NATO - North Atlantic Treaty Organization

Défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN

Les pays de l'OTAN ont commencé à travailler ensemble dans les années 1970 à la mise en place d'une structure et d'un système de défense aérienne intégrée combinant leurs moyens nationaux, complétés au besoin par des éléments OTAN. Pour se protéger contre des attaques aériennes, fonctionner collectivement est plus efficace et plus efficient que des systèmes de défense aérienne nationaux fonctionnant de manière indépendante. Avec l'émergence d'une capacité OTAN de défense antimissile balistique, une telle structure est désormais connue sous le nom de système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée. Elle est placée sous le commandement et le contrôle du Commandant suprême des Forces alliées en Europe.

La défense aérienne et antimissile intégrée de l’OTAN se réfère à l'intégration des capacités de toutes les armées (air, terre et mer), et des opérations qui se recoupent, en vue d'assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pesant sur la sécurité des populations et des forces des Alliés et sur la sécurité du territoire de l'Alliance.

Elle comprend un réseau de systèmes interconnectés permettant la détection, la poursuite, la classification, l’identification et la surveillance d’objets aériens et, si nécessaire, leur interception par des systèmes d’armes de surface ou aériens, ainsi que les procédures nécessaires à l'emploi de ces systèmes.

  • Composantes

    Le système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS) comprend des capteurs, des installations de commandement et de contrôle et des systèmes d’armes tels qu’une défense aérienne de surface et des avions de combat. Il est l’une des pierres angulaires de la politique de défense aérienne et antimissile de l'OTAN et un signe visible de la cohésion, du partage des responsabilités et de la solidarité au sein de l’Alliance.

    Système de commandement et de contrôle aériens

    Le commandement et le contrôle (C2) aériens sont essentiels au succès de toute opération. La structure C2 aériens de l’OTAN est une mosaïque de systèmes disparates et vétustes qui, dans de nombreux cas, arrivent au terme de leur durée de vie opérationnelle prévue.
    Compte tenu du caractère interarmées et multinational de plus en plus marqué des opérations militaires et de la nécessité de remplacer des équipements dont la maintenance était de plus en plus difficile à assurer, l’OTAN a commencé, il y a plus de dix ans, à planifier et à développer une capacité nouvelle et plus robuste, à savoir un système C2 pour l’ensemble des opérations aériennes. Ce système, appelé système de commandement et de contrôle aériens (ACCS), facilitera la planification, l’assignation et l’exécution de toutes les missions aériennes, ainsi que le soutien aux opérations et aux missions de l’OTAN.

  • Tâches

    Police du ciel de l'OTAN

    La police du ciel est une mission collective du temps de paix qui implique qu'un système de surveillance et de contrôle aériens, une structure C2 aériens et des aéronefs d'interception appropriés, généralement des avions de chasse, soient disponibles en permanence. Elle permet à l'Alliance de détecter, de suivre et d'identifier toutes les violations et transgressions de son espace aérien et de prendre les mesures pertinentes, ce qui peut impliquer la mise en alerte immédiate d'avions d'interception pour faciliter le processus.

    Tous les Alliés ne disposent pas des moyens nécessaires pour assurer la police du ciel de leur espace aérien, mais d'autres pays apportent leur aide, au besoin, de façon à garantir qu'aucun pays ne soit lésé et que chacun bénéficie du même niveau de sécurité.

    Le commandant suprême des Forces alliées en Europe est responsable de la police du ciel de l’OTAN.

    Défense contre les missiles balistiques de théâtre/défense antimissile balistique

    En 2010, l'OTAN a acquis, dans le cadre d'une première phase, les composantes d'une capacité initiale de défense contre les missiles balistiques de théâtre (TBMD) pour la protection des forces de l'Alliance contre les menaces balistiques.
    Au sommet de Lisbonne de 2010, les dirigeants des pays de l'OTAN ont décidé de développer une capacité de défense antimissile balistique (BMD) pour mener à bien la mission essentielle de défense collective. Pour ce faire, ils ont décidé d’élargir les capacités de commandement, de contrôle et de communication de l'actuel programme de défense multicouche active contre les missiles balistiques de théâtre (ALTBMD) afin de protéger non seulement les forces déployées mais aussi le territoire, les forces et les populations des pays européens de l'OTAN.

    Dans ce contexte, l'approche adaptative phasée des États-Unis pour l'Europe et d'autres apports possibles des pays constituent des contributions précieuses et bienvenues à l'architecture BMD de l'OTAN.

    En mai 2012, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'Alliance ont déclaré au sommet de Chicago que l'OTAN avait atteint une capacité BMD intérimaire, une première étape significative pour la mise en œuvre de la capacité BMD de l'OTAN. Cette capacité offre une couverture maximale dans la limite des moyens disponibles pour défendre les populations, le territoire et les forces de l'OTAN dans la zone à laquelle appartiennent les pays européens méridionaux de l'OTAN contre une attaque de missiles balistiques. L'Alliance reste engagée à mettre en place, d'ici à 2020, une couverture BMD complète pour tout le territoire des pays de l'OTAN.

  • Mécanismes

    Le Comité de défense aérienne et antimissile (AMDC) est l'organe multinational de haut niveau qui, outre sa tâche de coordination, assume une fonction consultative pour tous les éléments de la défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN et pour tous les aspects pertinents de la puissance aérienne, selon une approche interarmées. Il relève directement du Conseil de l'Atlantique Nord et bénéficie du soutien de la Commission sur la défense aérienne et antimissile et de deux groupes de rédaction. L'AMDC se réunit en différentes configurations : au niveau des chefs de délégation (deux fois par an) et en session permanente (tous les mois).

    Le Groupe de travail du Comité militaire sur la défense aérienne est chargé d'examiner les questions de défense aérienne et antimissile, et de donner des avis et de formuler des recommandations à ce sujet à l’intention du Comité militaire.

    Les autres groupes traitant de questions liées à la défense aérienne et antimissile sont le Comité de la politique et des plans de défense (renforcé), qui a des responsabilités particulières en matière de défense antimissile balistique, le Groupe de projet sur la défense antimissile, qui supervise le Bureau du programme BMD, et le Groupe de travail du Conseil OTAN-Russie sur la défense antimissile.

    L'AMDC et la coopération avec les Partenaires

    Depuis 1994, l'AMDC maintient un dialogue avec les pays partenaires de l’OTAN afin de promouvoir la compréhension mutuelle, la transparence et la confiance en ce qui concerne les questions de défense aérienne d’intérêt commun.

    Le programme de coopération avec les Partenaires dans le domaine de la défense aérienne prévoit des réunions d’information avec des experts de la défense aérienne, des séminaires et des ateliers, des visites d’installations de défense aérienne, des études analytiques conjointes et un programme d’échange de données non classifiées sur la situation aérienne.