NATO - North Atlantic Treaty Organisation

L’initiative d’interconnexion des forces

Après 2014, l’OTAN devra cesser de mettre l’accent sur l’engagement opérationnel et privilégier la préparation aux opérations, ce qui signifie qu’elle devra rester apte à accomplir ses tâches fondamentales – décrites dans son concept stratégique¹ – et à maintenir ses forces à un niveau élevé de préparation. Pour l’y aider, les dirigeants des pays de l’Alliance ont fixé l’objectif « les forces de l’OTAN à l’horizon 2020 » : des forces modernes et interconnectées, qui soient convenablement équipées, formées, entraînées et commandées. L’initiative d’interconnexion des forces (CFI) aidera à maintenir l’état de préparation et l’efficacité au combat des forces de l’OTAN par le développement de la formation et de l’entraînement, l’augmentation des exercices et une meilleure utilisation de la technologie.

Au terme de la mission de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan, la CFI mettra à profit l’expérience de l’Alliance – notamment les enseignements tirés de vingt années d’opérations – pour faire en sorte que les forces alliées puissent travailler ensemble et avec celles des partenaires de façon encore plus efficace.

Les principales exigences de la CFI sont de veiller à ce que les Alliés puissent communiquer efficacement, s’exercer ensemble, valider et certifier leur aptitude à opérer conjointement. Trois objectifs fondamentaux et interdépendants seront poursuivis pour répondre à ces exigences : le développement de la formation et de l’entraînement, l’augmentation des exercices et une meilleure utilisation de la technologie.

La Force de réaction de l’OTAN jouera également un rôle important à cet égard en offrant un moyen de démontrer la disponibilité opérationnelle et en servant de « banc d’essai » pour la transformation de l’Alliance.

  • Les éléments fondamentaux de la CFI

    Le développement de la formation et de l’entraînement est axé sur les personnes ou sur de petits groupes et vise à mettre l’accent sur les besoins essentiels, à harmoniser les travaux actuels et à pallier les insuffisances. L’OTAN tirera parti collectivement des actions de formation individuelles des Alliés, et elle identifiera les domaines de collaboration ainsi que les synergies potentielles. En outre, elle proposera des formations à des capacités OTAN spécifiques ainsi que toute formation collective générale permettant aux Alliés de fonctionner ensemble et d'être prêts à toute éventualité.

    L’augmentation des exercices constitue un moyen essentiel pour tester les tactiques, les techniques et les procédures au niveau des forces, promouvoir et évaluer l’interopérabilité, valider la formation et, lorsqu’il y a lieu, certifier des QG, des unités et des formations. Les exercices doivent couvrir tout le spectre d’intensité, favoriser l’interopérabilité et compenser l’expérience opérationnelle réduite de certaines forces opérant ensemble. L’OTAN concevra un programme solide d’exercices et d’entraînements, qui étaiera l’interopérabilité future de l'Alliance. Des exercices de grande envergure et de haute intensité offriront les scénarios exigeants qui s’imposent pour que l’OTAN reste « au top ».

    Mieux utiliser la technologie est essentiel pour promouvoir l’aptitude des forces des pays membres et des pays partenaires à opérer ensemble. Il s’agit de favoriser et d’accroître la connectivité et l’interopérabilité des équipements et des systèmes, mais aussi de capitaliser sur des technologies et capacités de pointe pour aider à former, à entraîner, à exercer, à déployer et à maintenir en puissance les troupes. Des simulateurs modernes en réseaux fédérés permettront aux forces alliées de s’entraîner ensemble à partir de leurs casernements du temps de paix, réduisant ainsi le coût tout en assurant la nécessaire interaction entre des unités venant d’horizons divers.

  • La Force de réaction de l’OTAN

    La Force de réaction de l’OTAN (NRF) est une unité multinationale hautement disponible et technologiquement avancée, composée d’éléments terrestres, aériens, maritimes et de forces spéciales que l’Alliance peut déployer rapidement en cas de besoin. Cette force interarmées est dotée d’un effectif de quelque 13 000 hommes et femmes, que les pays membres mettent à sa disposition à tour de rôle pour des périodes de six mois.

    À la fin de la mission de la FIAS, le rôle de la NRF va devenir encore plus important. Dans le cadre de la CFI, la NRF permettra en effet de démontrer la disponibilité opérationnelle des forces et servira de « banc d’essai » pour la transformation de l’Alliance. Ses exercices devront trouver un juste équilibre entre ces deux fonctions.

    La NRF viendra appuyer le recentrage de l’OTAN : de l’engagement opérationnel à la préparation aux opérations. Elle donne à toute démarche collective un moyen de réaction militaire rapide, intégré, projetable, efficace et efficient, grâce auquel l’Alliance peut montrer sa résolution, sa solidarité et son engagement.

    La NRF est un instrument qui peut être mis à profit pour réaliser les trois objectifs de la CFI.

  • Les forces d’opérations spéciales

    Enfin, les forces d’opérations spéciales seront également améliorées au profit de la CFI. Le nouveau Quartier général des opérations spéciales de l’OTAN a un rôle vital à jouer dans la planification et la coordination des missions ainsi que dans l’amélioration de la coopération et de la connectivité entre les forces spéciales des pays.


1. Le concept stratégique entériné au sommet de Lisbonne, en 2010, présente la vision de l’OTAN pour une Alliance qui évolue et reste apte à défendre ses membres contre les menaces modernes, et il engage l’OTAN à devenir plus agile, plus performante et plus efficace.