Défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN

  • Mis à jour le: 25 Aug. 2014 16:24

La défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN consiste à intégrer les capacités de toutes les armées (air, terre et mer), et les opérations qui se recoupent, pour assurer la dissuasion et la défense de l'ensemble du territoire, des populations et des forces de l’Alliance, dans le but de garantir la liberté d’action en neutralisant la capacité de l’adversaire d’exercer des effets négatifs avec ses capacités aériennes et ses missiles. Elle comprend un réseau de systèmes interconnectés permettant la détection, la poursuite, la classification, l’identification et la surveillance d’objets aériens et, si nécessaire, leur interception par des systèmes d’armes de surface ou aériens, ainsi que les procédures nécessaires à l'emploi de ces systèmes.

Les pays membres de l'OTAN ont commencé à travailler ensemble dans les années 1970 à la mise en place d'une structure et d'un système de défense aérienne intégrée combinant leurs moyens nationaux, complétés au besoin par des éléments OTAN. Pour se protéger contre des attaques aériennes, opérer ensemble est à la fois plus efficace et plus efficient que des systèmes de défense aérienne nationaux fonctionnant de manière indépendante. Avec l'émergence d'une capacité OTAN de défense antimissile balistique (BMD), une telle structure est désormais connue sous le nom de système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS). Elle est placée sous le commandement et le contrôle du Commandant suprême des Forces alliées en Europe (SACEUR). Le NATINAMDS est l’une des pierres angulaires de la politique de défense aérienne et antimissile de l'OTAN et un signe visible de la cohésion, du partage des responsabilités et de la solidarité au sein de l’Alliance.

  • Composantes

    Le système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée regroupe les quatre domaines fonctionnels  « commandement, contrôle, communication et renseignement », « surveillance », « défense aérienne active » et « défense aérienne passive ». Ensemble, ces quatre domaines fonctionnels contribuent à la mission défensive de supériorité aérienne (DCA) et fournissent les éléments de base nécessaires à la protection des populations, du territoire et des forces des pays de l'Alliance et à la projection de la puissance de feu qu'offre la défense aérienne et antimissile.

    En fonction de la mission, les Alliés engagent des forces (terrestres, aériennes et maritimes) qui sont mises à la disposition du SACEUR. Toutefois, la décision quant à la taille et à la configuration des forces et équipements à fournir demeure la prérogative des pays.

    Système de commandement et de contrôle aériens

    Le commandement et le contrôle (C2) aériens sont essentiels au succès de toute opération. La structure C2 aériens de l’OTAN consiste en une mosaïque de systèmes disparates et vétustes qui, dans de nombreux cas, sont pratiquement arrivés au terme de leur durée de vie opérationnelle prévue.

    Consciente du caractère interarmées de plus en plus marqué des opérations militaires – et de la nécessité de remplacer des équipements vieillissants –, l’OTAN a développé une capacité nouvelle et plus robuste, à savoir un système C2 pour l’ensemble des opérations aériennes. Ce système, appelé système de commandement et de contrôle aériens (ACCS), facilitera la planification, l’assignation, l’exécution et la coordination de toutes les missions de défense aérienne et antimissile intégrée en temps de paix, en période de crise et de conflit. L'ACCS assurera le soutien de toutes les opérations et missions statiques et déployées de l'OTAN.

  • Tâches

    Police du ciel de l'OTAN

    La mission de police du ciel de l’OTAN est une mission du temps de paix nécessitant un système de surveillance et de contrôle aériens (ASACS), une structure de commandement et de contrôle aériens (C2 Air) et des aéronefs (intercepteurs) du détachement d'alerte de réaction rapide (QRA(I)) disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Elle permet à l'Alliance de détecter, de poursuivre et d'identifier dans toute la mesure du possible tous les objets aériens qui s'approchent de l’espace aérien de OTAN ou qui y opèrent, de manière à ce que les violations et transgressions puissent être repérées et à ce que les mesures appropriées puissent être prises.

    Tous les Alliés ne disposent pas des moyens nécessaires pour assurer la police du ciel de leur espace aérien, mais d'autres pays apportent leur aide, au besoin, de façon à garantir qu'aucun pays ne soit lésé et que chacun bénéficie du même niveau de sécurité.

    Le SACEUR est responsable de la conduite de la mission de police du ciel de l’OTAN.

    Défense contre les missiles balistiques de théâtre

    En 2010, l'OTAN a mis en service une capacité intérimaire de défense contre les missiles balistiques de théâtre pour la protection des forces de l'Alliance contre les menaces balistiques.

    Défense antimissile balistique

    Au sommet de Lisbonne, en 2010, les dirigeants des pays de l'Alliance ont décidé de développer une capacité de défense antimissile balistique (BMD) pour assurer la défense collective. Concrètement, ils ont décidé d’élargir les capacités de commandement, de contrôle et de communication de l'actuel programme de défense multicouche active contre les missiles balistiques de théâtre (ALTBMD) afin de protéger non seulement les forces déployées mais aussi le territoire, les forces et les populations des pays européens de l'OTAN.

    L'approche adaptative phasée des États-Unis pour l'Europe et d'autres apports possibles des pays constituent des contributions précieuses et bienvenues à l'architecture BMD de l'OTAN.

    Au sommet de Chicago, en mai 2012, les dirigeants des pays de l'OTAN ont déclaré que l'Alliance avait atteint une capacité BMD intérimaire, une première étape significative pour la mise en œuvre de la capacité BMD de l'OTAN. Cette capacité offre une couverture maximale dans la limite des moyens disponibles pour défendre les populations, le territoire et les forces de l'OTAN dans la zone à laquelle appartiennent les pays européens méridionaux de l'OTAN contre une attaque de missiles balistiques. L'Alliance reste engagée à mettre en place, d'ici à 2020, une couverture BMD complète pour tout le territoire des pays européens de l'OTAN.

  • Mécanismes

    Le Comité de défense aérienne et antimissile (AMDC) est l'organe multinational de haut niveau qui, outre sa tâche de coordination, assume une fonction consultative pour tous les éléments de la défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN et pour tous les aspects pertinents de la puissance aérienne. Il relève directement du Conseil de l'Atlantique Nord.

    Le Groupe de travail du Comité militaire sur la défense aérienne est chargé d'examiner les questions de défense aérienne et antimissile, et de donner des avis et de formuler, à l’intention du Comité militaire de l'OTAN, des recommandations sur les questions relatives à la défense aérienne et antimissile.

    Les autres groupes traitant de questions liées à la défense aérienne et antimissile sont le Comité de la politique et des plans de défense (renforcé) de l'OTAN, qui a des responsabilités particulières en matière de défense antimissile balistique, le Groupe de projet sur la défense antimissile, le Bureau du programme BMD, et le Groupe de travail du Conseil OTAN-Russie sur la défense antimissile. En octobre 2013, la Russie a décidé de faire une pause dans les discussions avec l'OTAN sur la défense antimissile, et en avril 2014, l'OTAN a suspendu toute coopération avec la Russie en réponse à la crise en Ukraine.

    L'AMDC et la coopération avec les partenaires

    Depuis 1994, l'AMDC maintient un dialogue avec les pays partenaires de l’OTAN afin de promouvoir la compréhension mutuelle, la transparence et la confiance en ce qui concerne les questions de défense aérienne d’intérêt commun.

    Le programme de coopération avec les partenaires dans le domaine de la défense aérienne prévoit des réunions d’information avec des experts de la défense aérienne, des séminaires et des ateliers, des visites d’installations de défense aérienne, des études analytiques conjointes et un programme d’échange de données non classifiées sur la situation aérienne.