Les armes de destruction massive

  • Mis à jour le: 05 Jul. 2016 17:06

La prolifération des armes nucléaires, d’autres armes de destruction massive (ADM) et de leurs vecteurs pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité et la prospérité mondiales. Au cours des dix années à venir, cette prolifération se manifestera avec le plus d'acuité dans certaines des régions les plus instables du monde.

Radiation hazard sign. Computer artwork of an exploding symbol for radiation.

(© Science Photo Library / Van Parys Media )


Points principaux

  • Les pays membres de l'OTAN s'emploient à prévenir la prolifération des ADM au travers d'un programme politique dynamique de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération.
  • Le Centre de non-prolifération des ADM, situé au siège de l'OTAN, renforce le dialogue entre les Alliés, évalue les risques et soutient les activités de défense, afin que l'Alliance soit mieux préparée à répondre à l'emploi d'ADM ou d'agents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN).
  • L'OTAN renforce ses capacités à se défendre contre des attaques CBRN, y compris dans le cadre d'attaques terroristes.
  • L'OTAN organise des formations et des exercices visant à tester l'interopérabilité des forces et à les préparer à opérer dans un environnement CBRN.

Pour en savoir plus

  • Les initiatives de l’OTAN dans le domaine des ADM

    Les pays de l’OTAN s’emploient activement à empêcher la prolifération des ADM par des acteurs étatiques et non étatiques, dans le cadre d'un programme politique dynamique de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération ; ils développent et harmonisent les capacités de défense et, au besoin, ils emploient ces capacités conformément aux décisions politiques prises à l'appui des objectifs de non-prolifération. La sécurité de l'OTAN repose sur des éléments politiques et sur des éléments de défense.

    L’OTAN est prête à rétablir la situation en cas d’attaque ADM ou d’événement chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN), grâce à une approche politique, militaire et civile globale.

    Bien que des progrès notables aient été accomplis, il reste d'importants défis à relever.

    En 1999, l’Alliance a intensifié ses activités dans ce domaine, avec le lancement de l’initiative sur les ADM. Cette initiative avait pour vocation d’intégrer les dimensions politique et militaire des activités menées par l’Alliance en réponse à la prolifération des ADM. Depuis lors, les Alliés continuent de renforcer et d’étendre la contribution de l’OTAN aux activités de non-prolifération conduites à l’échelle mondiale. En particulier, ils soutiennent fermement divers régimes de maîtrise des armements et de non-prolifération, et ils organisent des activités d'ouverture avec les pays partenaires et avec les organisations internationales concernées. Les Alliés développent par ailleurs les capacités de défense de l’OTAN face aux risques que représentent les ADM, et ils continuent d’améliorer l’état de préparation du secteur civil et les capacités de gestion des conséquences en cas d'emploi d’ADM ou encore d’attaque ou d’accident CBRN.

    Le Centre de non-prolifération des ADM

    Le Centre de non-prolifération des ADM a ouvert ses portes en mai 2000. Il est le fruit de l’initiative sur les ADM approuvée au sommet de Washington, en avril 1999. Il est intégré à la Division Défis de sécurité émergents (ESC) du siège de l’OTAN et est composé d'experts nationaux et de membres du Secrétariat international de l'OTAN.

    Les activités principales du Centre consistent à renforcer le dialogue sur les questions liées aux ADM, à intensifier les consultations sur les activités de non-prolifération et à évaluer les risques. Il soutient en outre les initiatives de défense qui permettent à l'Alliance d'être mieux à même de faire face aux risques que représentent les ADM et leurs vecteurs ainsi qu'aux nouvelles menaces hybrides et à celles que posent les acteurs non étatiques.

    L’amélioration des capacités de défense CBRN

    L'OTAN continue d'améliorer sensiblement sa posture de défense CBRN, avec la mise en place de la force opérationnelle multinationale interarmées de défense CBRN (CJ‑CBRND-TF), de la capacité OTAN de téléexpertise CBRN, du Centre d'excellence interarmées pour la défense CBRN (JCBRND COE), du Centre d'excellence pour la défense contre le terrorisme (DAT COE) et d'autres centres d'excellence et agences qui aident l'Organisation à faire face à la menace ADM. Les Alliés ont investi des ressources considérables dans les capacités d’alerte et de compte rendu, de protection individuelle et de gestion des risques CBRN.

    La force opérationnelle multinationale interarmées de défense CBRN (CJ-CBRND-TF)

    La force opérationnelle multinationale interarmées de défense CBRN de l’OTAN a été mise en place pour exécuter la gamme complète des missions de défense CBRN. Elle comprend le bataillon multinational de défense CBRN et l'équipe d'évaluation interarmées.

    La CJ-CBRND-TF est dirigée par un Allié, sur la base d’une rotation annuelle. Normalement, elle opère dans le cadre de la Force de réaction de l’OTAN (NRF) – une force multinationale chargée de réagir rapidement aux crises naissantes, dans tout le spectre des missions de l’Alliance. Toutefois, la CJ-CBRND-TF peut, si nécessaire, intervenir indépendamment de la NRF pour exécuter d’autres tâches, par exemple pour venir en aide aux autorités civiles dans des pays membres de l’OTAN.

    Le Centre d’excellence interarmées pour la défense CBRN (JCBRND COE)

    Le JCBRND COE de Vyskov, en République tchèque, a ouvert ses portes en juillet 2007. Il s’agit d’un organisme militaire international parrainé et pourvu en personnel par la République tchèque, la France, l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Il est également ouvert aux partenaires qui souhaitent devenir des pays contributeurs.

    Le Centre offre à l'Alliance une expertise et une expérience reconnues dans le domaine CBRN. Il permet d’accroître l’interopérabilité et d'augmenter les capacités en multipliant les activités de formation et d’entraînement et les exercices au niveau multinational, en contribuant à l’élaboration de concepts, de doctrines, de procédures et de normes, et en testant et validant des concepts par l'expérimentation. Il contribue donc au processus de transformation de l'OTAN.

    Le Centre comporte un élément de téléexpertise CBRN (CBRN RBE), qui a atteint sa capacité opérationnelle totale (FOC) en janvier 2016. Cette capacité fournit en temps utile aux commandants OTAN, à leurs états-majors et aux forces déployées une expertise, des évaluations et des avis CBRN scientifiques (techniques) et opérationnels complets, pendant la planification et l’exécution des opérations. Le CBRN RBE, doté d'un réseau secondaire composé de diverses institutions civiles et militaires, peut, si nécessaire, fonctionner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

    La normalisation, la formation, la recherche et le développement

    L’OTAN élabore et améliore les documents de normalisation nécessaires, elle conduit des activités de formation et des exercices, et elle apporte les améliorations capacitaires requises dans le domaine de la défense CBRN à travers les activités de nombreux groupes, organes et institutions, parmi lesquels :

    • le Groupe de travail Médecine CBRN ;
    • le Groupe de développement capacitaire interarmées Défense CBRN ;
    • l’Organisation OTAN pour la recherche et la technologie ;
    • le Comité politique et des partenariats (qui se charge désormais des tâches d'élaboration et de mise en œuvre des activités scientifiques, conduites auparavant sous les auspices du Comité pour la science au service de la paix et de la sécurité).

    L'Alliance continue par ailleurs d'élaborer et d'améliorer les accords de normalisation OTAN qui régissent les opérations alliées menées dans un environnement CBRN. Ces accords, qui vont des normes de surveillance des maladies aux règles applicables à la limitation des mouvements de troupes, donnent des orientations sur tous les aspects de la préparation. De plus, l’OTAN organise des exercices d’entraînement et des séminaires de haut niveau, qui ont pour but de tester l'interopérabilité et de préparer ses dirigeants et ses forces à mener des opérations dans un environnement CBRN.

    Le renforcement des capacités et la collaboration scientifique

    Le programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS) permet à l'OTAN et à ses pays partenaires de coopérer sur des questions d'intérêt commun en vue de renforcer leur sécurité mutuelle. Le programme SPS facilite à cette fin les activités de recherche internationales devant permettre de relever les défis de sécurité émergents, il apporte un soutien aux opérations et missions dirigées par l'OTAN, et il aide à développer des outils de détection précoce et de prévision des catastrophes et des crises.

    Pour ce qui est de la non-prolifération des ADM et de la défense CBRN, l'objectif principal des activités SPS est de permettre à l'OTAN et à ses pays partenaires de mieux protéger leurs populations et leurs forces contre les menaces CBRN. Le programme soutient la recherche pour le développement des capacités de défense CBRN, des activités de formation et des ateliers dans les domaines suivants :

    • la protection contre les agents CBRN, et la capacité d'en diagnostiquer les effets, de les détecter, de les détruire, de les éliminer et de les confiner, ainsi que les méthodes de décontamination ;
    • les stratégies et technologies de gestion des risques et de reprise des activités ;
    • les contre-mesures médicales destinées à lutter contre les agents CBRN.

    La maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération

    La maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération sont des outils essentiels pour prévenir l'emploi des ADM ainsi que la propagation de ces armes et de leurs vecteurs. C'est la raison pour laquelle les Alliés continueront de soutenir les nombreuses initiatives prises dans les domaines mentionnés ci-dessus, en se fondant toujours sur le principe de la garantie d'une sécurité non diminuée pour tous les pays membres de l'Alliance.

    Depuis la fin de la Guerre froide, l'OTAN a radicalement réduit le nombre d'armes nucléaires stationnées en Europe et sa dépendance à l'égard de ces armes dans sa stratégie. Aucun pays de l’Alliance n’a de programme d’armes chimiques ou biologiques. De plus, les Alliés sont déterminés à détruire les stocks d'agents chimiques et ils apportent leur soutien à plusieurs pays, partenaires et autres, à cette fin.

    Les pays membres de l'OTAN aspirent résolument à un monde plus sûr pour tous et à réunir les conditions nécessaires pour un monde sans armes nucléaires, conformément à l'objectif du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. C’est pourquoi l’Alliance s'emploiera à réunir les conditions nécessaires pour de nouvelles réductions. La mise en application du nouveau Traité sur la réduction des armes stratégiques (START) constitue une étape importante vers la réalisation de cet objectif.

    L’amélioration de l’état de préparation du secteur civil

    Ce sont avant tout les autorités nationales qui sont responsables de la protection de la population et des infrastructures critiques face aux conséquences d'attentats terroristes, d'incidents CBRN et de catastrophes naturelles. Au sein de l'OTAN, les Alliés ont approuvé des exigences de base en matière de résilience nationale, et ils élaborent actuellement des directives pour aider les pays à les remplir. L'Alliance sert également d'enceinte pour l'échange des meilleures pratiques et des enseignements tirés, dans le but d'améliorer l'état de préparation et la résilience des pays.

    Un réseau de 380 experts civils issus de toute la zone euro-atlantique a été constitué à l'appui de ces activités. Leur expertise couvre tous les aspects civils de la planification et des opérations de l’OTAN, y compris la gestion de crise, la gestion des conséquences et la protection des infrastructures critiques. Issus de l'administration publique ou du secteur industriel, ces experts participent à des formations et des exercices, et ils répondent aux demandes d'assistance.

    Sous les auspices du Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC), les Alliés ont dressé l'inventaire des capacités civiles et militaires nationales qui pourraient être mises à disposition pour aider des pays frappés par un attentat terroriste CBRN. Créé à l'origine en 1998 pour coordonner les réactions aux catastrophes d'origine naturelle ou humaine, l'EADRCC est également chargé, depuis 2001, de la coordination des réactions aux attentats terroristes qui seraient commis au moyen d'agents CBRN. Il organise des exercices internationaux de grande envergure sur le terrain afin de tester, dans le cadre de simulations, les réactions aux situations de catastrophe ainsi que les mesures de gestion des conséquences.

    La coopération avec les partenaires

    L’Alliance s’emploie activement à renforcer la sécurité internationale en nouant des partenariats avec les pays et les autres organisations internationales appropriés. Les programmes de partenariat de l’OTAN visent donc à offrir un cadre efficace pour le dialogue, la consultation et la coordination. Ils contribuent ainsi activement aux activités menées par l’OTAN dans les domaines de la maîtrise des armements, de la non-prolifération et du désarmement.

    Le Conseil de partenariat euro-atlantique, la Commission OTAN-Ukraine, la Commission OTAN-Géorgie et le Dialogue méditerranéen sont autant d’exemples d’instances de coopération. L’OTAN consulte également les pays de la région du Moyen-Orient élargi qui participent à l’Initiative de coopération d’Istanbul, ainsi que les partenaires mondiaux.

    Les activités d’ouverture internationales

    Les activités d'ouverture menées avec des pays partenaires et des organisations internationales ou régionales contribuent au développement d'une perception commune de la menace ADM et encouragent la participation aux initiatives internationales de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération ainsi que le respect des obligations souscrites en la matière. Elles permettent en outre de renforcer l’action menée à l’échelle mondiale pour se protéger et se défendre contre les menaces CBRN, et d’améliorer les capacités de gestion de crise et de rétablissement de la situation en cas d'emploi d'ADM contre l'Alliance ou contre ses intérêts.

    Les activités d'ouverture et de coopération de l'OTAN avec l’Organisation des Nations Unies (ONU), avec l'Union européenne (UE) et avec d'autres organisations régionales, et les initiatives multilatérales qui traitent de la prolifération des ADM revêtent une importance particulière. Une coopération continue avec des organisations régionales telles que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) peut contribuer aux efforts déployés pour inciter les États membres à se conformer aux accords internationaux applicables.

    Concrètement, l’OTAN organise chaque année une conférence sur la non-prolifération, à laquelle participent un grand nombre de pays non membres de l’Organisation issus des six continents. Cette conférence annuelle s'est tenue à Doha en mars 2015, le Qatar étant le deuxième pays partenaire à l'accueillir. Elle a rassemblé plus de 150 participants, dont de hauts responsables de pays de l'OTAN et de pays partenaires, ainsi que des représentants d'organisations internationales. Cet événement occupe une place unique parmi les activités des institutions internationales dans le domaine de la non-prolifération, car il permet aux hauts responsables nationaux de tenir des débats informels sur tous les types de menaces ADM ainsi que sur les réponses politiques et diplomatiques qui pourraient leur être apportées. Une autre session fructueuse s'est tenue à Ljubljana (Slovénie) en mai 2016 et, en 2017, la conférence se déroulera en Finlande, un pays partenaire de l'OTAN.

    L’Alliance participe également à des conférences sur cette question organisées par d'autres institutions internationales, parmi lesquelles le Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies, l'UE, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, la Convention sur les armes biologiques et à toxines, l’OSCE, etc.

    Bon nombre des activités que mène l’OTAN au titre du programme SPS sont axées sur la dimension civile des technologies nucléaire, chimique et biologique. Des scientifiques de pays de l’OTAN et de pays partenaires creusent actuellement les domaines susceptibles d’influer sur ces activités. Le déclassement et l’élimination des ADM ou de leurs composants, la manipulation sans risque des matières, les techniques de mise en œuvre de la maîtrise des armements, ou encore la détection des agents CBRN font partie de ces domaines de recherche.

  • Les organes décisionnels

    Les orientations et les activités de l'Alliance dans le domaine de la lutte contre la prolifération des ADM relèvent de l'autorité générale du Conseil de l’Atlantique Nord, le principal organe de décision politique de l’OTAN. Le Conseil est épaulé par plusieurs comités et groupes OTAN, qui fournissent des évaluations stratégiques et formulent des avis et des recommandations quant aux orientations à suivre.

    Le Comité sur la prolifération est l'organe consultatif de haut niveau pour les débats sur les initiatives politiques et les activités de défense de l'Alliance contre la prolifération des ADM. Il rassemble de hauts responsables nationaux chargés des aspects politiques et des questions de sécurité liés à la non-prolifération, ainsi que des spécialistes des capacités militaires nécessaires pour décourager la prolifération des ADM, pour déjouer les menaces, pour prévenir l’emploi d'ADM, ainsi que pour protéger les populations, le territoire et les forces de l’Alliance. Le Comité sur la prolifération est présidé par le Secrétariat international de l'OTAN lorsqu'il examine les aspects politico-militaires de la prolifération, et il est placé sous la direction de coprésidents nationaux pour les questions de défense.

  • Évolution

    L’emploi ou la menace d'emploi d'ADM a eu des répercussions importantes sur l'environnement de sécurité du XXe siècle, et elle continuera d’influer sur la sécurité internationale pour un certain temps encore. L'évolution des technologies modernes et les découvertes scientifiques favorisent l’apparition d’armes encore plus destructrices.

    Pendant la Guerre froide, la perspective d'une destruction mutuelle assurée faisait obstacle à l'emploi des armes nucléaires. La course aux armements nucléaires a ralenti au début des années 1970, suite à la négociation des premiers traités sur la maîtrise des armements.

    Dans les années 1990, l’amélioration de l’environnement de sécurité a permis aux États dotés d'armes nucléaires de réduire considérablement leurs stocks. Toutefois, la prolifération des connaissances et des technologies a permis à d’autres pays de fabriquer leurs propres armes nucléaires, ce qui a étendu les risques globaux à de nouvelles parties du monde.

    Au sommet de Washington, en 1999, les dirigeants des pays alliés ont lancé une initiative sur les ADM pour la gestion des risques liés à la prolifération de ces armes et de leurs vecteurs. Cette initiative devait permettre de mieux comprendre les questions relatives aux ADM, de développer des moyens d'y répondre, d'améliorer le partage du renseignement et de l’information ainsi que l'état de préparation des forces armées de l’Alliance pour qu'elles puissent mener des opérations dans un environnement ADM et faire face aux menaces dans ce domaine. C'est ainsi qu'en 2000, le Centre de non‑prolifération des ADM a été établi au siège de l’OTAN, à Bruxelles.

    Au sommet de Prague, en 2002, les Alliés ont lancé un processus de modernisation, dont l'objectif était que l’OTAN soit en mesure de relever efficacement les nouveaux défis du XXIe siècle. Ce processus prévoyait la création de la Force de réaction de l'OTAN, la rationalisation de la structure de commandement de l'Alliance ainsi qu'une série de mesures destinées à protéger les forces, la population et le territoire des pays de l'OTAN contre les menaces CBRN.

    En 2003, l'OTAN a créé le bataillon multinational de défense CBRN et l’équipe d’évaluation interarmées, qui font partie de la force opérationnelle multinationale interarmées de défense CBRN depuis 2007.

    Au sommet de Riga, en 2006, les Alliés ont entériné une directive politique globale (CPG) qui contient une analyse du futur environnement de sécurité ainsi que les orientations fondamentales à suivre dans le cadre de la transformation de l’OTAN en cours. Il y est clairement indiqué que la prolifération des ADM et de leurs vecteurs représente une menace majeure pour la sécurité, notamment lorsqu'elle est associée aux menaces que posent le terrorisme ou les États faillis.

    En juillet 2007, l’OTAN a ouvert le Centre d'excellence interarmées pour la défense CBRN à Vyskov (République tchèque).

    En avril 2009, les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN ont entériné la « politique globale de l'OTAN, au niveau stratégique, pour la prévention de la prolifération des ADM et la défense contre les menaces CBRN ». Le 31 août 2009, le Conseil de l’Atlantique Nord a décidé de mettre ce document en lecture publique.

    Au sommet de Lisbonne, en novembre 2010, les dirigeants des pays de l'Alliance ont adopté un nouveau concept stratégique. Ils sont également convenus, à Lisbonne, de créer un comité spécifiquement chargé de formuler des avis sur la maîtrise des armements et sur le désarmement. Ce comité a entamé ses travaux en mars 2011.

    En mai 2012, au sommet de Chicago, les dirigeants des pays de l’OTAN ont approuvé et rendu publics les résultats de la revue de la posture de dissuasion et de défense. Ce document réaffirme que l'OTAN est déterminée « à maintenir une combinaison appropriée de capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile pour la dissuasion et la défense, afin d'honorer les engagements énoncés dans le concept stratégique ». Il a également été rappelé au sommet de Chicago que « la maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération jouent un rôle important dans la réalisation des objectifs de sécurité de l'Alliance », et les Alliés continueront par conséquent d’appuyer les efforts en ce sens.

    Les chefs d’État et de gouvernement des pays de l'Alliance ont en outre souligné que « la prolifération menace notre vision commune qui est de créer les conditions nécessaires à un monde sans armes nucléaires, conformément aux objectifs énoncés dans le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ».

    La déclaration du sommet du pays de Galles de septembre 2014 a réaffirmé ce qui précède.

    Au sommet de Varsovie, en 2016, les Alliés ont déclaré qu’ils feraient en sorte que l'OTAN reste préparée, tant sur le plan stratégique que sur le plan opératif, au travers de politiques, de plans et de capacités, à contrer un large éventail de menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), qu'elles soient le fait d'États ou d'acteurs non-étatiques.