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La lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI)

Un engin explosif improvisé (EEI) est un type d'arme explosive non conventionnelle qui peut prendre n'importe quelle forme et être activé de diverses manières. Les cibles de ces armes sont aussi bien les soldats que les civils. Les EEI jouent un rôle de plus en plus important dans les conflits d'aujourd'hui et continueront de faire partie de l'environnement des opérations militaires futures de l'OTAN.

Ils figurent parmi les principales causes de victimes au sein des troupes et font payer un lourd tribut aux populations locales. Pour limiter les risques posés par les EEI, l'Alliance aide les pays membres et partenaires à développer leurs propres capacités de lutte contre ces engins, l'accent étant mis en particulier sur la formation et l'entraînement, sur l'élaboration d'une doctrine et sur le perfectionnement des technologies de contre‑mesures.

L'OTAN a mis en place un plan d'action pour la lutte anti-EEI, axé sur deux objectifs : la neutralisation de l'engin lui-même et le démantèlement des réseaux. Pour ce qui est de la neutralisation des EEI, plusieurs services de l'OTAN étudient les manières de les détecter et de les mettre en échec, préparent et entraînent les soldats à un environnement contaminé par des EEI, et développent des technologies visant à prévenir les attaques perpétrées au moyen d'EEI et à protéger les soldats et les civils.

La lutte anti-EEI ne consiste pas uniquement à supprimer ou à neutraliser des EEI déjà en place, mais aussi à identifier et à démanteler les réseaux qui fabriquent et mettent en œuvre ces armes. L'Alliance s'emploie à réduire la fréquence et la gravité des attaques perpétrées au moyen d'EEI, mais elle cible également les filières logistiques. Comprendre les divers réseaux qui constituent une menace aux niveaux tactique et stratégique est essentiel au succès des opérations actuelles et futures, dans lesquelles les lignes de bataille ne sont plus aussi claires.

Les efforts de lutte anti-EEI couvrent un éventail de travaux, de recherches, de tests et de formations au siège de l'OTAN à Bruxelles, au Commandement allié Transformation (SACT) aux États-Unis, au QG de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (FIAS) et dans les différents centres d'excellence et agences de l'OTAN. Ces différents commandements, agences et divisions axent leurs activités sur l'entraînement, le développement de technologies de neutralisation des EEI, le partage d'informations et le rassemblement d'acteurs non OTAN dans le but de démanteler les réseaux avant que les EEI ne fassent des morts ou des blessés parmi les troupes, les forces de sécurité afghanes ou les civils.

  • Plan d'action pour la lutte anti-EEI

    Le plan d'action pour la lutte anti-EEI oriente les efforts déployés par l'Alliance pour réduire les effets des EEI et coordonne les différents acteurs de la lutte contre ces engins. Il couvre tous les domaines de la lutte anti-EEI, du niveau stratégique au niveau tactique. Il cible plusieurs domaines qui préoccupent l'Alliance, notamment l'amélioration de la coordination et de la coopération avec l'Union européenne et entre pays de l'OTAN, le développement de matériel permettant de réduire le risque posé par les EEI et les dégâts qu'ils provoquent, ainsi que l'investissement dans ce type de projets, et la préparation des troupes sur le terrain à un environnement comportant des EEI.

    Le plan d'action pour la lutte anti-EEI s'articule autour de plusieurs volets, dont le partage d'informations, le renforcement de la coopération avec d'autres organisations internationales et forces publiques, l'entraînement spécifique des troupes déployées dans des secteurs où les EEI sont largement employés et le perfectionnement du matériel utilisé pour détecter les EEI et pour protéger les troupes.

    Le Commandement Allié Transformation (SACT), implanté à Norfolk, Virginie (États-Unis), a la responsabilité générale de la mise en œuvre des différents aspects du plan d'action et, au travers de l'Équipe spéciale OTAN chargée de la lutte anti-EEI, coordonne et synchronise les efforts déployés au siège de l'Organisation, dans les commandements stratégiques et dans les autres organismes OTAN.

  • Matériel et technologie

    Les EEI peuvent être camouflés partout : fixés à des animaux, posés le long des routes ou attachés à une personne. Leur détonation peut être commandée via un téléphone portable ou un fil déclencheur, entre autres. Ils peuvent être déployés partout, dans un environnement de combat comme en plein centre-ville. Leur adaptabilité à pratiquement n'importe quelle situation les rend difficiles à détecter et à neutraliser, c'est pourquoi les pays de l'OTAN et leurs partenaires ont recours à de multiples méthodes pour accroître les capacités de lutte anti-EEI. Par exemple, la Division Défis de sécurité émergents a appuyé plusieurs initiatives scientifiques axées sur le développement de capteurs permettant de détecter les explosifs avant même qu'ils ne puissent faire des victimes.

    En collaboration avec la Division Investissement de défense, l'Agence des C3 de l'OTAN (NC3A) aide à coordonner et à exécuter l'acquisition conjointe de matériel de lutte anti-EEI au travers d'un système de financement commun ou de fonds mis à disposition par les pays. La NC3A mène des activités de recherche et de développement en matière de lutte anti-EEI et met au point des technologies et des techniques maison, dans le cadre du programme de travail pour la défense contre le terrorisme, placé sous la direction de la Division Défis de sécurité émergents. La NC3A analyse également les nouvelles technologies dans le domaine de la lutte anti-EEI et les teste, en toute objectivité, dans un environnement opérationnel afin de vérifier qu'elles répondent aux besoins de l'Alliance.

    Outre le programme de travail pour la défense contre le terrorisme, un programme de contre-mesures visant à identifier et à fournir des solutions capacitaires à court terme inclut spécifiquement un volet consacré à la lutte anti-EEI. L'Espagne assume le rôle de chef de file pour ce qui est de tester les différentes technologies de détection à distance, tandis que la Slovaquie se concentre sur les activités, les technologies et les procédures pour les opérations de sécurisation EEI, conformément à une initiative de neutralisation des explosifs et munitions.

    Dans l'esprit de l'objectif du secrétaire général de l'OTAN consistant à promouvoir la coopération multinationale en matière de dépenses de défense, la Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA) a identifié 19 initiatives de coopération multinationale dans le domaine de la lutte anti-EEI. Ces initiatives, comme l'acquisition commune de matériel, les tests conjoints de nouvelles technologies, la coopération en matière de recherche technologique et le développement de normes communes pour les équipements, ont été rassemblées dans une feuille de route pour les matériels de lutte anti-EEI.

    La CDNA a également créé un fonds alimenté par des contributions nationales volontaires pour des projets multinationaux s'inscrivant dans le cadre du plan d'action pour la lutte anti-EEI, comme la formation des équipes de renseignement sur les armes avant leur déploiement. Les pays de l'OTAN ont également accès à la base de données d'un centre d'échanges, qui doit faciliter le partage d'informations sur les programmes actuels et futurs relatifs aux équipements de lutte anti-EEI et contribuer à déterminer les domaines de coopération possibles.

  • Partage d'informations et renseignement

    Dans un premier temps, les efforts de l'OTAN dans le domaine de la lutte anti-EEI se sont concentrés sur la détection et la neutralisation des EEI. Aujourd'hui, toutefois, la lutte anti‑EEI ne se limite plus à ces deux éléments, mais elle doit également s'attaquer aux réseaux qui se trouvent derrière ces armes. C'est pourquoi l'OTAN a recours tant à des moyens militaires qu'à des moyens civils pour lutter contre les EEI.

    Le partage d'informations entre forces publiques internationales et nationales, ainsi qu'entre services de douanes et de contrôle aux frontières, joue un rôle déterminant dans la représentation graphique des réseaux d'insurgés, contribuant ainsi au démantèlement de la chaîne opérationnelle des EEI. L'OTAN voudrait donc promouvoir la coopération avec ces différents organes.

    L'OTAN forme également ses troupes à l'interaction avec les civils dans le cadre d'un déploiement. Les informations fournies par les civils, qui connaissent la région, peuvent s'avérer essentielles à la prévention d'attaques aux EEI.

  • Formation et entraînement

    Avant leur déploiement, les forces de l'OTAN suivent une formation dont le but est de les préparer à la conduite d’opérations dans un environnement contaminé par des EEI. Une fois sur le théâtre, elles reçoivent aussi des instructions complémentaires visant à actualiser leurs connaissances et à les aider à faire face aux difficultés propres à chaque région. L'OTAN, au travers du SACT, s'emploie également à réduire les écarts entre les pays en matière de formation, de normalisation et d'élaboration de la doctrine dans le cadre de la lutte anti-EEI.

    La formation à la lutte anti-EEI est axée principalement sur la capacité à mettre en échec les réseaux avant le placement des engins, à détecter les EEI et à les neutraliser de manière sûre avant que des soldats ou des civils ne soient blessés ou tués. C'est dans cet esprit que le SACT propose plusieurs programmes de formation à la lutte anti-EEI gérés par l'équipe de projet intégrée de lutte anti-EEI, notamment un stage de sensibilisation pour officiers d'état-major, un stage de sensibilisation tactique à la mise en échec de réseaux, un stage destiné aux équipes de renseignement sur les armes et un stage de formation des formateurs dans le domaine de la lutte anti-EEI. Il met également à profit le fonds alimenté par des contributions nationales volontaires pour la lutte anti-EEI.

    Plusieurs centres d'excellence proposent également des stages et des formations spécifiques à un environnement contaminé par des EEI. Implanté à Madrid (Espagne), le centre d'excellence pour la lutte anti-EEI a pour principal objectif de renforcer les capacités des participants à contrer, réduire et éliminer les menaces que représentent les EEI, en proposant des formations multinationales aux experts de la lutte contre ces engins. De concert avec le secteur privé, il vise également au démantèlement des réseaux.

    Le centre d'excellence pour la neutralisation des explosifs et munitions, implanté à Trenčín (Slovaquie), concentre ses activités sur la neutralisation des EEI. Il s'emploie à améliorer les capacités des experts du domaine appelés à neutraliser des EEI en offrant des formations et en mettant à disposition son expertise dans les domaines de la neutralisation, de l'enlèvement et de la destruction des explosifs. Outre le volet formation, le centre d'excellence de Trenčín axe également ses travaux sur la normalisation, l'élaboration de doctrines et le développement des capacités pour le perfectionnement des technologies dans les domaines de la neutralisation des explosifs et munitions et des EEI.

    Étant donné les connexions entre leurs domaines de spécialisation respectifs, le centre d'excellence pour la neutralisation des explosifs et munitions et le centre d'excellence pour la lutte anti-EEI seront amenés à coopérer. Par ailleurs, ces centres ont des liens étroits avec d'autres centres d'excellence spécialisés dans des domaines associés à la lutte anti‑EEI, notamment le centre d'excellence pour le génie militaire à Inglostadt (Allemagne), le centre d'excellence pour la défense contre le terrorisme à Ankara (Turquie), le centre d'excellence pour la médecine militaire à Budapest (Hongrie) et le centre d'excellence pour le renseignement humain à Oradea (Roumanie).

Mis à jour le: 12-Jan-2012 16:03

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L’OTAN et la lutte contre le terrorisme – Lutte contre les EEI En collaboration avec l'Agence des C3 de l'OTAN, la Section Contre-terrorisme de la Division Investissement de défense de l’OTAN étudie de nouvelles technologies permettant de détecter les bombes placées en bord de route pour protéger les soldats se déplaçant en convois.