Un programme financé par l’OTAN aide le personnel militaire kirghize à revenir à la vie civile

  • Mis à jour le: 17 Apr. 2012 13:08

Les forces armées kirghizes ont entamé un processus de réforme, et l’un de leurs problèmes constants est celui de l’aide à apporter au personnel militaire dégagé des cadres pour qu’il s’adapte à la vie civile. Avec des compétences qui ne correspondent pas toujours aux besoins du marché du travail civil, la vie après l’armée peut s’avérer difficile pour ceux qui sont à la recherche d’un emploi. Depuis trois ans, toutefois, un programme de reconversion et de réinsertion financé par l’OTAN contribue à atténuer les conséquences socio-économiques de la restructuration de la défense.

Acquérir de nouvelles compétences pour un marché du travail civil

Entre 2009 et 2013, plus de 1500 personnes ont été dégagées des cadres et ont quitté les ministères de la Défense, des Situations d’urgence, et de l’Intérieur, ainsi que le Comité d’état pour la sécurité nationale, le Service d'État des gardes-frontière et le Service de sécurité de l'État. Pour un grand nombre d’entre eux, la recherche d’un emploi sur le marché civil peut s’avérer difficile.

Afin d’aider le Kirghizistan dans cette transition, l’OTAN a mis à sa disposition des compétences techniques pour contribuer à la rédaction d’un programme d’adaptation sociale des anciens militaires dégagés des cadres. L’Alliance finance également des programmes de reconversion et de réinsertion à Bichkek et à Osh pour faciliter le retour du personnel militaire à la vie civile.

Dans le cadre de ce programme, le Centre de formation continue de l’Université américaine d’Asie centrale (AUCA) offre aux participants des stages intensifs d’économie, de technologies de l’information et d’anglais. Ce printemps, l’AUCA proposera aussi des stages de base en informatique, des sessions sur l’évolution de carrière et une aide au placement pour faciliter le passage des carrières militaires aux carrières civiles.

Au cours des deux dernières années, plus de 170 anciens militaires ont suivi un stage de reconversion. Cette année, le programme accueillera 140 autres diplômés.

La vie après l’armée

Sharipa Djailoeva et Ruslan Kadyrov ont servi dans les forces armées kirghizes, et ont pris tous deux leur retraite avec le grade de commandant. Mais pour Mme Djailoeva, trois années de chômage ont suivi sa retraite, après plus de 25 ans de service. “Après trois années de chômage, j’avais pratiquement perdu tout espoir de m’adapter à la vie civile et de trouver un emploi,” dit-elle.

À l’approche de sa propre retraite de l’armée, après plus de 20 ans de service, Kadyrov a décidé d’envisager les possibilités qui s’offraient à lui. Lorsqu’il a vu que l’AUCA proposait un stage d’entreprenariat, il a décidé de s’y inscrire.

Mme Djailoeva a aussi choisi de s’inscrire à des stages financés par l’OTAN, et a bénéficié d’une formation à la gestion des petites entreprises. “La possibilité de formation parrainée par l’OTAN et proposée par l’AUCA a changé mon état d’esprit et ma vie,” dit-elle.

S’étant rencontrés au cours du stage, Djailoeva et Kadyrov ont décidé de démarrer ensemble une petite entreprise proposant un produit très apprécié par la population locale: la choucroute. Peu coûteuse à concrétiser, parce que le chou est très bon marché au Kirghizistan, leur idée n’exigeait pas de gros investissements. Aujourd’hui, les deux entrepreneurs vendent leur choucroute à plus de 150 épiceries, et prévoient de diversifier leur activité.

“Maintenant que j’ai lancé ma propre entreprise avec mon collègue, je suis pleine d’énergie de d’idées nouvelles. Je suis très reconnaissante à toutes les parties concernées par ce projet pédagogique,” déclare Mme Djailoeva.

M. Kadyrov exprime le même optimisme pour l’avenir. “J’ai bénéficié du programme et élaboré un plan d’entreprise qui a réussi. Maintenant, j’ai confiance et je suis prêt à poursuivre le développement de notre entreprise,” ajoute-t-il.

Avec leurs connaissances nouvellement acquises, les participants au programme de reconversion disposeront des outils nécessaires pour exécuter un certain nombre de tâches dans le secteur civil ou pour lancer leur propre entreprise, comme l’ont fait Djailoeva et Kadyrov. “Ce programme est très important parce qu’il leur permet de recevoir une formation supplémentaire et d’acquérir de nouvelles qualifications professionnelles, grâce auxquelles ils seront mieux en mesure de répondre aux besoins du marché du travail civil,” déclare Gérard Malet, l’administrateur de projet de la Division Affaires politiques et politique de sécurité de l’OTAN.