Opération Active Endeavour

  • Mis à jour le: 05 Jul. 2016 14:24

Dans le cadre de l’opération Active Endeavour, des navires de l’OTAN effectuent des missions de patrouille en Méditerranée, où ils surveillent le trafic maritime pour décourager et déjouer les actes de terrorisme, ainsi que pour s'en défendre et s'en protéger. Cette opération s’inscrit dans le prolongement de la réaction immédiate de l'OTAN aux attentats terroristes perpétrés le 11 septembre 2001 contre les États Unis.

Points principaux

  • L'opération Active Endeavour contribue à décourager les actes de terrorisme en Méditerranée.
  • Elle permet aussi, par la localisation et le contrôle de navires, de protéger l'une des routes commerciales les plus fréquentées au monde.
  • L'opération Active Endeavour, initialement menée à partir de plateformes, est devenue une opération réseaucentrée, combinant unités disponibles sur appel et missions d'opportunité au lieu de s'appuyer sur des forces déployées. Des discussions sont en cours afin de transformer l'opération Active Endeavour en une opération de sûreté maritime plus large.
  •  Grâce à l’expérience acquise dans le cadre de l'opération Active Endeavour, l’Alliance a atteint un niveau inégalé de savoir‑faire dans la dissuasion d'activités de terrorisme maritime en Méditerranée, en particulier s'agissant de la lutte contre la prolifération et le trafic d'armes de destruction massive ainsi que de la coopération renforcée avec des pays non membres de l’OTAN et des organismes civils.
  • Mise en place en application de l'article 5, l'opération Active Endeavour bénéficie du soutien de pays non membres de l'OTAN depuis 2004.
  • Cette opération est l'une des huit initiatives lancées en réponse aux attentats terroristes perpétrés contre les États‑Unis le 11 septembre 2001.
    • Objectif de l’opération et missions en cours

      L’opération Active Endeavour (OAE) est la seule opération antiterroriste de l’OTAN relevant de l’article 5. Elle a été lancée immédiatement après les attentats du 11‑Septembre pour soutenir les États‑Unis. Elle vise un double objectif : démontrer la solidarité de l’OTAN et sa détermination à lutter contre le terrorisme, et contribuer à décourager et à déjouer les actes de terrorisme en Méditerranée.

      Les forces de l’OTAN ont ainsi interpellé plus de 128 000 navires marchands et visité 172 bâtiments suspects. La présence de l’OTAN en Méditerranée dans le cadre de ces opérations maritimes de lutte contre les activités terroristes, et la sensation accrue de sécurité que cette présence induit, profitent à l’ensemble du trafic maritime dans le détroit de Gibraltar. L’OTAN contribue à assurer la sécurité des mers, à protéger le trafic maritime et à contrôler les navires suspects. Cette opération permet en outre à l’OTAN de renforcer ses relations avec les pays partenaires, en particulier avec ceux qui participent au Dialogue méditerranéen.

      Assurer la sécurité des mers et protéger le trafic maritime

      Il est essentiel pour la sécurité de l’OTAN de maintenir ouvertes les routes maritimes commerciales très fréquentées de la Méditerranée et de les protéger. Rien qu’en termes d’énergie, quelque 65 % du pétrole et du gaz naturel consommés en Europe occidentale transitent chaque année par la Méditerranée, et d'importants pipelines relient la Libye à l'Italie et le Maroc à l'Espagne. C'est pourquoi les navires de l'OTAN procèdent, de manière systématique, à des reconnaissances préalables des routes maritimes dans les goulets d'étranglement ainsi que dans les passages et les ports importants de l'ensemble du bassin méditerranéen.

      Poursuivre et contrôler les navires suspects

      Depuis avril 2003, l’OTAN visite systématiquement les navires suspects. Ces visites se déroulent avec l’accord du commandant de bord et de l’État du pavillon, et sont conformes au droit international.

      Concrètement, les navires marchands traversant la Méditerranée orientale peuvent être interpellés par des unités navales de l’OTAN qui patrouillent dans ces eaux, et invités à préciser leur identité et leur activité. Les informations obtenues sont ensuite transmises au Commandement maritime allié à Northwood (Royaume‑Uni). Si le moindre élément semble inhabituel ou suspect, des équipes de 15 à 20 personnes montent à bord pour vérifier les documents et la cargaison. Les visites coopératives de navires ne peuvent être effectuées qu'avec le consentement de l’État du pavillon et/ou du capitaine. Sinon, les personnels OTAN peuvent aussi communiquer ces informations aux autorités de police compétentes à l’escale suivante du navire. Le navire suspect est alors suivi jusqu’à ce qu’une autorité appropriée prenne les mesures nécessaires, ou jusqu’à ce qu’il entre dans les eaux territoriales d’un pays.

      Avantages inattendus

      Bien que son mandat se limite à décourager et à déjouer les actes de terrorisme, ainsi qu'à s'en défendre et à s'en protéger, l'OAE a eu un effet tangible sur la sécurité et la stabilité en Méditerranée, ce qui s'est avéré bénéfique pour les activités commerciales et économiques.

      Les navires et les hélicoptères de l’OTAN sont également intervenus à plusieurs reprises pour porter secours à des civils bloqués sur des plateformes pétrolières ou des navires en perdition, sauvant ainsi les vies de plusieurs centaines de personnes au fil du temps. L'opération a servi de cadre au volet maritime de l’aide fournie par l’OTAN au gouvernement grec à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques qui se sont tenus en août et septembre 2004. Des unités de surface des forces navales permanentes, soutenues par des avions de patrouille maritime et des sous‑marins, ont ainsi assuré, dans le cadre de la force opérationnelle Endeavour, des opérations de surveillance et une présence, et elles ont effectué des visites coopératives de navires dans les eaux internationales autour de la péninsule grecque, en coordination avec la Marine et les garde‑côtes grecs.

      Coopération plus étroite avec les pays partenaires

      La présence accrue de l'OTAN en Méditerranée a également renforcé le programme de coopération en matière de sécurité associant l'Alliance et sept pays de la région méditerranéenne au sens large – Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Maroc, Mauritanie et Tunisie. Ce programme, créé en 1994 et baptisé Dialogue méditerranéen, a pour vocation de contribuer à la sécurité et à la stabilité régionales et de permettre à l’OTAN et à ses partenaires de mieux se comprendre.

      Préoccupés eux aussi par la menace terroriste, les pays participant au Dialogue méditerranéen coopèrent déjà avec l’OTAN dans le cadre de l'OAE, notamment en communiquant des renseignements sur les navires suspects naviguant dans leurs eaux territoriales.

      Des mécanismes renforcés de coordination et de coopération sont en cours d'élaboration.

    • Commandement et structure de l’opération

      L’opération relève du Quartier général du Commandement maritime à Northwood (Royaume‑Uni), qui la dirige par l'intermédiaire d’une force opérationnelle déployée en Méditerranée.

      La force opérationnelle Endeavour est constituée d’un ensemble équilibré d’unités de surface, de sous‑marins et d’avions de patrouille maritime. L’opération s’appuie régulièrement sur deux frégates OTAN à niveau de préparation élevé, qui se tiennent en permanence prêtes à intervenir et sont capables de mener un large éventail d’opérations maritimes.

      Le schéma opérationnel actuel prévoit d’utiliser les forces de surface comme unités de réaction pour l’exécution de tâches spécifiques telles que la localisation, la poursuite, la notification et la visite de navires présumés suspects d'après les données du renseignement.

      Les forces navales permanentes de l'OTAN se relaient pour fournir un soutien régulier à l’OAE, soit en organisant des opérations intensifiées (lorsque l'ensemble d'une force intervient) soit en fournissant des unités prêtes à intervenir lorsque l'opération ne dispose pas de forces affectées.

    • Évolution

      Un déploiement relevant de l’article 5

      Ce déploiement en Méditerranée compte parmi les huit mesures que l'OTAN a adoptées afin de soutenir les États‑Unis au lendemain des attentats terroristes perpétrés le 11 septembre 2001 et après que, pour la première fois de son histoire, l'Alliance eut invoqué l'article 5 du Traité de Washington (clause de défense collective de l’OTAN).

      Lancé le 6 octobre, ce déploiement a été officiellement baptisé opération Active Endeavour le 26 octobre 2001. Avec l'envoi aux États‑Unis d'avions AWACS (systèmes aéroportés de détection et de contrôle), c'était la première fois que l'OTAN mobilisait des moyens à l'appui d'une opération relevant de l'article 5.

      Depuis octobre 2001, des navires de l’OTAN patrouillent en Méditerranée, surveillent le trafic maritime et visitent les bâtiments suspects. Essentielles au succès dans la durée de l’opération, les visites coopératives n’ont d’autre objectif que d’essayer de déterminer si un navire est impliqué dans des activités terroristes.

      En mars 2003, la mission de l'OAE a été élargie de manière à inclure l'escorte, dans le détroit de Gibraltar, des navires non militaires des pays alliés qui en font la demande. Cet élargissement de la mission – la force opérationnelle STROG (Straits of Gibraltar) – avait pour but de prévenir des attaques terroristes comme celles lancées au large du Yémen contre l'USS Cole en octobre 2000 et contre le pétrolier français Limburg deux ans plus tard. Le détroit de Gibraltar est considéré comme une zone particulièrement vulnérable car il est extrêmement étroit, et quelque 3 000 navires de commerce le franchissent chaque jour. Au total, 488 navires ont bénéficié d’une escorte de l’OTAN, jusqu’à la suspension de la mission en mai 2004. Les forces restent toutefois prêtes à se déployer sur préavis de 30 jours.

      Couvrir l’ensemble de la Méditerranée

      Un an plus tard, en mars 2004, le succès de l’OAE en Méditerranée orientale a conduit l'OTAN à étendre le domaine d'action de la mission à l'ensemble du bassin méditerranéen.

      Au sommet d’Istanbul, en juin 2004, les dirigeants des pays de l'Alliance ont décidé de renforcer l’OAE. Ils se sont également félicités des offres de soutien faites par les pays partenaires.

      Une opération qui évolue

      Dans le concept d’opérations révisé, approuvé par le Conseil de l’Atlantique Nord le 23 avril 2009, le Comité militaire a mis en relief deux éléments : la nécessité de développer la communication d’informations entre l’OTAN et d’autres acteurs de la région et le fait que, dans certains cas, l’absence d’accord pour la conduite de visites coopératives de navires suspects entrave l’opération.

      Par ailleurs, le plan d'opération, approuvé en janvier 2010, a transformé une opération axée sur des plateformes en une opération réseaucentrée, combinant unités disponibles sur appel et missions d'opportunité au lieu de s'appuyer sur des forces déployées. Le plan d’opération prévoit aussi le renforcement de la coopération avec les pays non OTAN et les organisations internationales en vue d’améliorer la connaissance de la situation maritime. Toutes les options pour modifier le mandat de l'opération à l'avenir sont examinées sur la base de la stratégie maritime de l'Alliance, adoptée en janvier 2011. L'OAE permet d'assurer les quatre rôles mentionnés dans cette stratégie : la dissuasion et la défense collective, la gestion de crise, la sécurité coopérative et la sûreté maritime.

      En février 2013, comme suite à la réforme de la structure de commandement militaire menée en 2011, l'opération a été placée sous un nouveau commandement. À l'origine, l’OAE relevait du commandement de forces interarmées (JFC) de Naples et était dirigée depuis le Commandement de composante maritime alliée de Naples (Italie) (CC‑Mar Naples). Depuis le 22 février 2013, elle relève du Quartier général du Commandement maritime (QG du MARCOM) à Northwood (Royaume‑Uni), qui en assure la direction.

      Le rôle de l'Alliance en matière de lutte contre le terrorisme s'est précisé au fil des années, et le mandat de l'opération a été réexaminé et élargi au fur et à mesure. En plus de poursuivre et de contrôler les navires suspects pour assurer la sécurité des mers, il consiste aussi maintenant à établir une image de l'activité maritime en Méditerranée. À cette fin, les unités participant à l'OAE mènent régulièrement des actions d'information auprès de divers navires pour rassurer les marins et les informer des mesures destinées à préserver la sécurité de la communauté maritime.

      Grâce à l’expérience acquise dans le cadre de l'OAE, l’Alliance a atteint un niveau inégalé de savoir‑faire dans la dissuasion d'activités de terrorisme maritime en Méditerranée. Ces compétences peuvent s’appliquer dans le cadre d’autres activités internationales générales de lutte contre le terrorisme – et en particulier de lutte contre la prolifération et le trafic d'armes de destruction massive – ainsi que dans le cadre d’une coopération renforcée avec des pays non membres de l’OTAN et des organismes civils. Des discussions sont en cours afin de transformer l'OAE en une opération de sûreté maritime plus large capable d'exécuter des tâches supplémentaires.

    • Pays contributeurs

      Lancée en vertu de l’article 5, l’OAE ne comptait initialement que des pays membres de l’OTAN. Certains pays membres de l'Alliance, notamment la Grèce, l'Italie, l'Espagne et la Turquie, apportent une contribution directe à l'opération, en mettant à disposition des moyens navals. Des patrouilleurs rapides de pays alliés d’Europe du Nord (Allemagne, Danemark et Norvège) ont été déployés pour les opérations d’escorte dans le détroit de Gibraltar. L'Espagne fournit aussi des moyens supplémentaires dans le détroit. L'appui logistique de l'OAE est assuré dans une très large mesure par les Alliés méditerranéens de l'OTAN.

      Depuis 2004, des pays partenaires et des pays non membres de l’OTAN proposent de contribuer à l’opération.

      Toutes les offres de soutien sont examinées au cas par cas. À ce jour, il y a eu des échanges de lettres entre l’OTAN et Israël, le Maroc, la Russie et l’Ukraine. En outre, la Finlande et la Suède ont exprimé de manière informelle le souhait de contribuer à l’opération. La Géorgie et Israël ont envoyé des officiers de liaison au QG du MARCOM à Northwood suite à la signature de mémorandums d'entente tactiques avec l'OTAN pour l'échange d'informations. La Russie a déployé des navires à deux reprises (en 2006 et en 2007), et l’Ukraine à six reprises depuis 2007. La Nouvelle‑Zélande a également déployé un navire (avril‑mai 2015).