Programme de travail pour la défense contre le terrorisme (DAT)

  • Mis à jour le: 12 Aug. 2014 09:34

L'OTAN développe actuellement de nouvelles technologies et capacités de pointe afin de protéger les militaires et les civils contre des attaques terroristes. Le programme de travail pour la défense contre le terrorisme (DAT) a pour objet de prévenir les attaques non conventionnelles, comme les attentats suicide par engins explosifs improvisés (EEI), et d'atténuer d'autres risques, comme les attaques contre les infrastructures critiques.

Compte tenu du caractère urgent de la menace, la plupart des projets lancés dans le cadre de ce programme sont axés sur la recherche de solutions pouvant être mises en œuvre rapidement. Le programme vise à répondre aux besoins militaires critiques et à remédier aux insuffisances de l'Alliance. Son évolution suit les toutes dernières directives politiques données dans le Concept stratégique 2010 et dans la déclaration du sommet de Lisbonne de 2010.  Le programme prend en compte les nouvelles lignes directrices de l'OTAN sur la lutte contre le terrorisme qui ont été entérinées au sommet de Chicago en 2012.
  • Une initiative unique conduite par des pays chefs de file

    Le programme de travail DAT est un programme tout à fait unique qui repose sur le principe du financement commun. C'est la voie rapide pour le développement capacitaire. Dans le cadre de ce programme, différents Alliés conduisent, avec l'aide et les contributions d'autres pays membres et organismes OTAN, des projets visant à mettre au point des technologies avancées ou des contre‑mesures répondant aux besoins de sécurité les plus urgents face au terrorisme.

    Ce programme a été approuvé par les dirigeants des pays de l’Alliance en 2004, au sommet d’Istanbul ; son but est de renforcer la contribution de l'Alliance à la lutte contre le terrorisme en améliorant le développement capacitaire, en soutenant les opérations et en favorisant les partenariats.

  • Trois grandes catégories capacitaires pour les parties prenantes au programme de travail DAT

    Les projets menés dans le cadre du programme de travail DAT sont classés en trois grandes catégories capacitaires :

    • Gestion des incidents
    • Protection des forces et survivabilité
    • Liaisons réseau

    1)         Gestion des Incidents

     Ce domaine couvre les initiatives de formation et de perfectionnement visant à améliorer les capacités d'organisation et de coordination en cas d'attaque.

    Protection des ports et des installations portuaires

    Le fonctionnement sécurisé et ininterrompu des ports et des installations portuaires est essentiel pour l'économie mondiale ; il est donc indispensable que les moyens maritimes bénéficient de la meilleure protection possible. Pour renforcer la protection maritime, on étudie actuellement différentes technologies utilisant notamment des réseaux de capteurs, des détecteurs électro‑optiques, des capacités de réaction rapide et des véhicules sous‑marins sans équipage. Un outil de planification de mission maritime, baptisé « Port sécurisé » (« Safe port »), est en cours de développement, sous la direction du Portugal. De son côté, la Pologne dirige des travaux visant à développer une barrière magnétique sous‑marine en complément des systèmes sonar actuellement utilisés pour détecter des menaces sous‑marines. D'autres essais, expérimentations et exercices sont actuellement organisés par l'Islande et le Centre OTAN pour la recherche et l'expérimentation maritimes (CMRE) ; ils portent sur la protection des ports, la coopération civilo‑militaire, la protection contre les engins explosifs improvisés (EEI) et l'intégration de systèmes multiples.

    2)         Protection des forces et survivabilité

    Ce domaine couvre les initiatives de formation et de perfectionnement destinées à « minimiser la vulnérabilité du personnel, des installations, du matériel et des opérations face à toute menace et dans toutes les situations ».

    Réduction de la vulnérabilité des avions gros porteurs civils et militaires face à des menaces potentielles telles que les MANPADS (systèmes portatifs de défense aérienne)

    Une série de contre‑mesures infrarouges et électroniques sont en cours de développement. Ces contre‑mesures s'appliquent à des avions gros porteurs, à des hélicoptères et à des avions à réaction rapides. Chaque année, des exercices et des essais sont organisés dans le but d'améliorer les systèmes et les équipements. Le Royaume‑Uni est le pays chef de file pour cette initiative, et le Groupe OTAN sur l'armement des forces aériennes (NAFAG) a fourni une expertise et un soutien critiques pour les essais annuels sur le terrain.

    Détection, protection et neutralisation des armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN)

    Idéalement, il faudrait pouvoir empêcher les terroristes d'utiliser des armes CBRN.  Quand cela n'est pas possible, il est impératif de protéger les forces et les populations contre les effets de ces armes. La France – principal pays chef de file dans ce domaine – a élaboré un plan de travail prévoyant des exercices réels et des travaux d'échantillonnage, d'analyse et d'identification des agents CBRN. Des technologies ont très diverses ont été testées face à plusieurs types de menaces CBRN.

    Depuis 2012, la République tchèque développe un prototype de système de détection chimique, et chaque année, le Canada organise à des fins d'entraînement l'exercice Precise Response, basé sur un scénario envisageant un agent CBRN réel. Le programme DAT soutient également le centre d'excellence interarmées pour la défense CBRN de Vyškov (République tchèque) dans ses efforts pour développer des capacités de téléexpertise CBRN ; le but est de veiller à ce que la structure de commandement OTAN et les forces alliés disposent de l'expertise CBRN appropriée dans les théâtres d'opérations.

    Lutte contre les engins explosifs improvisés 

    Cette initiative est pilotée par plusieurs organismes OTAN, dont le Centre d’excellence pour la lutte contre les engins explosifs improvisés de Madrid (Espagne). Différentes technologies de neutralisation des EEI ont été étudiées, notamment la détection à distance, et des solutions de gestion des informations sur la lutte anti‑EEI à l'échelle de l'Alliance sont en cours d'évaluation. En 2012, une démonstration d'ouverture d'itinéraires a été organisée en Allemagne, dans le cadre du programme de travail DAT et en concertation avec l'Agence OTAN d'information et de communication (NCIA), afin d'améliorer la doctrine, de confronter les meilleures pratiques, et de normaliser les opérations OTAN d'ouverture d'itinéraires. Ce travail a été poursuivi par le Centre d'excellence pour le génie militaire (MILENG COE) établi à Ingolstadt (Allemagne), qui s'est employé à perfectionner la doctrine alliée en matière d'ouverture d'itinéraires et a présenté une démonstration, en 2014. D'autres projets liés à la lutte anti‑EEI, pilotés par la NCIA, portent sur les systèmes automatisés d'exploration de données et de scanner corporel applicables aux passagers.

    Neutralisation des explosifs et munitions et gestion des conséquences

    Cette initiative vise à améliorer les capacités de l'OTAN, l'entraînement des équipes EOD (neutralisation des explosifs et des munitions) et la gestion des conséquences d'une explosion. L'exercice annuel Northern Challenge – organisé dans le cadre du programme de travail DAT et dirigé par l'Islande – porte sur la neutralisation des EOD/EEI sous‑marins et des munitions conventionnelles (CMD) ; il est ouvert aux pays de l'OTAN et du Partenariat pour la paix. Également dans le cadre du programme DAT, des démonstrations et des essais EOD de l'OTAN ont été organisés en 2014 à Trenčin (Slovaquie) par le Centre d'excellence pour la neutralisation des explosifs et munitions. Parmi les milieux directement intéressés par ces questions figurent des experts de pays partenaires, comme ceux de l'école de déminage des forces de défense irlandaises.

    Développement de capacités non létales

    La communauté opérationnelle OTAN a mis en évidence la nécessité de disposer de meilleures capacités de riposte qui permettraient de limiter le plus possible les dommages collatéraux. Si les forces ne peuvent riposter qu'avec des armes létales, cela met en danger les civils comme les militaires et risque de faire échouer la mission ou d'entraîner des répercussions politiques. La présente initiative, qui s'appuie sur des travaux antérieurs dirigés par le Canada dans le domaine de l'identification de capacités non létales pour les forces de l'OTAN, est actuellement pilotée par l'Allemagne ; son but est de sensibiliser le personnel militaire aux différentes capacités non létales et de le familiariser avec les technologies non létales émergentes au travers d'exercices.  En 2015, le Groupe de travail sur les capacités non létales organisera deux exercices dans le cadre du programme DAT. La Belgique et la France copilotent un projet de définition de normes pour les armes non létales. Dans le cadre de travaux antérieurs, le Centre pour la recherche et l'expérimentation maritimes de La Spezia (Italie) a apporté une contribution dans ce domaine en étudiant les effets comportementaux des armes non létales.

    3)         Liaisons réseau

    Ce domaine capacitaire couvre les initiatives de formation et de perfectionnement visant à améliorer l'identification et le ciblage des centres nodaux des réseaux de menaces.

    Technologies et élaboration de concepts pour le renseignement, la surveillance, la reconnaissance (ISR) et l'acquisition d'objectifs

    L'objectif est de développer des outils améliorés de détection rapide et d’identification des terroristes et de leurs activités. Les essais Unified Vision menés en 2012 et 2014 dans le cadre du programme DAT, avaient pour but de consolider, pour les exploiter dans l'avenir, les progrès dans le domaine du partage de l'information et du renseignement engrangés en dix ans d'opérations communes. La simulation d'un environnement opérationnel en conditions réelles devait permettre de déterminer dans quelle mesure les participants réussissaient à analyser les informations relatives aux menaces, puis à effectuer l'identification et le suivi des menaces pour établir une situation renseignement cohérente, et s'il était facile de partager ces informations. Le programme DAT apporte également un soutien au Centre d'excellence OTAN pour le renseignement humain (HUMINT), situé à Oradea (Roumanie), qui s'emploie à améliorer l'interopérabilité technique au sein de la communauté HUMINT de l'OTAN et à analyser les aspects humains de l'environnement opérationnel où opèrent les forces de l'OTAN.

    Biométrie

    Les données biométriques sont essentielles pour la protection des forces sur le théâtre, car elles permettent d'identifier des insurgés, connus ou présumés. Les commandements stratégiques de l'OTAN reconnaissent que le développement et l'amélioration de ce domaine correspondent à un besoin militaire. Dans le domaine de la biométrie, l'OTAN a élaboré un programme de travail et un plan d'action couvrant l'ensemble des composantes nécessaires pour former une capacité complète (doctrine, concept, normes, matériel, etc.). Toutes les parties prenantes au programme DAT soutiennent cette initiative.

    Communauté des forces d'opérations spéciales 

    Les forces d'opérations spéciales (SOF), reconnues comme l'une des entités en pointe pour la lutte contre le terrorisme, sont une composante essentielle du programme de travail DAT. Le quartier général des opérations spéciales de l'OTAN (NSHQ) a dispensé au titre de celui‑ci un entraînement mettant en œuvre un laboratoire mobile permettant de mener des enquêtes criminalistiques sur les incidents causés par les EEI sur le théâtre. Le programme DAT soutient aujourd'hui l'élaboration d'une base de données répertoriant les activités antiterroristes menées dans le cadre des opérations spéciales de l'OTAN.

  • Activités clôturées

    Dans le passé, le programme DAT a permis de soutenir plusieurs autres domaines dans lesquels des insuffisances capacitaires pour les forces de théâtre avaient été relevées,  à savoir notamment la défense contre les attaques au mortier (DAMA), le largage aérien de précision, la protection contre les grenades lancées par roquettes, et la protection des infrastructures essentielles. Ces activités ont été clôturées à mesure que les besoins à court terme étaient satisfaits.