NATO - North Atlantic Treaty Organization

La lutte contre le terrorisme

Le terrorisme représente une menace réelle et grave pour la sûreté et la sécurité de l’Alliance et de ses membres. C'est une menace universelle, qui ne connaît ni frontières, ni nationalités, ni religions – face à laquelle la communauté internationale doit être unie. Les activités que mène l'OTAN en matière de lutte contre le terrorisme mettent l'accent sur une meilleure connaissance de la menace et une meilleure préparation, sur le développement de capacités adéquates et sur un engagement accru aux côtés des pays partenaires et d'autres acteurs internationaux.

Depuis les attentats perpétrés aux États‑Unis le 11 septembre 2001, l'OTAN joue un rôle actif dans la lutte contre le terrorisme. En réponse à ces attentats, l'OTAN a, pour la première fois de son histoire, invoqué l'article 5 du Traité de Washington, qui est la clause de défense collective de l'Alliance.

Le caractère multiforme du terrorisme a conduit l’OTAN à prendre un certain nombre d’initiatives – politiques, opérationnelles, conceptuelles, militaires, technologiques et scientifiques – pour faire face à la menace. La création, au siège de l'OTAN en août 2010, de la Division Défis de sécurité émergents a montré que l'Alliance était bien décidée à traiter transversalement l'éventail croissant des risques et des défis de sécurité non traditionnels, y compris le terrorisme. Depuis, l’OTAN a adopté de nouvelles lignes directrices sur la lutte contre le terrorisme, qui ont été entérinées au sommet de Chicago, en mai 2012, et qui sont mises en œuvre au travers du plan d'action qui s'y rapporte.

L'Alliance contribue de différentes manières à la lutte contre le terrorisme que mène la communauté internationale. L'OTAN est, en premier lieu, une enceinte permanente de consultation transatlantique, où les débats peuvent déboucher sur des décisions et des actions collectives. Ensuite, l'OTAN dispose de capacités civiles et militaires spécifiques qui peuvent contribuer à la lutte contre le terrorisme ou à la gestion des conséquences d'un attentat. Enfin, l'OTAN travaille en coopération dans le cadre d'un très vaste réseau de partenariats auxquels participent d'autres États et organisations internationales.

  • Les activités menées conjointement par l'OTAN

    Opérations

    Depuis octobre 2001, a été lancée, au titre de l'article 5, l'opération Active Endeavour, qui constituait la réponse immédiate de l'OTAN aux attentats du 11‑Septembre. L'objectif était de décourager et de déjouer la menace du terrorisme en mer Méditerranée aussi bien que de s'en défendre. Les opérations de l'OTAN présentent souvent un intérêt pour les activités internationales de lutte contre le terrorisme, même si leur mandat ne concerne pas spécifiquement la menace terroriste. Les forces maritimes de l'OTAN peuvent jouer un rôle important,  entre autres, dans la lutte contre le terrorisme, dans la gestion de crise et dans l'assistance humanitaire. L'opération dirigée par l’OTAN en Afghanistan, qui n'est pourtant pas une opération de lutte contre le terrorisme en tant que telle, contribue à empêcher le pays de redevenir un jour un sanctuaire du terrorisme international, et ce, en aidant le gouvernement afghan à étendre son autorité et à imposer la sécurité.

    Sécuriser les grands événements publics

    L'OTAN peut contribuer à assurer la sécurité lors de grands événements publics susceptibles d'intéresser des terroristes. À la demande du gouvernement concerné, l'Organisation peut déployer des moyens comme les AWACS (système aéroporté de détection et de contrôle) ou des éléments du bataillon multinational de défense contre les armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN). L'Alliance a apporté son aide dans le cadre d'événements à haute visibilité comme les sommets et réunions ministérielles de l’OTAN, mais aussi des événements comme les jeux olympiques d'Athènes, le championnat d'Europe de football de 2012, qui a eu lieu en Pologne et en Ukraine, et la succession au trône des Pays‑Bas, en 2013.

    Protéger les populations et les infrastructures critiques des conséquences des attentats terroristes

    Ce sont avant tout les autorités nationales qui sont responsables de la protection de leurs populations et infrastructures critiques face aux conséquences d'attentats terroristes, d'incidents CBRN et de catastrophes naturelles. L'OTAN offre une enceinte où élaborer des directives non contraignantes et des normes minimales et échanger les meilleures pratiques et le retour d'expérience face à de telles éventualités, pour améliorer la préparation et la résilience nationale. L'OTAN a établi les « Directives à l'intention des primo‑intervenants lors d'incidents CBRN » et elle organise, dans six centres de formation régionaux, des stages internationaux pour les formateurs des primo‑intervenants sollicités en cas d'incident CBRN. Fournir des informations au public en temps voulu est également un élément clé de la gestion des conséquences ; aussi l'OTAN a‑t‑elle élaboré des orientations visant à donner des avis aux autorités nationales sur la manière d'avertir le grand public et d'alerter les équipes d'intervention d'urgence.

    Un réseau de 380 experts civils de toute la zone euro‑atlantique a été constitué à l'appui de ces activités. Leur expertise couvre tous les aspects civils de la planification et des opérations de l’OTAN, y compris la gestion de crise, la gestion des conséquences et la protection des infrastructures critiques. Issus de l'administration publique ou du secteur industriel, ces experts participent à des formations et exercices et répondent aux demandes d'assistance.

    Le rôle du Centre euro‑atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC)

    Sous les auspices de l'EADRCC, les Alliés ont dressé un inventaire des capacités civiles et militaires nationales pouvant être mises à disposition pour aider les pays sinistrés – qu’il s’agisse de pays membres de l'OTAN ou de pays partenaires – suite à une attaque terroriste CBRN. Initialement créé en 1998 pour coordonner les interventions en cas de catastrophes d'origine naturelle ou humaine, l'EADRCC s’est vu confier, depuis 2001, la coordination des interventions organisées dans l'éventualité d'actes terroristes commis à l’aide d’agents CBRN. Le Centre a pour mission permanente de répondre aux demandes d’aide que les pays pourraient lui adresser en cas d’attentat terroriste CBRN. Il organise de grands exercices internationaux sur le terrain afin de tester, dans le cadre de simulations, les réactions aux situations de catastrophe ainsi que les mesures de gestion des conséquences.

    Le système OTAN de gestion de crise

    Le système OTAN de gestion de crise offre à l'Alliance un ensemble complet de possibilités et de mesures permettant de gérer et d'affronter au bon moment, de manière coordonnée et avec discernement, l'éventail complet des crises auxquelles l'Alliance pourrait devoir faire face. Les rôles du Comité des plans d’urgence dans le domaine civil (CEPC), des groupes de planification et de l'EADRCC, ainsi que le recours aux experts civils en période de crise sont définis par des dispositions spécifiques de gestion de crise pour les plans civils d'urgence.

  • Les capacités de l'OTAN

    L'OTAN œuvre au développement de capacités et de technologies novatrices spécifiquement axées sur la menace liée au terrorisme. L’objectif est de protéger les forces, les civils et les infrastructures critiques contre les actes terroristes, comme des attentats suicide commis au moyen d'engins explosifs improvisés ou des attentats à la roquette visant des avions et des hélicoptères, et contre l’utilisation potentielle d’armes de destruction massive.

    Le programme de travail pour la défense contre le terrorisme

    Le programme de travail pour la défense contre le terrorisme, qui a été élaboré en 2004 par la Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA), constitue une importante partie des mesures destinées à intensifier l'action de l'Alliance dans la lutte contre le terrorisme. Il est essentiellement centré sur des solutions technologiques visant à atténuer les conséquences d'attentats terroristes, mais sa portée a été étendue à l'appui d'un développement capacitaire global. La plupart des projets lancés dans le cadre de ce programme sont axés sur la recherche de solutions susceptibles d'être mises en œuvre rapidement. Les projets sont dirigés par des pays de l’OTAN, avec l'appui et la contribution d'autres pays membres (et de pays partenaires dans certains cas), d'organismes OTAN et d'autres parties prenantes. Ce programme de travail met en œuvre des technologies ou des méthodes nouvelles ou adaptées en vue de détecter, de déjouer et de vaincre les menaces asymétriques dans trois domaines capacitaires : la gestion des incidents, la protection/survivabilité des forces et les liaisons réseau.

    La lutte contre les menaces CBRN

    Il est reconnu que la dissémination et l'utilisation potentielle des armes de destruction massive (ADM) et de leurs vecteurs, et la possibilité que des terroristes s'en procurent, comptent parmi les principales menaces auxquelles l'Alliance est confrontée. L’OTAN accorde donc une priorité élevée à la prévention de la prolifération des ADM et à la défense contre les menaces et les risques CBRN. La politique OTAN globale, au niveau stratégique, de prévention de la prolifération des ADM et de défense contre les menaces CBRN prévoit que l'OTAN s'emploiera activement à prévenir la prolifération des ADM due à des acteurs étatiques et non étatiques. L'Alliance est déterminée à faire en sorte de disposer de tout l’éventail des capacités nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pesant sur la sécurité et la sûreté de ses populations, notamment la menace liée aux armes CBRN.

    La force opérationnelle multinationale de défense CBRN (qui comprend un bataillon de défense CBRN et une équipe d’évaluation interarmées CBRN) a pour mission de réagir à l’utilisation d’agents CBRN et d'en gérer les conséquences, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone de responsabilité de l’OTAN. En outre, des travaux sont en cours pour mettre en place une capacité OTAN de téléexpertise CBRN visant à fournir, sur demande, des avis coordonnés sur les menaces, risques et dangers CBRN pour soutenir la réponse de l'OTAN face à la prolifération des ADM, la protection contre les ADM et le redressement. Le Centre d'excellence interarmées pour la défense CBRN, implanté en République tchèque et agréé par l'OTAN, renforce encore les capacités OTAN de lutte contre les menaces CBRN.

    L'amélioration du partage du renseignement

    Depuis les attentats du 11‑Septembre, l’OTAN s’est attachée à multiplier les consultations sur le terrorisme et sur les questions qui s'y rapportent, que ce soit entre ses membres ou avec des pays non membres. Le partage de l'information et, plus précisément, le partage du renseignement sont des éléments essentiels de cet échange. Au fil des ans, diverses mesures ont été prises pour améliorer les mécanismes et les structures de partage du renseignement, sur la base de décisions prises au sommet de Prague en 2002, au sommet d’Istanbul en 2004 et lors de la réforme des structures de renseignement, en 2010‑2011.

    Créée à l'issue de la réforme, l'Unité Renseignement est venue renforcer les capacités d'analyse du renseignement – dont celle des données relatives au terrorisme – au siège de l'OTAN, et bénéficie d'un partage accru du renseignement entre les services des pays membres et l'Alliance.  L'Unité Renseignement a permis d'améliorer tant les méthodes d'analyse du terrorisme et de ses liens avec les autres menaces transnationales que la coopération entre les composantes civiles et militaires du renseignement à l'OTAN.

    Le partage du renseignement entre les organismes multinationaux OTAN spécialisés et les agences des pays partenaires s'est poursuivi, grâce à l'Unité de liaison pour le renseignement (ILU), située au siège de l'OTAN, à Bruxelles, et à la Cellule Liaison pour le renseignement du Commandement allié Opérations, à Mons (Belgique).

  • Renforcer la coopération avec les pays partenaires

    La menace que constitue le terrorisme n'affectant pas seulement l'OTAN, la lutte contre le terrorisme est devenue un élément important des activités que l'OTAN mène en coopération avec les partenaires du monde entier. Les contributions d’un certain nombre de partenaires aux opérations de l'OTAN, ainsi que les efforts qu’ils déploient pour mettre en œuvre des réformes dans le secteur de la défense avec l'appui de programmes de l'OTAN, viennent renforcer les mesures de lutte contre le terrorisme. Le dialogue et la coopération dans ce domaine sont une priorité dans les relations de l'OTAN avec nombre de ses partenaires.

    Les partenaires qu'intéresse une coopération bilatérale avec l'OTAN dans le domaine de la lutte contre le terrorisme sont encouragés à inclure ce thème dans tous les documents concernés, notamment le programme individuel de partenariat et de coopération (IPCP), le plan d'action individuel pour le Partenariat (IPAP) et les programmes nationaux annuels (ANP), selon leurs domaines d'intérêt et leurs besoins spécifiques. En outre, le plan d'action du Partenariat contre le terrorisme (PAP‑T), établi en 2002, offre un cadre multinational pour une coopération pratique. Initialement élaboré sous les auspices du Conseil de partenariat euro‑atlantique (CPEA), le PAP‑T est maintenant ouvert à tous les pays partenaires.

    Le 1er avril 2014, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN ont condamné l’intervention militaire illégale de la Russie en Ukraine et la violation par la Russie de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de ce pays. Ils ont souligné que l'OTAN ne reconnaissait pas la tentative illégale et illégitime d'annexion de la Crimée par la Russie. Par conséquent, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN ont décidé de suspendre toute coopération civile et militaire pratique entre l'OTAN et la Russie, y compris dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

    La lutte contre le terrorisme a été l’un des facteurs déterminants de la création du Conseil OTAN‑Russie (COR), en mai 2002, et reste au cœur du dialogue et de la coopération pratique avec la Russie. Un premier plan d'action du COR contre le terrorisme, approuvé en décembre 2004 et actualisé par la suite, définit des domaines de coopération. Il vise à renforcer les capacités d'agir, individuellement et conjointement, dans trois domaines essentiels : prévenir le terrorisme, combattre les activités terroristes et gérer les conséquences d'actes terroristes (pour plus de précisions, voir le plan d'action du COR contre le terrorisme).

    En 2003, le COR a aussi lancé l'Initiative sur l'espace aérien en coopération (CAI), qui visait à stimuler la coopération dans les domaines de la surveillance de l'espace aérien et de la coordination de la circulation aérienne, l'objectif sous‑jacent étant d'accroître la confiance et de renforcer les capacités requises pour la prise en charge de situations dans lesquelles des aéronefs sont soupçonnés d'être utilisés comme armes pour commettre des attentats terroristes. Le système CAI est devenu opérationnel en 2011. La Russie a en outre pris part à l’opération Active Endeavour en 2006 et en 2007.

    À ce jour, la coopération reste suspendue.

  • Renforcer la coopération avec d'autres organisations

    L'OTAN coopère avec d'autres organisations internationales – en particulier l'Organisation des Nations Unies (ONU), l'Union européenne et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) – afin qu'il y ait un partage d'informations et que des mesures appropriées puissent être prises plus efficacement dans la lutte contre le terrorisme. La Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, les conventions et protocoles internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme ainsi que les résolutions pertinentes des Nations Unies forment un cadre commun pour les activités en la matière.

    Dans cette coopération avec l'ONU, l'OTAN est amenée à travailler en étroite collaboration avec le Comité de l'ONU contre le terrorisme et sa direction exécutive ainsi qu'avec l'Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme (CTITF) et nombre des entités compétentes qui en font partie.  Sur des questions plus générales, l'OTAN collabore étroitement avec les organismes de l’ONU qui jouent un rôle majeur dans les interventions en cas de catastrophes d’ampleur internationale et dans la gestion des conséquences – notamment le Bureau de la coordination des affaires humanitaires et l'Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ainsi que le Comité du Conseil de sécurité établi en vertu de la résolution 1540.

    L'OTAN entretient d’étroites relations avec l'Unité d'action contre le terrorisme du département des menaces transnationales (TNT) de l'OSCE.

    L’utilisation d’avions civils comme armes le 11 septembre 2001 a conduit l'OTAN à prendre des mesures pour renforcer la sécurité aérienne. Dans le cadre de son action, l’OTAN s’efforce notamment d’améliorer la coordination civilo‑militaire du contrôle de la circulation aérienne en collaborant avec EUROCONTROL, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), la  Federal Aviation Authority des États‑Unis, les principales autorités aéronautiques et de sécurité nationales, les associations de compagnies aériennes et de pilotes et l'Association internationale du transport aérien (IATA), dans une optique de partage de l’information et d’action plus efficaces.

  • Améliorer la formation, l'entraînement et la coopération par la science

    L'OTAN propose à la fois aux Alliés et aux pays partenaires diverses possibilités d'entraînement et de formation dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Elle peut faire appel à un vaste réseau d'établissements, dont l'École de l'OTAN à Oberammergau (Allemagne) et les centres d'excellence (COE), qui sont au service de la structure de commandement de l'OTAN. Il y a actuellement 18 COE pleinement agréés par l'OTAN. Plusieurs de ces centres ont un lien avec la lutte contre le terrorisme, en particulier le Centre d'excellence pour la défense contre le terrorisme (COE‑DAT), situé à Ankara (Turquie), qui joue le rôle à la fois d'enceinte et de catalyseur pour un dialogue et des échanges au niveau international sur les problèmes relatifs à la défense contre le terrorisme. Le COE‑DAT a noué des liens avec une cinquantaine de pays et une quarantaine d'organisations, et il met à leur disposition son expertise en matière de terrorisme.

    En outre, la lutte contre le terrorisme est une importante priorité dans le cadre du programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS), qui, de longue date, sert de plate‑forme pour une coopération et un dialogue renforcés avec les partenaires, grâce à des activités axées sur la science et l’innovation dans le domaine civil. Le programme SPS a permis de rassembler des scientifiques et des experts des pays de l'OTAN et des pays partenaires dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des menaces et à la définition de moyens de détection et de réaction, et favorisant la constitution d'un solide réseau d'experts. Des ateliers, des stages de formation et des projets pluriannuels de recherche et de développement sont entre autres proposés. Les principaux thèmes traités au titre du programme SPS dans le domaine de la lutte contre le terrorisme sont les suivants : étude des méthodes de protection des infrastructures critiques, des approvisionnements et du personnel ; facteurs humains associés à la défense contre le terrorisme ; technologies de détection à opposer à la menace terroriste que représentent les engins explosifs et les activités illicites ; gestion des risques, meilleures pratiques et technologies de réponse au terrorisme.

  • L'OTAN et la lutte contre le terrorisme – Grandes étapes

    1999 Dans le concept stratégique adopté par l’Alliance en 1999, le terrorisme est considéré comme l’un des risques pesant sur la sécurité de l'OTAN.
    11 septembre 2001 Le groupe terroriste Al‑Qaida lance quatre attaques coordonnées contre des cibles aux États‑Unis.
    12 septembre 2001 Moins de 24 heures après les attentats du 11‑Septembre, les Alliés et les pays partenaires de l’OTAN, réunis au sein du CPEA, condamnent les attaques, offrent leur appui aux États‑Unis et s'engagent à « mettre tout en œuvre pour combattre le fléau du terrorisme ». Plus tard dans la journée, les Alliés décident d'invoquer l'article 5 du Traité de Washington – la clause de défense collective de l'Alliance – pour la première fois dans l'histoire de l'OTAN, s'il est établi que l’attaque a été dirigée depuis l’étranger contre les États‑Unis. 
    13‑14 septembre 2001 Déclaration de solidarité et de soutien de la Russie et de l'Ukraine.
    2 octobre 2001 Informé par un haut responsable américain des résultats de l’enquête sur les attentats du 11‑Septembre, le Conseil de l'Atlantique Nord décide que les attaques seront considérées comme relevant de l'article 5 du Traité de Washington.
    4 octobre 2001

    L’OTAN approuve huit mesures visant à soutenir les États‑Unis :

    • renforcer, tant sur le plan bilatéral qu’au sein des instances appropriées de l’OTAN, le partage du renseignement et la coopération dans ce domaine s'agissant des menaces que fait peser le terrorisme et des mesures de lutte à prendre dans ce contexte ;fournir, à titre individuel ou collectif, en fonction des besoins et de leurs capacités, une aide aux Alliés et aux autres États qui font ou qui peuvent faire l’objet de menaces terroristes accrues en raison de leur soutien à la campagne menée contre le terrorisme ;
    • prendre les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité des installations des États‑Unis et des autres Alliés sur leur territoire ;
    • assurer, dans la zone de responsabilité de l’OTAN, le remplacement de certains moyens alliés, qui sont nécessaires pour un soutien direct aux opérations contre le terrorisme ;
    • accorder des autorisations de survol générales pour les appareils des États‑Unis et d’autres Alliés, conformément aux arrangements applicables en matière de circulation aérienne et aux procédures nationales, pour les vols militaires liés à des opérations contre le terrorisme ;
    • assurer aux États‑Unis et à d’autres Alliés l’accès aux ports et aux aérodromes situés sur le territoire de pays membres de l’OTAN pour des opérations de lutte contre le terrorisme, notamment pour le ravitaillement, conformément aux procédures nationales ;
    • montrer que l’Alliance est prête à déployer des éléments de ses forces navales permanentes en Méditerranée orientale pour assurer une présence de l’OTAN et manifester sa détermination ; montrer que l'Alliance est également prête à déployer des éléments de sa force de détection lointaine aéroportée pour appuyer des opérations contre le terrorisme.
    Mi‑octobre 2001 L’OTAN lance sa toute première opération antiterroriste ‑ Eagle Assist : à la demande des États‑Unis, sept avions‑radar AWACS de l’OTAN aident à patrouiller l'espace aérien américain (l'opération dure jusqu'à la mi‑mai 2002 et, dans l'intervalle, 830 membres d’équipage de 13 pays de l’OTAN effectuent plus de 360 sorties). C’est la première fois que des moyens militaires de l’OTAN sont déployés à l’appui d’une opération relevant de l’article 5.
    26 octobre 2001 L’OTAN lance sa deuxième opération antiterroriste, Active Endeavour, en réaction aux attentats perpétrés aux États‑Unis : des éléments des forces navales permanentes de l’OTAN sont déployés en Méditerranée orientale pour y effectuer des patrouilles et surveiller la navigation, de façon à détecter et à décourager les activités terroristes, y compris les trafics illicites.
    Mai 2002 À leur réunion de Reykjavik, les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN décident que l'Alliance conduira des opérations où et quand cela sera nécessaire pour combattre le terrorisme. Cette déclaration historique met effectivement fin au débat sur ce qui constitue la zone d'opérations de l'OTAN, et elle ouvre la voie à l'engagement de l'Alliance en Afghanistan avec la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS).
    Novembre 2002

    Au sommet de Prague, les dirigeants des pays de l’OTAN expriment leur détermination à décourager toute attaque armée dirigée de l’étranger, y compris par des terroristes, contre leurs populations, leurs territoires et leurs forces, ainsi qu’à s'en défendre et à s’en protéger. Dans ce contexte, ils adoptent un ensemble de mesures pour préparer l'OTAN à relever le défi du terrorisme. Cet ensemble de mesures présentées à Prague comprend :

    • un Concept militaire de défense contre le terrorisme ;
    • un plan d'action du Partenariat contre le terrorisme (PAP‑T) ;
    • cinq initiatives de défense NBC ;
    • des mesures pour la protection des populations civiles, notamment un plan d’action en matière de plans civils d’urgence ;
    • la défense antimissile : les Alliés examinent différentes options pour faire face avec efficience et efficacité à la menace croissante que les missiles représentent pour les populations, le territoire et les forces de l’Alliance, en recourant à un ensemble approprié d'initiatives politiques et de défense, ainsi qu’à la dissuasion ;
    • la cyberdéfense ; une coopération avec d'autres organisations internationales ; l'amélioration du partage du renseignement.

    En outre, ils décident de constituer la Force de réaction de l’OTAN, de réorganiser la structure de commandement militaire et de lancer l’initiative appelée « Engagement capacitaire de Prague », afin de mieux préparer les forces militaires de l’OTAN à relever les nouveaux défis, notamment le terrorisme.

    10 mars 2003 L’opération Active Endeavour est élargie à l’escorte de navires civils dans le détroit de Gibraltar.
    Mars 2004 Le succès de l’opération Active Endeavour en Méditerranée orientale conduit l'OTAN à étendre le domaine d'action de la mission à l'ensemble du bassin méditerranéen.
    Novembre 2006 Au sommet de Riga, les dirigeants des pays de l'OTAN reconnaissent que « le terrorisme, qui prend des dimensions mondiales et dont les effets sont de plus en plus meurtriers, ainsi que la prolifération des armes de destruction massive, constitueront probablement les principales menaces pour l’Alliance dans les dix à quinze prochaines années ».
    2010 Dans le concept stratégique adopté au sommet de Lisbonne en novembre 2010, il est reconnu que le terrorisme est une menace directe pour la sécurité des citoyens des pays de l’OTAN et, plus largement, pour la stabilité et la prospérité internationales. Ce concept stratégique engage les Alliés à renforcer leur capacité à détecter le terrorisme international et à s'en défendre, y compris grâce à une analyse plus poussée de la menace, à davantage de consultations avec leurs partenaires et au développement de capacités militaires appropriées.
    Mai 2012 Au sommet de Chicago, les dirigeants des pays de l'OTAN entérinent les nouvelles lignes directrices de l'Alliance sur la lutte contre le terrorisme, qui mettent l'accent sur une meilleure connaissance de la menace, sur des capacités adéquates et sur un engagement accru aux côtés des pays partenaires et d'autres acteurs internationaux.

Mis à jour le: 11-Aug-2014 14:27