L'OTAN et l'Afghanistan

  • Mis à jour le: 20 Oct. 2014 15:08

L'objectif premier de l'OTAN en Afghanistan est d'aider les autorités afghanes à assurer efficacement la sécurité dans tout le pays et de veiller à ce qu'il ne puisse plus jamais redevenir un sanctuaire pour les terroristes. Depuis août 2003, la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) dirigée par l'OTAN conduit des opérations de sécurité, tout en se consacrant également à la formation et au développement des forces de sécurité nationales afghanes (ANSF). La FIAS a été créée en réponse à une demande d'assistance de la part des autorités afghanes et sous mandat de l'ONU. À la fin 2014, la FIAS achèvera sa mission, comme prévu et comme convenu avec les autorités afghanes. Toutefois, le soutien se poursuivra au profit du développement des forces et des institutions de sécurité afghanes, de même que la coopération élargie avec l’Afghanistan.

En 2011, comme convenu avec les autorités afghanes, un processus de transition vers la prise en charge, par les forces et les institutions de sécurité afghanes, de la pleine responsabilité de la sécurité a été lancé. Ce processus se déroule comme prévu et devrait se terminer fin 2014, lorsque la mission de la FIAS arrivera à son terme.

Le 4 septembre 2014, au sommet de l’OTAN au pays de Galles, les dirigeants des pays contribuant à la FIAS ont souligné leur engagement à continuer d’apporter un soutien à l’Afghanistan après 2014, et ce de trois façons. Premièrement, les Alliés et les partenaires de l'OTAN sont prêts à lancer une nouvelle mission, une mission non combattante (baptisée « Resolute Support ») visant à dispenser formation, conseil et assistance aux forces et aux institutions de sécurité afghanes. Suite à la signature de la Convention sur le statut des forces entre l’OTAN et l’Afghanistan le 30 septembre 2014, le cadre juridique requis pour la mission Resolute Support est à présent en place. Cette nouvelle mission sera inaugurée le 1er janvier 2015. Deuxièmement, les Alliés et les partenaires de l’OTAN ont renouvelé leurs engagements financiers en vue de soutenir les ANSF, y compris jusqu’à la fin de 2017. Troisièmement, les dirigeants de l’OTAN ont réaffirmé leur attachement à un partenariat durable entre l’OTAN et l’Afghanistan, en renforçant les consultations politiques et la coopération pratique. Le partenariat durable OTAN-Afghanistan a été signé en 2010 au sommet de l’OTAN à Lisbonne.

Le haut représentant civil de l’OTAN en Afghanistan met en œuvre les objectifs politico-militaires de l’Alliance dans ce pays, en liaison avec le gouvernement afghan, la société civile et les représentants de la communauté internationale et des pays voisins.

  • La mission de la FIAS

    Déployée en 2001 – initialement sous la direction de certains Alliés sur la base d'une rotation semestrielle – la FIAS a été chargée, à la demande du gouvernement afghan et sous mandat de l'ONU, d'aider le gouvernement afghan à maintenir la sécurité, dans un premier temps à Kaboul et dans les alentours exclusivement. L'OTAN ayant accepté de prendre le commandement de la force en août 2003, le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé l'extension progressive des opérations de la FIAS à l'ensemble du pays. La FIAS est présente dans le pays à la demande expresse des autorités afghanes.

    En septembre 2014, 48 pays, dont 21 partenaires non membres de l'OTAN, fournissent des contingents à la mission. (Pour de plus amples informations sur les pays contributeurs et sur les effectifs, consultez la carte ci‑contre.)

    Dans le cadre de l’action globale de la communauté internationale, la FIAS travaille à créer les conditions devant permettre au gouvernement afghan d'exercer son autorité dans tout le pays, ce qui implique notamment le développement de forces de sécurité nationales afghanes (ANSF) professionnelles et performantes. Ce faisant, elle contribue à créer un environnement sûr, propice à une amélioration de la gouvernance et du développement socio-économique et à l'instauration d'une stabilité durable dans tout le pays.

  • La transition vers la prise en charge par les Afghans de la responsabilité en matière de sécurité et l'après 2014

     

    D'ici fin 2014, les forces de sécurité nationales assumeront l'entière responsabilité de la sécurité de la population et du territoire afghans, et la mission de la FIAS prendra fin. Lancé en 2011, le processus de transition vers la prise en charge par les Afghans de la pleine responsabilité de la sécurité – connu sous le nom d'Inteqal en dari et en pashto – progresse bien. Suite au lancement de la cinquième et dernière tranche de la transition, en juin 2013, les forces afghanes ont pris la direction des opérations de sécurité dans tout le pays.

    Le renforcement des compétences et des cadres des ANSF a permis à la mission de la FIAS d'évoluer, pour passer progressivement d'un rôle de combat à un rôle plus axé sur la facilitation, privilégiant la formation, le conseil et l'assistance des ANSF, afin de s'assurer qu'elles sont en mesure d'assumer pleinement leurs responsabilités de sécurité d'ici à la fin de la transition. La FIAS continue d'apporter un appui tactique, si nécessaire, tout en poursuivant le désengagement de ses forces, d'une manière mesurée, coordonnée et cohérente, jusqu'au terme prévu de la transition, à la fin de 2014.

    L'engagement de l'OTAN en Afghanistan après l'achèvement du processus de transition est ferme. Au sommet de l'OTAN à Chicago, en mai 2012, les Alliés ont approuvé une mission de suivi « non combattante » dirigée par l'OTAN, afin de continuer à soutenir le développement des forces de sécurité afghanes après 2014. Cet engagement a été réaffirmé au sommet 2014 de l’OTAN au pays de Galles. La mission dirigée par l'OTAN après 2014 ne sera pas une mission de combat. Il s'agira d'une mission de formation, de conseil et d'assistance destinée aux ministères et institutions nationales en charge de la sécurité, ainsi qu'aux échelons supérieurs de commandement de l'armée et de la police à travers tout l’Afghanistan. Le plan d'opération détaillé pour Resolute Support a été approuvé par les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTAN et des pays partenaires fin juin 2014. Le cadre juridique de la nouvelle mission est formalisé dans une Convention sur le statut des forces (SOFA), qui a été signée à Kaboul le 30 septembre 2014 par le conseiller afghan à la sécurité nationale, au nom du nouveau président, et par le haut représentant civil de l’OTAN en Afghanistan (pour plus d’informations sur la mission Resolute Support, cliquez ici). La mission Resolute Support sera menée initialement avec un effectif de 12 000 hommes environ, qui seront fournis par les pays alliés et les pays partenaires et qui seront répartis entre un pôle principal (Kaboul/Bagram) et quatre satellites (Mazar-i-Charif, Herat, Kandahar et Jalalabad). Au sommet de Chicago, les dirigeants des pays de l’Alliance et des pays partenaires se sont engagés à jouer leur rôle dans le soutien financier des ANSF après 2014. Cet engagement a lui aussi été réaffirmé au sommet de l’OTAN au pays de Galles. C'est à la communauté internationale dans son ensemble qu'il revient de contribuer au financement de cet effort. L'OTAN prend part à ce processus, en contribuant à l'élaboration des mécanismes de financement et des dispositions en matière de paiement qui soient appropriés, cohérents et efficaces pour tous les éléments concernés des ANSF.

    Une coopération élargie et des consultations politiques entre l'OTAN et l'Afghanistan au-delà de 2014 se mettent par ailleurs en place dans le cadre du partenariat durable OTAN-Afghanistan, conformément à la déclaration cosignée avec le gouvernement afghan au sommet de l'OTAN à Lisbonne en 2010 (voir ci‑dessous).

    Le maintien de l'engagement de l'OTAN envers l'Afghanistan après 2014 continuera de s'inscrire dans l'action collective de la communauté internationale. À la conférence sur l'Afghanistan qui s'est tenue à Tokyo en juillet 2012 (déclaration de Tokyo), la communauté internationale au sens large et le gouvernement afghan ont jeté les bases du développement durable de l'Afghanistan, compte tenu de l'après-2014. À cette conférence, le gouvernement afghan a en outre pris des engagements clairs, s’agissant des progrès à accomplir dans une série de domaines, notamment : organiser des élections inclusives, transparentes et crédibles ; lutter contre la corruption et améliorer la gouvernance ; respecter la Constitution, en particulier les droits de l'homme ; et faire régner l'état de droit (annexe à la déclaration de Tokyo sur la responsabilisation mutuelle).
  • Développer les compétences des forces de sécurité nationales afghanes

    Le développement de forces de sécurité nationales afghanes professionnelles, performantes et autonomes est un élément fondamental des efforts déployés par la FIAS et l'objectif premier de la mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A). Cela permet de mettre en œuvre le processus de transition jusqu'à la fin 2014, mais aussi d'orienter l'engagement de l'OTAN envers l'Afghanistan sur le long terme. La FIAS a aidé à constituer à partir de rien des ANSF fortes de quelque 350 000 soldats et policiers. Depuis sa création en 2002, l'armée nationale afghane (ANA) est passée d'une force axée sur l'infanterie à une armée à part entière comprenant à la fois des éléments de combat et des capacités facilitatrices – comme la police militaire, le renseignement, l'ouverture d'itinéraires, l'appui tactique, les services de santé, l'aviation et la logistique. La police nationale afghane (ANP) a vu son rôle évoluer de la lutte contre l'insurrection vers une fonction de police civile, qui s'accompagne du développement de diverses capacités allant des enquêtes criminelles au contrôle de la circulation. Quant à l'armée de l'air afghane, elle dispose d’effectifs (personnels navigant, de maintenance et de soutien) et d’une flotte (aéronefs à voilure fixe et à voilure tournante) en expansion constante.

    Aujourd'hui, les ANSF mènent 95 % des opérations conventionnelles et 98 % des opérations spéciales.

    Le développement de forces de sécurité afghanes autonomes est et reste une priorité pour l’OTAN. C’est la raison pour laquelle l’Alliance reste déterminée à soutenir l’Afghanistan après 2014.

    Le rôle de l'OTAN en Afghanistan en matière de formation, de mentorat et de conseil

    Créée le 21 novembre 2009, la mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A) regroupe les activités de formation menées par l'OTAN et par les pays. Elle travaille en partenariat étroit avec les ministères afghans de la Défense et de l'Intérieur, ainsi qu'avec la Mission de police de l’Union européenne en Afghanistan (EUPOL).

    Les tâches essentielles assignées à la NTM-A à sa création étaient, entre autres, la formation et le mentorat des ANSF, le soutien au socle de la formation institutionnelle de l'ANA, et la réforme de l'ANP au niveau des districts et plus localement. La NTM-A visait aussi à combler les lacunes de l'ANA pour ce qui est des capacités facilitatrices (notamment appui aérien rapproché, évacuation sanitaire et renseignement) au travers de programmes de type « formation des formateurs ».

    Les activités de la NTM-A sont complémentaires de celles du Commandement interarmées de la FIAS (IJC), qui est responsable de la formation des unités des ANSF déployées, et ce au travers d'équipes de conseil et d'assistance. Au départ, il s'agissait des équipes de liaison et de mentorat opérationnels (OMLT) et des équipes de liaison et de mentorat opérationnels pour la police (POMLT). Celles-ci ont évolué progressivement pour devenir des équipes consultatives militaires (MAT) et des équipes consultatives de police (PAT), respectivement. L'ensemble des équipes sur place sont désormais appelées de façon générique « équipes d'assistance aux forces de sécurité (SFAT) ».

    À mesure que les effectifs et les compétences des ANSF s’étoffaient, la NTM-A a été réorganisée, et ses fonctions s’exercent maintenant sous le commandement de l’IJC. Les forces de sécurité afghanes prenant désormais elles-mêmes en charge l’essentiel de leur formation, les initiatives de renforcement des capacités sont à présent recentrées sur le conseil au niveau ministériel.

  • Le partenariat durable entre l'OTAN et l'Afghanistan

    Au sommet de 2010, l'Alliance et l'Afghanistan ont réaffirmé leurs liens à long terme par la signature d'une déclaration de partenariat durable. Ce document fournit un cadre pour des consultations politiques et une coopération pratique à long terme entre l'OTAN et l'Afghanistan après 2014. Le premier ensemble d'activités à mener dans le cadre du partenariat durable, approuvé par les ministres des Affaires étrangères en avril 2011, regroupe un certain nombre d'initiatives qui, avant, étaient menées séparément. Au fil du temps, le partenariat durable sera adapté en fonction de l'évolution de la nature de la mission de l'OTAN et de ses relations avec l'Afghanistan.

    Aujourd'hui, la coopération dans le cadre du partenariat durable prend notamment les formes suivantes :

    • des activités de renforcement des capacités, telles que les programmes de formation militaire professionnelle ;
    • le programme pour le développement de l'intégrité, qui offre des outils permettant de renforcer l'intégrité, la transparence et la responsabilité et de réduire le risque de corruption dans les secteurs de la défense et de la sécurité en contribuant au processus de normalisation du secteur de l'aviation civile en Afghanistan ; 
    • le projet SOIE-Afghanistan, qui permet aux universités et institutions gouvernementales afghanes de Kaboul de disposer à un prix raisonnable de connexions internet à haut débit par satellite et par fibre optique ;
    • une formation aux plans civils d'urgence et à la préparation aux catastrophes ;
    • une action de diplomatie publique visant à faire mieux comprendre l'OTAN et son rôle en Afghanistan.
  • La collaboration avec les partenaires

    Relever les défis de l'Afghanistan nécessite une approche globale incluant les acteurs civils et militaires et visant non seulement à assurer la sécurité, mais aussi à promouvoir la bonne gouvernance, l'état de droit et le développement à long terme. L'Alliance joue un rôle de soutien auprès du gouvernement afghan et travaille en étroite coordination avec d'autres partenaires internationaux, dont la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan, la Banque mondiale, l'Union européenne et le secteur du développement.