Les contributions de troupes

  • Mis à jour le: 07 Jul. 2016 13:34

Lorsque l’OTAN juge nécessaire de mener une opération ou une mission, ses pays membres et ses pays partenaires offrent volontairement à ce titre des personnels, des matériels et des ressources. Ces contributions nationales opèrent sous les auspices de l’Alliance.

15-28 June 2006 NATO Response Force (NRF) Exercise “Steadfast Jaguar” in the Cape Verde Islands - NRF troops

Points principaux

  • Alliance de 28 pays souverains, l'OTAN est tributaire des forces militaires de ses États membres pour la conduite d'opérations ou de missions car elle ne possède pas de forces militaires propres.  
  • Les personnels qui servent dans le cadre d’une opération de l’OTAN sont désignés comme les « forces de l’OTAN » mais il s'agit en réalité de forces multinationales fournies par les pays membres de l’Alliance et, dans certains cas, par des pays partenaires ou par d’autres pays contributeurs.
  •  La « génération de force » est la procédure par laquelle les Alliés (et certains pays partenaires) fournissent les personnels et les matériels nécessaires à la conduite des opérations et missions approuvées par le Conseil de l'Atlantique Nord.
  • Ce sont les capitales nationales qui prennent en dernier ressort la décision de contribuer ou non à une opération ou mission dirigée par l'OTAN.
  • Le Commandement allié Opérations (ACO), dirigé par le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), est responsable de l’exécution de l’ensemble des opérations et missions de l’OTAN, tandis que le SACEUR adjoint a pour tâche de coordonner les contributions de troupes.

Pour en savoir plus

  • Obtention des contributions de troupes

    Quand le Conseil de l'Atlantique Nord autorise une opération ou une mission, les autorités militaires de l'OTAN établissent un concept d’opération – appelé CONOPS – qui énonce les besoins militaires minimums à satisfaire.  La génération de force est la procédure par laquelle les Alliés (et certains partenaires) fournissent les ressources nécessaires pour doter le commandant opérationnel des capacités requises – au format et au niveau de préparation adéquats – pour l'accomplissement de la mission. La génération de force s'applique à toutes les opérations et missions en cours sous la direction de l'OTAN.

    Le processus de génération de force

    La génération de force suit une procédure normalisée et est gérée par le Service Constitution des forces de l'ACO et par les représentants militaires nationaux. Pour une opération ou une mission donnée, le commandant opérationnel envoie ses besoins en termes de matériels, d'effectifs et de ressources (c'est-à-dire l’expression des besoins interarmées multinationaux, ou CJSOR) à l'ACO.  Cette CJSOR est ensuite transmise aux pays membres de l’OTAN et, dans certains cas, aux pays partenaires.  Même si c'est le Service Constitution des forces de l'ACO qui est chargé de trouver les capacités requises, la décision relative aux contributions incombe en dernier ressort aux capitales des pays. 

    À la conférence de génération de force qui se tient par la suite, les pays de l'OTAN et les pays partenaires soumettent des offres formelles de mise à disposition de personnels et de matériels pour les besoins de l'opération ou de la mission. Depuis 2003 se tient, selon les besoins, une conférence globale de génération de force pour examiner l'ensemble des opérations et missions dirigées par l'OTAN.

    Ces contributions peuvent être soumises à certaines limitations (ou « restrictions ») imposées par certains pays, par exemple en ce qui concerne les règles d'engagement. Ces restrictions influencent la planification opérationnelle de l'OTAN. C’est pourquoi l’Alliance cherche à ce que les contributions nationales soient assorties d’un minimum de restrictions.

    Le processus de génération de force est terminé lorsque les pays répondent en envoyant un message de préparation des forces (FORCEPREP) indiquant en détail les contributions offertes ainsi que les éventuelles restrictions imposées à l'emploi des forces en question.

    Les pays qui assurent la direction de l'ensemble d'une opération ou d'une mission, ou qui prennent la responsabilité de certains éléments centraux, comme la brigade terrestre au sein de la force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF), sont désignés comme « pays-cadres ». Ils fournissent en général l’élément de commandement et une partie importante des forces et assurent une coordination avec les autres Alliés pour la dotation en effectifs du reste des forces requises.

    Bien que l’OTAN, en tant qu’alliance, possède certains matériels spécialisés dont elle assure la maintenance, comme les avions AWACS et certains matériels de télécommunications stratégiques, les pays contributeurs de troupes fournissent en général les matériels nécessaires pour appuyer leurs personnels dans la réalisation des objectifs opérationnels.

    Coordination des contributions de troupes au titre d’opérations non OTAN

    Au fil des ans, l’Alliance a acquis de vastes compétences s'agissant de coordonner des contributions de troupes au titre d’opérations multinationales et a mis à disposition ces compétences afin d’appuyer des opérations non OTAN.  

    Dans le cadre de l’accord Berlin Plus, l’Alliance coopère étroitement avec l’Union européenne (UE) afin d’apporter des ressources à certaines opérations. Lorsque l’UE le leur demande, le SACEUR adjoint et ses collaborateurs apportent leur soutien à la coordination des contributions de troupes engagées par les pays membres. Par exemple, le SACEUR adjoint a été chargé du commandement opérationnel de l’opération Althea dirigée par l’UE en Bosnie-Herzégovine et il a assumé la responsabilité de la génération de force.

    L’OTAN a également assuré la génération de force nécessaire pour appuyer l’Allemagne et les Pays-Bas lorsque ces pays ont dirigé en 2003 en Afghanistan la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) sous mandat de l’ONU, avant que cette force ne soit confiée à l’OTAN.

  • La génération de forces au fil du temps

    Pendant la plus grande partie de l'histoire de l'OTAN, l’engagement opérationnel de l’Alliance était concentré avant tout sur la frontière qui, auparavant, séparait l’Allemagne de l’Est de l'Allemagne de l’Ouest. Pendant plus de 40 ans, les stratèges de l’OTAN ont parlé de « plans de forces » à moyen et à long terme parce qu’à cette époque l’Alliance maintenait en Allemagne de l’Ouest des forces fixes, « conventionnelles », prêtes à résister à une attaque de l’Union soviétique. À compter de 1986, les forces conventionnelles ont été réduites et les bases des divers pays de l’OTAN en Allemagne ont été pour une grande part démantelées ou converties à d’autres utilisations après la Guerre froide.

    La première grande opération de l'OTAN faisant intervenir des forces expéditionnaires terrestres s’est déroulée en Bosnie-Herzégovine à la suite de l’accord de paix de Dayton de 1995. Le processus de génération de force de l’OTAN, qui est toujours appliqué aujourd'hui, a été élaboré pendant les opérations dirigées par l’OTAN en Bosnie-Herzégovine et plus tard au Kosovo.

    Répondre aux besoins opérationnels grâce à la transformation

    Si les procédures de base pour la mise à disposition de troupes et de matériels restent les mêmes, le processus de génération de force a été affiné de manière à tenir compte de l'évolution des types d'opérations et de missions menées par l'OTAN.

    Ainsi, les équipes de reconstruction provinciales (PRT) établies en Afghanistan dans le cadre de l'opération de la FIAS dirigée par l’OTAN comprenaient une combinaison unique de personnels militaires et civils dont la tâche était d’étendre l’autorité du gouvernement central afghan aux zones éloignées et de faciliter le développement et la reconstruction. L'OTAN participait à la génération de force pour la composante militaire des PRT, alors que les pays avaient pour responsabilité de fournir les personnels nécessaires aux composantes civiles. Par conséquent, les PRT étaient des équipes hybrides de personnels qui relevaient soit de la chaîne de commandement de l’OTAN, soit de celle des pays. Même si les PRT ont progressivement disparu à la fin de 2014 en accord avec les autorités afghanes, elles illustrent la nécessité de doter les processus de génération de force d'une grande souplesse en vue d'atteindre les objectifs opérationnels.

    Aujourd'hui, les responsables de la planification militaire de l'OTAN ne se limitent pas aux besoins immédiats, ce qui permet tant à l'Alliance qu’aux pays contributeurs de troupes de mieux planifier leurs ressources. Le but est de comprendre les relations en jeu afin de parvenir à un partage équitable et réaliste des charges pendant les opérations et missions dirigées par l'OTAN.