NATO - North Atlantic Treaty Organisation

Les relations entre l’OTAN et l’OSCE

Bilateral meeting with the representatives of the Lithuanian Chairmanship and the OSCE Secretary General. Left to right: NATO Secretary General Anders Fogh Rasmussen; Kestutis Jankauskas, Permanent State Secretary of the Ministry of Foreign Affairs of Lithuania; OSCE Secretary General, Marc Perrin de Brichambaut; and the Lithuanian Ambassador to the OSCE Renatas Norkus.

L’OTAN et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) œuvrent ensemble pour l’établissement de la sécurité et le renforcement de la stabilité dans la zone euro-atlantique. Les deux organisations coopèrent sur les plans politique et opérationnel dans des domaines tels que la prévention des conflits et la gestion des crises, et elles réagissent aux nouvelles menaces pour la sécurité.

Au sommet de Lisbonne, en novembre 2010, les Alliés ont souligné l’importance de l’OSCE comme organisation de sécurité régionale et comme forum de dialogue sur les questions liées à la sécurité euro‑atlantique – comme en témoigne le processus de Corfou. (Le processus de Corfou a été lancé lors d’une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE (juin 2009), à la suite de la crise géorgienne d’août 2008, qui a clairement fait ressortir les risques que continuent de faire peser sur la sécurité collective les conflits non résolus dans la zone euro-atlantique. Il a pour objectif de rétablir la confiance et de faire progresser le dialogue concernant la sécurité de l’Europe au sens large.)

Embrassant les dimensions politico-militaire, économico-environnementale et humaine, l’OSCE joue un rôle important s'agissant de promouvoir la sécurité et la coopération. Les Alliés entendent renforcer encore la coopération entre l’OTAN et l’OSCE, tant au niveau politique qu’au niveau opérationnel, en particulier dans des domaines tels que la prévention et la résolution des conflits, le relèvement post‑conflit et la réponse aux nouvelles menaces de sécurité.

À l’échelon politique, l’OTAN et l’OSCE se consultent mutuellement au sujet de questions qui ont trait à la sécurité régionale. Chacune de ces organisations a également lancé ses propres initiatives à l'adresse des pays du bassin méditerranéen.

Sur le plan opérationnel, la coopération en matière de prévention des conflits, de gestion des crises et de relèvement post-conflit est particulièrement dynamique dans les Balkans occidentaux. Les activités des deux organisations se complètent sur le terrain : les initiatives prises par l’OTAN en faveur de la réforme des appareils de défense, y compris en matière de maîtrise des armements, de déminage et de destruction de stocks d’armes et de munitions, s’harmonisent avec les efforts que l’OSCE consacre à la prévention des conflits et à la restauration de la stabilité après les conflits.

En plus de coordonner leurs interventions sur le terrain, l’OTAN et l’OSCE échangent régulièrement leurs points de vue et des informations sur les grandes questions de sécurité, comme la sécurité des frontières, le désarmement, la maîtrise des armements (en particulier pour ce qui est de la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre), la sécurité énergétique et le terrorisme.

Par le biais de l'initiative « Environnement et sécurité » (ENVSEC)1, leur collaboration porte également sur les questions environnementales qui constituent une menace pour la sécurité, la stabilité et la paix.

Pour mettre en place une « approche globale » internationale de la gestion des crises, qui implique le déploiement efficace de moyens civils et militaires, il est important que l’OTAN et l’OSCE collaborent étroitement. À Lisbonne, les Alliés ont décidé d’accroître la contribution de l’OTAN à une approche globale de la gestion de crise dans le cadre de l’effort de la communauté internationale, et de renforcer l’aptitude de l’OTAN à obtenir des résultats en matière de stabilisation et de reconstruction. La décision de s’engager en Afghanistan prise par l’OSCE lors de sa réunion ministérielle tenue à Madrid en novembre 2007 ouvre une nouvelle sphère de coopération entre les deux organisations dans le cadre de l'approche globale adoptée par divers acteurs internationaux.

1. L'initiative ENVSEC, à laquelle est associé le Programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité, rassemble l'OSCE, le Programme des Nations Unies pour le développement et le Programme des Nations Unies pour l'environnement.
  • Le cadre du dialogue politique

    Les relations politiques entre l’OTAN et l’OSCE sont aujourd’hui gouvernées par la « Plate-forme pour la sécurité coopérative » lancée par l’OSCE en 1999 lors du sommet d’Istanbul. À travers cette plate-forme, l’OSCE a appelé les organisations internationales dont les membres partagent ses principes et ses engagements à renforcer leur coopération et à utiliser les ressources de la communauté internationale pour rétablir la démocratie, la prospérité et la stabilité en Europe et au-delà.

    Depuis l’adoption de cette plate-forme, des experts de l'OTAN et de l'OSCE se sont rencontrés régulièrement pour examiner les questions opérationnelles et politiques d’intérêt commun concernant la prévention des conflits, la gestion des crises et les opérations de relèvement post-conflit.

    Le dialogue se poursuit également à un niveau politique plus élevé. Le secrétaire général de l'OTAN est invité occasionnellement à prendre la parole devant le Conseil permanent de l’OSCE. Le secrétaire général de l’OSCE s'est quant à lui adressé aux ambassadeurs du CPEA deux années consécutives, en 2007 et en 2008. L’OTAN participe régulièrement aux réunions annuelles du Conseil ministériel de l'OSCE en qualité d'observateur et, inversement, le Conseil de l’Atlantique Nord convie le président en exercice de l’OSCE à certaines de ses réunions.

    Ces dernières années, le dialogue s’est étendu notamment au terrorisme et aux autres nouvelles menaces pour la sécurité, questions qui sont aujourd'hui au cœur des préoccupations des deux organisations. La « stratégie de l’OSCE visant à faire face aux menaces pour la sécurité et la stabilité au XXIe siècle », adoptée en décembre 2003, rappelle à quel point il est nécessaire, dans un environnement de sécurité en constante évolution, de travailler en synergie avec d'autres organisations et institutions, en tirant profit des atouts et des forces de chacune.

    À la suite du sommet de Prague de 2002, au cours duquel les Alliés avaient exprimé leur souhait de mettre à profit la complémentarité des efforts internationaux visant à renforcer la stabilité dans la région méditerranéenne, l’OTAN et l’OSCE ont intensifié leurs échanges sur les relations qu’elles ont chacune avec les pays de la région.

  • La coopération dans les Balkans

    Les missions complémentaires des deux organisations dans la région des Balkans illustrent parfaitement la coopération pratique entre l’OTAN et l’OSCE. Dans le cadre des opérations menées dans la région des Balkans, les représentants des deux organisations sur le terrain se rencontrent régulièrement pour partager des informations et discuter des divers aspects de leur coopération.

    La Bosnie-Herzégovine

    En 1996, à la suite des accords de Dayton et de l’adoption de la résolution 1031 du Conseil de Sécurité de l’ONU (décembre 1995), l’OTAN et l’OSCE ont élaboré un programme d’action commun pour la Bosnie-Herzégovine. La Force de mise en œuvre (IFOR) puis la Force de stabilisation (SFOR), toutes deux dirigées par l’OTAN, ont apporté un soutien essentiel à la concrétisation du volet civil des accords de paix.

    L’OTAN a prêté main forte à l’OSCE en Bosnie-Herzégovine pour son action dans le domaine de la maîtrise des armements et des mesures de rétablissement de confiance et de sécurité. En assurant la sécurité du personnel de l’OSCE et de l'acheminement de l’aide humanitaire, l’OTAN a notamment contribué au bon déroulement des élections organisées sous l’égide de l’OSCE.

    Le Kosovo

    De janvier 1998 à mars 1999, l'OSCE a mis en place une Mission de vérification au Kosovo chargée de s'assurer du respect, sur le terrain, des accords de cessez-le-feu Holbrooke-Milosevic. L’OTAN a conduit en parallèle une mission de surveillance aérienne. La détérioration des conditions de sécurité a contraint la Mission de vérification à se retirer en mars 1999.

    Depuis l’adoption, en juin 1999, de la résolution 1244 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, une nouvelle mission de l’OSCE au Kosovo a été établie dans le cadre de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK). Elle est notamment chargée de superviser les avancées en matière de démocratisation, de renforcement des capacités institutionnelles et de protection des droits humains. Dans le cadre de sa mission au Kosovo, la plus vaste parmi celles qu’elle conduit actuellement, l’OSCE entretient des liens étroits avec la KFOR, qui a reçu mandat des Nations Unies d’instaurer un environnement sûr pour les activités de la communauté internationale.

    L’ex-République yougoslave de Macédoine2

    L'OTAN a également travaillé en étroite coopération avec l'OSCE dans l'ex-République yougoslave de Macédoine. Bien que la sécurité des observateurs internationaux relève au premier chef de la responsabilité du pays hôte, une force de l'OTAN a été créée en septembre 2001 afin de renforcer les mesures prises à ce titre. (L’Union européenne a officiellement pris les rênes de cette opération, rebaptisée Concordia, de mars 2003 jusqu’à son terme, en décembre 2003.)

    La sécurité aux frontières

    La coopération entre l’OTAN et l’OSCE a également porté sur la gestion et la sécurisation des frontières dans les Balkans occidentaux. Lors d’une conférence de haut niveau tenue à Ohrid, en mai 2003, cinq pays des Balkans ont souscrit à une plate-forme commune élaborée par l’UE, l’OTAN, l’OSCE et le Pacte de stabilité dans le but d’améliorer la sécurité aux frontières dans la région. Chacune des organisations soutient les participants dans les domaines qui relèvent de sa propre sphère de responsabilité.

    2. La Turquie reconnaît la République de Macédoine sous son nom constitutionnel.