L’Initiative de coopération d'Istanbul (ICI)

  • Mis à jour le: 24 Nov. 2011 14:46

L’Initiative de coopération d’Istanbul, lancée au sommet de l’Alliance organisé dans la capitale turque en juin 2004, vise à contribuer à la sécurité à long terme aux niveaux mondial et régional par une offre de coopération pratique bilatérale entre les pays du Moyen-Orient élargi et l’OTAN dans le domaine de la sécurité.

Cette offre concerne principalement l’instauration d’une coopération pratique dans des domaines où l’OTAN peut apporter de la valeur ajoutée, notamment en matière de sécurité, avec – pour commencer – les différents États du Conseil de coopération du Golfe. À ce jour, quatre de ces pays (Bahreïn, Koweït, Qatar, Émirats arabes unis) se sont joints à l’ICI. L’Arabie saoudite et Oman ont également exprimé leur intérêt pour l’Initiative.

Cette initiative, fondée sur le principe de l’inclusivité, est cependant ouverte à tous les pays intéressés de la région du Moyen-Orient élargi qui souscrivent à ses objectifs et à son contenu, notamment la lutte contre le terrorisme et contre la prolifération des armes de destruction massive.

La participation de chaque pays intéressé sera examinée par le Conseil de l’Atlantique Nord au cas par cas et en fonction de ses mérites intrinsèques. Cette participation dépendra largement, tout comme le rythme et l’étendue de la coopération, de la réponse de chacun et du degré d’intérêt manifesté.

  • Sur quels grands principes cette initiative est-elle fondée ?

    L’ICI est fondée sur un certain nombre de principes importants :

    • La non-discrimination : les bases de la coopération avec l’OTAN sont les mêmes pour tous les partenaires de l’ICI.
    • L’autodifférenciation permet de choisir une approche adaptée aux besoins propres de chacun de nos partenaires de l’ICI. Les programmes individuels de partenariat et de coopération, en particulier, permettent aux pays de l’ICI intéressés et à l’OTAN de placer leur coopération pratique dans une démarche plus prospective et mieux ciblée, en leur donnant la possibilité d’indiquer les principaux objectifs à court et à long terme de leur coopération avec l’Alliance, conformément aux objectifs et aux politiques de l’OTAN pour l’Initiative de coopération d’Istanbul.
    • L’inclusivité : tous les pays de l’ICI devraient se considérer comme parties prenantes d’un même travail en coopération.
    • Un engagement bidirectionnel : l’ICI est un « partenariat bidirectionnel », dans lequel l’OTAN cherche à obtenir la contribution des partenaires pour assurer la réussite de l’Initiative, par le biais d'un processus de consultations régulières ; une importance particulière est accordée à la coopération pratique.
    • La non imposition : les partenaires de l’ICI sont libres de choisir le rythme et l'ampleur de leur coopération ; l'OTAN n'entend nullement leur imposer quoi que ce soit.
    • La complémentarité et le renforcement mutuel : l’ICI est complémentaire d’autres initiatives internationales pour la région, et toutes ces initiatives se renforcent mutuellement.
    • La diversité : l’Initiative de coopération d’Istanbul respecte le contexte régional, culturel et politique propre à chacun des pays partenaires, et elle en tient compte.
  • Comment cela se traduit-il dans les faits ?

    L’initiative propose une liste d’activités bilatérales parmi lesquelles les pays peuvent faire leur choix, dans divers domaines de coopération :

    1. conseils adaptés sur la transformation de la défense, l’établissement des budgets de défense, la planification de la défense et les relations civilo-militaires ;
    2. coopération entre militaires, afin de contribuer à l’interopérabilité par la participation à certains exercices militaires et à des activités de formation et d’entraînement connexes qui pourraient améliorer l’aptitude des forces des pays participants à mener des opérations avec celles de l’Alliance ; et par la participation à certains exercices de l’OTAN et du PPP et, au cas par cas, à des opérations dirigées par l’OTAN ;
    3. coopération à la lutte contre le terrorisme, y compris par le partage du renseignement ;
    4. coopération à l’action de l’Alliance contre la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs ;
    5. coopération à la sécurisation des frontières en ce qui concerne le terrorisme, les armes légères et de petit calibre, et la lutte contre les trafics illicites ;
    6. plans civils d’urgence, y compris la participation à des stages de formation et à des exercices sur les opérations de secours en cas de catastrophe.

    Les programmes individuels de partenariat et de coopération, en particulier, permettent aux pays de l’ICI intéressés et à l’OTAN de placer leur coopération pratique dans une démarche plus prospective et mieux ciblée, en leur donnant la possibilité d’indiquer les principaux objectifs à court et à long terme de leur coopération avec l’Alliance.

  • Comment cette initiative a-t-elle évolué ?

    L’OTAN apprécie pleinement la nécessité d’une large coopération internationale et d’un effort collectif pour faire face aux menaces nouvelles et complexes du monde d’aujourd’hui. C’est dans ce but qu’elle a mis en place et continue de développer, un réseau de partenariats dans le domaine de la sécurité.

    Cette initiative a été précédée d’une série de consultations de haut niveau menées par le secrétaire général délégué de l’OTAN, l’ambassadeur Minuto Rizzo, en mai, septembre et décembre 2004 avec six pays de la région (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis). Ces pays se sont tous montrés vivement intéressés par l’Initiative.

    L’ICI a été lancée au sommet des chefs d’État et de gouvernement organisé à Istanbul le 28 juin 2004.

    Après ce sommet, entre septembre et décembre 2004, le secrétaire général délégué de l’OTAN a effectué une nouvelle série de visites aux six pays membres du Conseil de coopération du Golfe afin d’examiner avec eux la voie à suivre.

    Au cours du premier trimestre 2005, trois pays (Bahreïn, Koweït, Qatar) se sont officiellement joints à l’Initiative. En juin 2005, les Émirats arabes unis s’y sont joints à leur tour.

    L’ICI s’est développée depuis lors, tant dans ses dimensions politique que pratique. Pendant que le dialogue politique évoluait jusqu’à inclure des réunions de haut niveau, la dimension pratique s’est progressivement améliorée, avec le lancement de nouveaux outils et de nouvelles activités de partenariat et grâce à la contribution de ces pays aux opérations dirigées par l’OTAN. La dimension multilatérale du partenariat a également été développée, avec la première réunion en configuration « Conseil + 4 » en novembre 2008, suivie de deux autres réunions de ce type, en 2009 et 2010.

    Depuis le sommet d’Istanbul en 2004, un menu annuel d’activités pratiques axé sur les domaines prioritaires agréés est proposé aux pays de l’ICI ; il a été progressivement amélioré. En 2007, les pays de l’ICI pouvaient choisir entre 328 activités de coopération ; aujourd’hui, en 2011, le menu propose environ 500 activités pratiques.

    L’Initiative OTAN de coopération en matière de formation (NRCI), lancée au sommet de Riga en 2007, vise à compléter les activités de coopération existantes développées dans le cadre de l’ICI, en mettant sur pied un « stage OTAN sur la coopération régionale » au Collège de défense de l’OTAN, à Rome ; ce stage de niveau stratégique, d’une durée de dix semaines, porte également sur les défis de sécurité actuels au Moyen-Orient. Les pays de l’ICI, ainsi que l’Arabie saoudite, participent activement à ces stages.

    Les pays de l’ICI ont souligné l’importance de la diplomatie publique. Les événements très médiatiques ont fait place à des discussions informelles sur des questions d’intérêt commun liées à la sécurité. Les conférences de l’ICI au niveau des ambassadeurs qui se sont tenues au Koweït en 2006, à Bahreïn en 2008 et aux Émirats arabes unis en 2009 ont rassemblé le secrétaire général, le secrétaire général délégué et les représentants permanents des 28 pays membres de l’Alliance, ainsi que des hauts responsables, des décideurs et des leaders d’opinion des pays de l’ICI ; elles ont permis d’étudier la manière dont l’OTAN est perçue dans le Golfe, ainsi que les solutions pour développer le partenariat OTAN-ICI dans ses deux dimensions. La quatrième conférence, tenue au Qatar en février 2011, était consacrée à l’approfondissement de ce partenariat.

    Le nouveau concept stratégique, adopté au sommet de Lisbonne en novembre 2010, stipule que la sécurité coopérative est l’une des tâches essentielles de l’Alliance. Il fait spécifiquement référence à l’ICI : « Nous attachons une grande importance à la paix et à la stabilité dans la région du Golfe, et nous entendons intensifier notre coopération dans le cadre de l'Initiative de coopération d'Istanbul. Nous nous emploierons à développer un partenariat de sécurité plus approfondi avec nos partenaires du Golfe et à demeurer disposés à accueillir de nouveaux partenaires au sein de l'Initiative de coopération d'Istanbul. ».

    Avec l’approbation de la nouvelle politique de partenariat à la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Alliance à Berlin, en avril 2011, tous les pays partenaires de l’OTAN auront en principe accès à la même gamme et au même nombre d’activités. Cela augmentera considérablement le nombre d’activités ouvertes aux pays de l’ICI.

    Les partenaires de l’ICI ont également démontré leur intérêt croissant à participer à des opérations dirigées par l’OTAN, en tant que prestataires de sécurité. Aujourd’hui, plusieurs partenaires de l’ICI contribuent activement à l’opération de la FIAS dirigée par l’OTAN en Afghanistan. Après le lancement de l’opération Unified Protector (OUP) en Libye, le Qatar et les Émirats arabes unis ont rapidement mis à disposition leurs moyens aériens pour appuyer l’opération, et ils ont été reconnus comme pays contributeurs, dont le rôle clé a aidé au succès de l’opération.

  • Quels sont les organismes de l’OTAN qui jouent un rôle central ?

    À la suite du lancement de l’ICI, les pays de l’OTAN ont décidé la création du Groupe sur l’Initiative de coopération d’Istanbul, composé de conseillers politiques des 28 délégations des pays membres de l’Organisation. En 2011, ce groupe a été remplacé par le Comité politique et des partenariats (PPC), responsable de tous les partenariats.

    Le Comité est chargé de définir les procédures à suivre pour dresser une liste d’activités pratiques qui pourraient être menées avec les pays intéressés, et de veiller à leur mise en œuvre. Il est également chargé de faire rapport au Conseil ou au Comité politique au niveau élevé et de préparer le terrain pour les décisions à adopter par le Conseil concernant l’ICI.

    En outre, le Comité, en configuration 28+1, associe les pays de l’ICI à l’élaboration de programmes de travail individuels et au suivi de leur mise en œuvre.