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Les armes de destruction massive

Menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN)

Updated: 29 May 2026

Les armes de destruction massive (ADM), au rang desquelles les armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), comptent parmi les plus grandes menaces auxquelles l’OTAN est confrontée. Fermement déterminée à contrer ces menaces, l’Alliance s’emploie, d’une part, à renforcer ses capacités militaires et la résilience de ses sociétés de sorte à pouvoir se défendre en cas d’attaques et, d’autre part, à prévenir la prolifération des ADM par un programme politique dynamique de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération.

  • Les pays de l’OTAN cherchent constamment à développer leurs capacités de défense contre les ADM et à accroître leur résilience face aux menaces CBRN, notamment celles qui résultent du terrorisme et de la guerre. 
  • En outre, l’Alliance coopère avec un réseau étendu et diversifié de partenaires, notamment avec d’autres organisations internationales, pour mettre fin à la prolifération des ADM. La sécurité de l’OTAN repose sur des éléments politiques et sur des éléments militaires.
  • L’OTAN organise des formations et des exercices pour tester l’interopérabilité des forces alliées et les préparer à opérer dans un environnement CBRN.
  • Tant qu’il y aura des armes nucléaires, les pays de l’OTAN continueront de faire en sorte que les capacités nucléaires restent une composante clé du dispositif de dissuasion et de défense de l’Alliance. Cela étant, par rapport au niveau atteint au plus fort de la Guerre froide, l’OTAN a réduit de plus de 90 % son stock d’armes nucléaires stationnées en Europe.
  • Aucun pays de l’OTAN n’a de programme d’armes chimiques ou biologiques. L’Alliance est attachée à la maîtrise des armements, au désarmement et à la non-prolifération de toutes les ADM.

Menace ADM et menace CBRN : quelle différence ?

Selon la définition retenue par l’OTAN, le terme « arme de destruction massive » (ADM) désigne toute arme ou tout système d’arme recourant à des matières CBRN et pouvant provoquer des dégâts considérables et la perte de nombreuses vies humaines.

Le terme « matière CBRN » renvoie à toute substance chimique, biologique, radiologique ou nucléaire susceptible de représenter un danger pour les populations, le territoire ou les forces des pays de l’OTAN. Il peut notamment s’agir : 

 

  • d’une substance chimique entraînant une insuffisance respiratoire ou des lésions neurologiques ;
  • d’un agent biologique pathogène entraînant une infection, une maladie ou la mort ;
  • d’un engin radiologique disséminant des matières radioactives ;
  • d’une arme nucléaire provoquant une explosion massive et des destructions à grande échelle.

La différence entre une menace ADM et une menace CBRN relève de l’intention : une ADM est par définition pensée pour provoquer des dommages à grande échelle, tandis qu’une matière CBRN – qui désigne simplement une catégorie de substance particulière – n’est pas forcément destinée à être utilisée comme une arme, et ce, quelle qu’en soit l’origine.  

Forte de ses capacités de défense contre les ADM et les armes CBRN, l’Alliance est prête à faire face à toute menace, qu’elle soit intentionnelle ou accidentelle. C’est ainsi que, pendant la pandémie de COVID-19, les Alliés ont utilisé des équipements de défense CBRN et mis à profit l’expérience qu’ils avaient acquise au travers de leur formation à la lutte contre les menaces CBRN pour contribuer à prévenir la propagation du coronavirus. 

Une approche des ADM mobilisant tous les rouages de la société

La stratégie suivie par l’Alliance pour contrer les menaces ADM et CBRN est exposée dans la politique de défense CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire) de l’OTAN, que les Alliés ont approuvée en juin 2022. Cette stratégie indique que l’approche de l’OTAN à l’égard des ADM repose sur des éléments militaires et sur des éléments civils.

 

  • Sur le plan militaire, les Alliés développent et maintiennent en condition les capacités de défense dont ils ont besoin pour se défendre contre les menaces CBRN.
  • Sur le plan civil, ils mobilisent tous les rouages de la société au profit de la résilience nationale et collective, et veillent ainsi à ce que leurs infrastructures critiques et leurs services essentiels soient résilients face aux menaces CBRN.

L’OTAN est prête à rétablir la situation en cas d’attaque ADM ou d’événement CBRN, grâce à une approche civilo-militaire globale.

Outre ces mesures visant à se préparer à d’éventuelles attaques CBRN, les Alliés collaborent avec un vaste réseau de partenaires internationaux pour prévenir la prolifération des ADM, réduisant ainsi le risque global que représentent ces armes. 

Capacités de défense CBRN de l’OTAN

Les Alliés disposent d’un large éventail de capacités de défense CBRN : reconnaissance et décontamination CBRN, alerte et compte rendu, protection individuelle, gestion des risques CBRN, etc. Pour sa part, l’OTAN continue d’améliorer sensiblement sa posture de défense CBRN au travers de capacités multinationales telles que la Force opérationnelle multinationale interarmées de défense CBRN, le Centre d’excellence interarmées pour la défense CBRN et d’autres organismes OTAN qui l’aident à se préparer à faire face à toute menace ADM.

Force opérationnelle multinationale interarmées de défense CBRN (CJ-CBRND-TF)

La Force opérationnelle multinationale interarmées de défense CBRN est un moyen OTAN déployable qui a été conçu pour exécuter toute une série de missions de défense CBRN. Elle comprend le bataillon multinational de défense CBRN et l’équipe interarmées d’évaluation CBRN. La CJ-CBRND-TF est dirigée par un Allié, sur la base d’une rotation annuelle, et placée sous l’autorité du commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR).

Centre d’excellence interarmées pour la défense CBRN

Le Centre d’excellence interarmées pour la défense CBRN de Vyškov, en Tchéquie, a ouvert ses portes en juillet 2007. Il s’agit d’un organisme militaire international parrainé et doté en effectifs par le Canada, la Tchéquie, la France, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Il est également ouvert aux partenaires qui souhaitent devenir des pays contributeurs. L’Autriche a rejoint le Centre en 2016 en tant que premier pays contributeur.     

Le Centre offre à l’Alliance une expertise et une expérience reconnues dans le domaine de la défense CBRN. Il permet d’accroître l’interopérabilité des forces et des capacités nationales en multipliant les formations, les entraînements et les exercices au niveau multinational, en contribuant à l’élaboration de concepts, de doctrines, de procédures et de normes, ainsi qu’en testant et validant des concepts par l’expérimentation. Il contribue ainsi au processus de transformation de l’OTAN.

Le Centre comporte un élément de téléexpertise CBRN (CBRN RBE), qui a atteint sa capacité opérationnelle totale (FOC) en janvier 2016. Cette capacité fournit en temps utile aux commandants OTAN, à leurs états-majors et aux forces déployées une expertise, des évaluations et des avis CBRN scientifiques, techniques et opérationnels complets, pendant la planification et l’exécution des opérations. Le CBRN RBE, doté d’un réseau secondaire composé de diverses institutions civiles et militaires, peut, si nécessaire, fonctionner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Normalisation, formation, recherche et développement

L’OTAN élabore et améliore les documents de normalisation nécessaires, elle conduit des activités de formation et des exercices, et elle apporte les améliorations capacitaires requises dans le domaine de la défense CBRN à travers les activités de nombreux groupes, organes et institutions, parmi lesquels :

 

  • le Groupe de développement capacitaire interarmées Défense CBRN ;
  • le Groupe de travail Médecine CBRN ;
  • l’Organisation OTAN pour la science et la technologie ;
  • le Comité des partenariats et de la sécurité coopérative.

L’Alliance continue par ailleurs d’élaborer et d’améliorer les accords de normalisation OTAN qui régissent les opérations alliées menées dans un environnement CBRN. Ces accords, qui vont des normes de surveillance des maladies aux règles applicables à la limitation des mouvements de troupes, donnent des orientations sur tous les aspects de la préparation. De plus, l’Alliance organise des exercices d’entraînement et des séminaires de haut niveau, qui ont pour but de tester l’interopérabilité et de préparer le personnel civil et militaire ainsi que les forces de l’OTAN à mener des opérations dans un environnement CBRN.

Renforcement des capacités et collaboration scientifique

Le programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS) permet à l’OTAN et à ses pays partenaires de coopérer sur des questions d’intérêt commun. Cette coopération renforce leur sécurité mutuelle en facilitant les activités de recherche internationales devant permettre de relever les défis de sécurité émergents, en apportant un soutien aux opérations et missions dirigées par l’OTAN, et en aidant à développer des outils de détection précoce et de prévision des catastrophes et des crises.

Pour ce qui est de la non-prolifération des ADM et de la défense CBRN, l’objectif principal des activités SPS est de permettre à l’OTAN et à ses pays partenaires de mieux protéger leurs populations et leurs forces contre les menaces CBRN. Le programme soutient la recherche pour le développement des capacités de défense CBRN, des activités de formation et des ateliers dans les domaines suivants :

 

  • protection contre les agents CBRN, capacité d’en diagnostiquer les effets, de les détecter, de les manipuler sans risque, de les détruire, de les éliminer et de les confiner, et méthodes de décontamination ;
  • stratégies et technologies de gestion des risques et de reprise des activités ;
  • contre-mesures médicales destinées à lutter contre les agents CBRN.

Bon nombre des activités que mène l’OTAN au titre du programme SPS sont axées sur la dimension civile des technologies nucléaire, chimique et biologique. Des scientifiques de pays de l’OTAN et de pays partenaires coopèrent dans le cadre de recherches ayant des effets tangibles dans ces domaines. 

Amélioration de la résilience et de la préparation du secteur civil

Ce sont avant tout les autorités nationales qui sont responsables de la protection de la population et des infrastructures critiques face aux conséquences d’attentats terroristes, d’incidents CBRN et de catastrophes naturelles. Au sein de l’OTAN, les Alliés ont adopté des exigences de base pour la résilience nationale. Assorties d’un ensemble de directives, de critères et mesures d’évaluation ainsi que d’une boîte à outils adaptée, ces exigences de base ont pour but d’aider les Alliés à accroître leur résilience et de leur fournir des points de repère pour évaluer la préparation de leur secteur civil.

Un vaste réseau d’experts civils issus de toute la zone euro-atlantique a été constitué à l’appui de ces activités. Leur expertise couvre tous les aspects civils de la planification et des opérations de l’OTAN, y compris la gestion de crise, la gestion des conséquences et la protection des infrastructures critiques. Des experts issus de l’administration publique ou du secteur industriel participent à des formations et à des exercices, et ils répondent aux demandes d’assistance.

Contribution de l’OTAN à la non-prolifération des ADM

Les pays de l’OTAN s’emploient à empêcher la prolifération des ADM par des acteurs étatiques et non étatiques, dans le cadre d’un programme politique dynamique de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération. Au travers de la coopération avec les pays partenaires et les organisations internationales concernées, l’OTAN apporte depuis toujours un soutien ferme à la négociation et à la mise en application de plusieurs accords de maîtrise des armements et de non-prolifération.

Définitions

Bien qu’ils soient souvent employés ensemble, les termes « maîtrise des armements », « désarmement » et « non-prolifération » n’ont pas la même signification.

 

  • La maîtrise des armements désigne généralement la mise en place de restrictions ou de contrôles mutuellement agréés en ce qui concerne aussi bien la mise au point, la production, le stockage, la prolifération, le déploiement et l’utilisation d’armes de petit calibre, d’armes conventionnelles et d’ADM que le déploiement et l’emploi de troupes.
  • Le désarmement désigne l’acte – unilatéral ou réciproque – d’éliminer ou de supprimer des armes (en particulier des armes offensives) ou d’en réduire le nombre.
  • La non-prolifération désigne l’ensemble des activités visant à prévenir la mise au point et la dissémination d’armes ou à y mettre un terme par tout moyen autre que le recours à la force militaire. La non-prolifération concerne les ADM et les capacités conventionnelles, comme les missiles et les armes de petit calibre.

Adhésion des Alliés aux accords de maîtrise des armements

Tous les pays de l’OTAN sont parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui est la pierre angulaire des efforts internationaux visant à empêcher la dissémination des armes nucléaires et de la technologie des armes nucléaires ainsi qu’à atteindre l’objectif du désarmement nucléaire. Tant qu’il y aura des armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléaire. Cela étant, par rapport au niveau atteint au plus fort de la Guerre froide, l’OTAN a réduit de plus de 90 % son stock d’armes nucléaires stationnées en Europe.

Tous les pays de l’OTAN sont par ailleurs parties à la convention sur les armes chimiques (CIAC) et à la convention sur les armes biologiques ou à toxines (CABT). Aucun pays de l’Alliance n’a de programme d’armes chimiques ou biologiques. De plus, les Alliés sont déterminés à détruire les stocks d’agents chimiques et ils apportent leur soutien à plusieurs pays – partenaires et autres – à cette fin.

Activités d'ouverture internationale menées par l'OTAN

Les activités d’ouverture menées avec des partenaires, notamment des organisations internationales ou régionales, aident toutes les parties à développer une lecture commune des menaces ADM et les encouragent à participer aux initiatives internationales de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération, ainsi qu’à mettre en application les accords en la matière. En outre, la coopération internationale permet de renforcer l’action menée à l’échelle mondiale pour se défendre contre les menaces CBRN, et d’améliorer les capacités de gestion de crise et de rétablissement de la situation en cas d’emploi d’ADM contre l’Alliance ou contre ses intérêts.

Chaque année, l’OTAN organise une conférence sur la maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération dans le domaine des ADM. Cet événement unique permet à de hauts responsables nationaux de tenir des débats informels sur tous les types de menaces ADM, ainsi que sur les réponses politiques et diplomatiques qui pourraient y être apportées. Il rassemble régulièrement plus de 150 participants d’une cinquantaine de pays. Cette conférence, qui a eu lieu pour la première fois au Collège de défense de l’OTAN à Rome en 2004, se tient aussi bien dans les pays de l’Alliance que dans les pays partenaires. 

L’Alliance participe également à des conférences organisées par d’autres institutions internationales, parmi lesquelles le Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies (UNODA), l’Union européenne (UE), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ou encore la Convention sur les armes biologiques et à toxines (CABT).

Organes décisionnels

 

Les orientations et les activités de l’Alliance dans le domaine de la lutte contre la prolifération des ADM et contre les menaces CBRN relèvent de l’autorité générale du Conseil de l’Atlantique Nord, le principal organe de décision politique de l’OTAN. Le Conseil est épaulé par plusieurs comités et groupes OTAN, qui fournissent des évaluations stratégiques et formulent des avis et des recommandations quant aux orientations à suivre.

Le Groupe des plans nucléaires (NPG), organe de haut niveau responsable de la dissuasion nucléaire de l’OTAN, est l’enceinte dédiée aux consultations et à la prise de décision sur les questions nucléaires (politique, doctrine, planification, posture des forces, capacités et exercices).

Le Comité pour la résilience coordonne les activités nationales et les activités collectives en matière de résilience, et veille ainsi à ce que les Alliés aient la capacité de résilience nécessaire pour faire face aux menaces et défis, militaires ou non, pesant sur la sécurité de l’Alliance. Le Comité de la politique et des plans de défense coordonne les questions relatives à la défense en général, et notamment à la lutte contre les menaces ADM et CBRN.

Le Comité sur la maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération (ADNC) est l’organe de haut niveau pour les débats sur les initiatives politiques et les activités de défense de l’Alliance contre la prolifération des ADM. Il rassemble des responsables nationaux chargés des aspects politiques et des questions de sécurité liés à la non-prolifération, ainsi que des spécialistes des capacités militaires nécessaires pour lutter contre la prolifération des ADM, déjouer les menaces, décourager le recours aux ADM et protéger les populations, les forces et le territoire de l’Alliance. L’ADNC est présidé par un membre de la Section Maîtrise des armements, désarmement et non-prolifération des ADM (ADN), qui fait partie de la Division Affaires politiques et politique de sécurité (PASP) du Secrétariat international. Il a remplacé le Comité sur la prolifération, ancien organe consultatif de haut niveau du Conseil pour les questions en rapport avec les ADM et la défense CBRN.

Évolution

L’utilisation ou la menace d’utilisation d’ADM a eu des répercussions importantes sur l’environnement de sécurité du XXe et du début du XXIe siècles, et elle continuera d’influer sur la sécurité internationale pour un certain temps encore. L’évolution des technologies modernes et les découvertes scientifiques favorisent l’apparition d’armes encore plus destructrices.

Pendant la Guerre froide, la perspective d’une destruction mutuelle assurée faisait obstacle à l’emploi des armes nucléaires. La course aux armements nucléaires a ralenti au début des années 1970, suite à la négociation des premiers traités sur la maîtrise des armements.

Dans les années 1990, l’amélioration de l’environnement de sécurité a permis aux États dotés d’armes nucléaires de réduire considérablement leurs stocks. Toutefois, le foisonnement des connaissances et la prolifération des technologies a permis à d’autres pays de fabriquer leurs propres armes nucléaires, ce qui a étendu les risques globaux à de nouvelles parties du monde.

Au sommet de Washington de 1999, les dirigeants des pays de l’Alliance ont lancé une initiative sur les ADM pour la gestion des risques liés à la prolifération de ces armes et de leurs vecteurs. Cette initiative devait permettre de mieux comprendre les questions relatives aux ADM, de développer des moyens d’y répondre et d’améliorer le partage du renseignement et de l’information ainsi que l’état de préparation des forces armées de l’Alliance pour qu’elles puissent mener des opérations dans un environnement ADM et faire face aux menaces dans ce domaine. C’est dans le cadre de cette initiative qu’en mai 2000, l’Alliance a créé un Centre ADM au siège de l’OTAN.

Au sommet de Prague, en 2002, les Alliés ont lancé un processus de modernisation, dont l’objectif était que l’OTAN soit en mesure de relever efficacement les nouveaux défis du XXIe siècle. Ce processus prévoyait la création de la Force de réaction de l’OTAN, la rationalisation de la structure de commandement de l’Alliance ainsi qu’une série de mesures destinées à protéger les populations, les forces et le territoire des pays de l’OTAN contre les menaces CBRN.

En 2003, l’OTAN a créé le bataillon multinational de défense CBRN et l’équipe d’évaluation interarmées, qui font partie de la Force opérationnelle multinationale interarmées de défense CBRN depuis 2007.

Au sommet de Riga, en 2006, les dirigeants des pays de l’Alliance ont entériné une directive politique globale (CPG) contenant une analyse du futur environnement de sécurité ainsi que les orientations fondamentales à suivre dans le cadre de la transformation engagée par l’OTAN. Il y est clairement indiqué que la prolifération des ADM et de leurs vecteurs représente une menace majeure pour la sécurité, notamment lorsqu’elle est associée aux menaces que posent le terrorisme ou les États faillis.

En juillet 2007, l’OTAN a ouvert le Centre d’excellence interarmées pour la défense CBRN à Vyškov (Tchéquie).

Au sommet de Strasbourg-Kehl, en 2009, les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance ont entériné la politique globale de l’OTAN, au niveau stratégique, pour la prévention de la prolifération des ADM et la défense contre les menaces CBRN. Le 31 août 2009, le Conseil de l’Atlantique Nord a décidé de mettre ce document en lecture publique.

Au sommet de Lisbonne, en 2010, les dirigeants des pays de l’Alliance ont adopté un nouveau concept stratégique. Ils sont également convenus de créer un comité spécifiquement chargé de formuler des avis sur la maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération. Ce comité a entamé ses travaux en mars 2011.

Au sommet de Chicago, en 2012, les dirigeants des pays membres ont approuvé et rendu publics les résultats de la revue de la posture de dissuasion et de défense. Ce document réaffirme que l’OTAN est déterminée « à maintenir une combinaison appropriée de capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile pour la dissuasion et la défense, afin d’honorer les engagements énoncés dans le concept stratégique ».

En juin 2022, le Conseil de l’Atlantique Nord a approuvé la politique de défense CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire) de l’OTAN. En se dotant de cette politique, l’Alliance s’est engagée à disposer des capacités militaires requises pour contrer la prolifération des ADM et pour opérer efficacement, combattre et l’emporter dans n’importe quel environnement. Les Alliés se sont aussi engagés à renforcer leur défense et leur résilience nationales et collectives face aux menaces CBRN de tous types.

Dans le concept stratégique 2022, adopté par les dirigeants des pays de l’Alliance au sommet de Madrid, l’OTAN s’est engagée à continuer d’investir dans la défense CBRN, à perfectionner ses politiques, ses plans, ses activités d’entraînement et ses exercices, et à veiller à ce que la posture de dissuasion et de défense de l’Alliance tienne compte des capacités de défense CBRN.

Aux sommets qui se sont tenus plus récemment, les Alliés ont de nouveau insisté sur l’importance de la maîtrise des armements, du désarmement et de la non-prolifération, réaffirmant ainsi leur détermination à protéger l’Alliance, ses populations, son territoire et ses forces contre les menaces ADM et CBRN.