de l'OTAN. Ce projet est étroitement lié à d'autres initiatives, comme la protection des ports, le renseignement, la reconnaissance, la surveillance et l'acquisition d'objectifs, ainsi que la défense contre les attaques au mortier. En octobre 2009, l'exercice BELCOAST 09 a incorporé de nombreuses initiatives DAT dans un environnement de menace multidimensionnelle. Cette initiative est désormais intégrée dans le programme de protection des ports dirigé par le Portugal.

    Technologies pour la défense contre les attaques au mortier

    Compte tenu du nombre croissant d'attaques terroristes au mortier enregistrées en Afghanistan et en Iraq, cette initiative a été lancée en 2006 par les Pays-Bas et reprise par la Norvège en 2007. L'objectif était d'utiliser de nouvelles technologies pour détecter les positions de tirs au mortier, puis de réagir avec suffisamment de rapidité et de précision contre l'attaquant ou de détruire les projectiles. Cette initiative a pris fin en 2010, et l'architecture de systèmes qui en a résulté est utilisée en Afghanistan.

    3) Liaisons réseau

    Ce domaine capacitaire couvre les initiatives de formation et de perfectionnement visant à améliorer l'identification et le ciblage des centres nodaux des réseaux de menaces.

    Technologies et élaboration de concepts pour le renseignement, la surveillance, la reconnaissance (ISR) et l'acquisition d'objectifs

    L'objectif est de développer des outils améliorés de détection rapide et d’identification des terroristes et de leurs activités. Afin de consolider les progrès du partage de l'information et du renseignement enregistrés au cours des dix dernières années dans les opérations communes et d'exploiter ces progrès pour l'avenir, le Groupe capacitaire interarmées sur le renseignement, la surveillance et la reconnaissance (ISR) a organisé, dans le cadre du programme de travail DAT, l'essai Unified Vision 2012.Cet essai, simulant un environnement opérationnel en conditions réelles, avait pour objet de chercher à déterminer, d'une part, dans quelle mesure les participants réussissaient à analyser les informations relatives aux menaces et à identifier et suivre les menaces afin de constituer une situation renseignement cohérente et, d'autre part, s'il était facile de partager ces informations. Le Centre d'excellence OTAN pour le renseignement humain (HUMINT), situé à Oradea (Roumanie), cherche à améliorer l'interopérabilité technique au sein de la communauté HUMINT de l'OTAN et à analyser les aspects humains de l'environnement opérationnel où opèrent les forces de l'OTAN.

    Biométrie

    Les données biométriques sont essentielles pour la protection des forces sur le théâtre, car elles leur permettent d'identifier les insurgés connus ou présumés. Les Commandements stratégiques reconnaissent que le développement et l'amélioration de ce domaine constituent un besoin militaire, et un Concept OTAN de biométrie est à l'étude. Ce concept définit une structure qui permet aux pays de l'OTAN de choisir leur niveau de participation aux opérations biométriques, tout en gardant le contrôle sur les données biométriques produites par leurs forces. La communauté des responsables du programme de travail DAT participe et apporte son soutien à cette initiative et à ses multiples domaines d'activité (doctrine, concept, normalisation et capacités).

    Communauté des forces d'opérations spéciales (SOF)

    Les forces d'opérations spéciales (SOF), reconnues comme l'une des entités responsables dans la lutte contre le terrorisme, constituent un élément essentiel du programme de travail DAT. Dans le cadre du programme de travail DAT,le quartier général des opérations spéciales de l'OTAN (NSHQ) développe actuellement un laboratoire mobile permettant de mener des enquêtes criminalistiques sur les incidents causés par les EEI sur le théâtre. Toujours dans le cadre du programme de travail DAT, on procède actuellement à la création d'une base de données pour les activités antiterroristes menées dans le cadre des opérations spéciales de l'OTAN .

Mis à jour le: 26-Sep-2012 17:42

Publications

NATO Briefing: Countering Terrorism 05 Sep. 2011 The essence of NATO's role in the fight against terrorism is protecting people. NATO offers a unique range of assets to the international community in the fight against terrorism. First, it is a permanent consultation forum that can transform discussions into collective decision. Second, it can turn decisions into effective action, which can be backed up by an unparalleled military capability. Third, NATO is part of an impressive network of cooperative relationships with many partners.