NATO - North Atlantic Treaty Organization

Formation et entraînement

L'OTAN organise des stages de formation et d'entraînement pour assurer l'efficacité et l'interopérabilité des forces de ses pays membres, ainsi que dans le cadre de sa coopération avec des pays non membres. Les trois grands objectifs de la formation sont les suivants : renforcer l'interopérabilité et l'efficacité des forces multinationales dirigées par l'OTAN, aider les pays partenaires à mener à bien leurs travaux de réforme et contribuer à instaurer la paix et la stabilité dans les régions en crise.

La formation et l'entraînement sont des facteurs clés de la transformation, mais aussi des activités complémentaires, qui se renforcent mutuellement. La formation a pour fonction d'expliquer les concepts, les doctrines et les pratiques et d'enseigner les procédures, par exemple au travers de cours d'anglais et d'histoire. L'entraînement a pour fonction de mettre en pratique et d'appliquer les connaissances, ce qui facilite l'assimilation totale de la matière. Les exercices permettent de pousser l'entraînement un peu plus loin en mettant les connaissances acquises à l'épreuve au cours d'exercices réels ou assistés par ordinateur, dans le cadre d'un scénario impliquant de nombreux participants venant d'un large éventail de pays.

La formation et l'entraînement OTAN ont depuis toujours pour but de permettre aux forces militaires des pays membres de travailler ensemble de manière efficace dans le cadre des missions et des opérations. Aujourd’hui, les fonctions OTAN de formation et d’entraînement se sont considérablement développées, que ce soit sur le plan géographique ou sur le plan institutionnel. Sur le plan géographique, l'OTAN travaille avec de nombreux pays, en coopérant avec les pays partenaires et en mettant en place des missions OTAN de formation dans des lieux aussi éloignés que l'Afghanistan et l'Afrique. Sur le plan institutionnel, la formation et l'entraînement ont été renforcés par la création, en 2002, du Commandement allié Transformation, qui s'occupe exclusivement de diriger la transformation permanente de la structure, des forces, des capacités et de la doctrine militaires de l'OTAN. Par la suite, la mise en place de nouveaux organismes et initiatives a également témoigné d'une détermination à renforcer les activités de formation et d'entraînement menées par l'Organisation.

Au sommet de Chicago en 2012, les dirigeants des pays de l’OTAN ont souligné qu'il importait de développer la formation et l'entraînement, en particulier dans le contexte de l'Initiative d’interconnexion des forces (CFI). La CFI a pour but de faire en sorte que les forces puissent communiquer et travailler les unes avec les autres. Tout d'abord, cela suppose que les personnes se comprennent et, ensuite, que l'on utilise des doctrines, des procédures et des concepts communs, de même que du matériel interopérable. En outre, il faut que les forces développent la pratique du travail en commun, dans le cadre d'entraînements et d'exercices interarmées et multinationaux, et enfin, qu'elles normalisent les compétences et fassent un meilleur usage de la technologie1.

La CFI doit aussi permettre de tirer davantage parti de la formation, de l'entraînement et des exercices pour renforcer les liens entre les forces des pays membres de l'OTAN et pour maintenir le niveau d'interopérabilité nécessaire en vue des opérations futures.

1. Les forces interarmées viennent d'au moins deux branches militaires et opèrent sous un commandement unique ; les forces multinationales viennent de pays différents et opèrent également sous commandement unique.
  • Objet et mise en œuvre pratique

    Comme indiqué plus haut, les trois grands objectifs des programmes OTAN de formation et d'entraînement sont les suivants : renforcer l'interopérabilité et l'efficacité des forces multinationales dirigées par l'OTAN, aider les pays partenaires à mener à bien leurs travaux de réforme et contribuer à instaurer la paix et la stabilité dans les régions en crise.

    Améliorer l'interopérabilité

    Les effectifs utilisés pour les opérations de l’OTAN sont fournis par de nombreux pays : il s'agit de forces des pays membres et des pays partenaires de l’OTAN, ainsi que de pays qui ne sont ni membres ni partenaires. L’OTAN a pour priorité de veiller à ce que ces forces multinationales puissent travailler ensemble de manière efficace malgré les différences de tactique, de doctrine, d’entraînement, de structure et de langue. Cette « interopérabilité » s’obtient de diverses manières.

    • Stages et séminaires

    Le réseau d’établissements de formation de l’OTAN offre toute une série de stages sur des questions tant stratégiques qu’opérationnelles. Si le contenu des stages proposés varie, ceux-ci sont généralement axés sur les connaissances et les compétences que doivent posséder les personnes appelées à occuper des postes de responsabilité ou des postes spécialisés dans la structure de l'Alliance ou qui occupent dans leur pays un poste en rapport avec l’OTAN.

    Le Collège de défense de l’OTAN à Rome (Italie) est le principal établissement d’enseignement de l’OTAN pour les questions stratégiques, et il couvre des domaines d'étude tels que l’évolution de l’environnement de sécurité international et les effets que cette évolution pourrait avoir sur les pays de l’OTAN. Il offre une formation aux commandants supérieurs. L'École de l'OTAN à Oberammergau (Allemagne) est le principal centre de formation au niveau opérationnel. La formation au niveau opérationnel porte essentiellement sur la planification conjointe des opérations OTAN, la logistique, les communications, les plans civils d’urgence et la coopération civilo-militaire.  

    Des stages sont proposés sur un nombre croissant de sites, pour faire en sorte que toute l’expertise disponible soit utilisée. On peut citer à titre d'exemple la formation civilo-militaire dispensée dans les locaux du Centre d’excellence pour la coopération civilo-militaire (CIMIC), situé aux Pays-Bas. D'une durée variable (un jour à plusieurs mois), les stages sont ouverts aux personnels des pays membres de l’OTAN et certains sont accessibles aux personnels des pays qui participent au programme du Partenariat pour la paix (PPP), au Dialogue méditerranéen ou à l’Initiative de coopération d’Istanbul, ainsi qu’aux personnels de certains pays partenaires dans le monde (pays qui ne sont ni membres ni partenaires de l'OTAN, et qui sont aussi appelés « partenaires mondiaux »). Certains stages sont également ouverts aux civils.

    • Expériences et développement

    L’OTAN essaie en permanence d’améliorer le fonctionnement de ses forces. Conformément à son programme de transformation, l’Alliance continue de privilégier l’élaboration de nouveaux concepts et la mise en place de nouvelles capacités pour que les forces de l’OTAN soient entraînées et équipées au meilleur niveau.

    Les pays de l’OTAN mènent leurs propres expériences. L’Alliance offre aux membres un cadre qui leur permet d’échanger leurs savoirs sur les concepts et les capacités. Pour ce faire, elle recourt au Commandement allié Transformation (ACT), qui dirige la transformation de la structure, des forces, des capacités et de la doctrine militaires de l'OTAN. L'ACT s'emploie à renforcer l'entraînement, en particulier des commandants et des personnels d'état-major, expérimente de nouveaux concepts et favorise l’interopérabilité dans l'ensemble de l'Alliance.

    • Exercices

    Les exercices sont l’occasion de tester et de valider tous les aspects des opérations de l’OTAN et notamment les procédures, les concepts, les systèmes et la tactique. Ils contribuent aussi à réaliser et à renforcer l’interopérabilité en mettant l’accent sur l’entraînement pratique du personnel des pays de l’OTAN et du personnel des pays partenaires qui coopèrent avec l’Alliance.

    Travailler avec les partenaires de l’OTAN sur la réforme de la défense

    Les pays de l’OTAN ont réduit leurs effectifs, leurs équipements et leurs bases militaires depuis la fin de la Guerre froide, et ils ont transformé leurs forces pour pouvoir répondre aux besoins actuels. Ce processus de transformation est toujours d'actualité dans de nombreux pays partenaires, qui ne disposent souvent que d’un savoir-faire et de moyens limités.

    En 2005, l’OTAN a lancé l’initiative « La formation et l'entraînement pour la réforme de la défense », qui sert de cadre de coopération pour les militaires et les civils.  Cette initiative aide les formateurs à intégrer dans leurs programmes les principes liés à la mise en place d'institutions de défense. Comme les stages s'adressent aux fonctionnaires et aux autres personnes contribuant à la mise en place d'institutions de défense, ils permettent indirectement d'améliorer la réforme de la défense. La formation est effectivement un élément clé de la transformation, et l’OTAN l'utilise à l'appui de la réforme institutionnelle dans les pays partenaires.  Au départ, les programmes de formation et d’entraînement de l'Alliance étaient axés sur l’amélioration de l'interopérabilité entre les forces des pays de l’OTAN et celles des pays partenaires. Ils ont été élargis depuis, de manière à permettre aux pays membres et aux partenaires de collaborer sur les moyens de mettre en place, de développer et de réformer les instituts de formation dans les domaines militaire, de la sécurité et de la défense.

    • Formation de défense « à la carte »

    Au travers du programme de renforcement de la formation « défense » (DEEP), l'Alliance fournit aux partenaires des conseils sur les moyens de mettre en place, de développer et de réformer les établissements de formation des secteurs militaire et de la défense. Cette aide est inscrite dans les programmes individuels pour le partenariat (plan d'action individuel pour le Partenariat (IPAP), programme national annuel (ANP) et programme individuel de partenariat et de coopération (IPCP)) et elle est également un élément clé du partenariat durable avec l'Afghanistan. Actuellement, 13 pays ont un DEEP qui leur est propre (Afghanistan, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Iraq, Kazakhstan, la République kirghize, Mauritanie, République de Moldova, Mongolie, Serbie, Ukraine et Ouzbékistan) ; les objectifs et le stade de développement du programme varient d'un pays à l'autre. Ces programmes sont gérés avec le soutien du Groupement d'institutions d'études de défense et de sécurité du PPP (pour de plus amples explications, voir la rubrique « Autres établissements et organismes de formation »), des centres de formation et d'entraînement des partenariats, ainsi que des institutions de défense des Alliés et des partenaires.

    Chaque pays partenaire participant à la réforme de la défense convient avec l'OTAN d'un programme individualisé, dont la complexité et l’ampleur varient en fonction de ses centres d’intérêt, de sa motivation et de sa coopération. Ce dispositif « à la carte » comprend des programmes adaptés de formation tels que la formation pratique, la formation linguistique, la reconversion et la réinsertion du personnel militaire dégagé des cadres.

    En plus d'aider certains pays à mettre sur pied des établissements de formation, l'OTAN apporte son concours à la définition de programmes d'étude (contenu de l'enseignement), accessibles à tous les Alliés et à tous les partenaires. Après six années de travail assidu, d'éminents experts de pays de l'Alliance et de pays partenaires ont mis au point trois programmes de référence uniques en leur genre : l'un sur la mise en place d'institutions de défense, un autre sur la formation militaire professionnelle des officiers et, plus récemment, un troisième sur la formation militaire professionnelle des sous-officiers. Un programme de référence sur l'approche globale est en cours d'élaboration et il est question de travailler à des programmes concernant les défis de sécurité émergents.

    Le perfectionnement du corps enseignant (méthode d'enseignement) est le troisième pilier du DEEP. L'OTAN contribue à entretenir un réseau de formateurs de pays de l'Alliance et de pays partenaires qui travaillent dans le secteur de la défense ou le secteur militaire et qui sont désireux de partager leur expérience en matière de méthodes d'enseignement et de fournir aide et conseils à ceux que cela intéresse.

    Dans cette entreprise, l'Alliance compte sur le vaste réseau transatlantique qu'elle s'est constitué, un réseau d'institutions et d'experts qui sont prêts à soutenir ses projets à titre volontaire. Un grand nombre d'institutions de pays de l'Alliance et de pays partenaires sont associées au DEEP : le Centre des hautes études militaires des États-Unis, l'Académie canadienne de la Défense, l'Université nationale de défense de Pologne, l'Université nationale de défense de Roumanie, l'Université de défense tchèque, l'Académie des forces armées slovaques, le Centre de politique de sécurité de Genève, le Centre George C. Marshall de Garmisch-Partenkirchen, pour n'en citer que quelques-unes. Le Collège de défense de l’OTAN et l'École de l’OTAN à Oberammergau apportent également un soutien au programme. Par ailleurs, le Groupement d’institutions d'études de défense et de sécurité dans le cadre du PPP, né d'une initiative de l'Autriche, de l'Allemagne, de la Suisse et des États-Unis, apporte une contribution essentielle en aidant l'OTAN à gérer le réseau et les projets DEEP.

    Le centre de coordination pour la formation, qui fonctionne sous la direction de la République tchèque, de l'Italie, de la Pologne, de la Roumanie, de la Slovaquie, de l'Espagne, de la Suisse et des États-Unis, avec le soutien du Groupement PPP, joue un rôle capital dans la coordination des activités de l'OTAN et des pays à l'appui des projets DEEP.

    Il faut noter que l'Alliance est par ailleurs au cœur d'un réseau grandissant de centres de formation et d'entraînement des partenariats (PTEC), qui rassemble à ce jour 26 institutions civiles et militaires de pays de l'OTAN et de pays partenaires. Ce réseau initialement conçu dans le cadre du PPP, compte des établissements égyptiens, jordaniens et mongols. Bien que les PTEC soient des institutions nationales, ils organisent des activités de formation et d'entraînement ayant trait aux programmes et aux politiques de partenariat de l’OTAN, et ils contribuent de façon substantielle à enrichir le menu de coopération partenariale.

    • Stages, séminaires et ateliers

    Les pays partenaires qui travaillent avec l’OTAN peuvent participer à toute une série d’activités OTAN de formation organisées par l'OTAN (stages, tables rondes, séminaires et ateliers).

    • Conseils et savoir-faire

    Les pays de l’OTAN comptent parmi les plus avancés du monde sur le plan des capacités de défense. Les pays qui coopèrent avec l'Alliance dans le domaine de la réforme de la défense peuvent tirer parti de ce savoir-faire. Pour la plupart des pays, cette coopération a lieu dans le cadre du processus de planification et d'examen (PARP) du Partenariat pour la paix, mécanisme qui permet d'identifier les forces et les capacités des partenaires susceptibles d'être mises à la disposition de l'Alliance pour des activités d'entraînement, des exercices et des opérations à caractère multinational.

    Les pays qui entretiennent des relations spéciales avec l’OTAN peuvent disposer de mécanismes supplémentaires pour échanger conseils et savoir-faire. Par exemple, le Groupe de travail conjoint OTAN‑Ukraine sur la réforme de la défense sert de cadre aux consultations sur des initiatives aussi diverses que les relations civilo-militaires, le contrôle démocratique et la gestion civile des forces armées et d'autres institutions du secteur de la sécurité, les plans de défense, les orientations, la stratégie et les concepts de sécurité nationale. Par ailleurs, des équipes multinationales d'experts dirigées par l'OTAN peuvent se rendre dans les pays partenaires afin de répondre aux besoins de formation et d'entraînement répertoriés dans les plans d'action individuels des pays concernés. De telles visites ont eu lieu, par exemple, dans les pays du Sud-Caucase et en République de Moldova, ainsi qu'en Mauritanie.

    • Initiative pour la région méditerranéenne et le Moyen-Orient

    Une Faculté du Moyen-Orient a été créée au Collège de défense de l'OTAN, à Rome, dans le cadre du stage OTAN de coopération régionale.

    La formation et l’entraînement dans les opérations dirigées par l’OTAN

    L'action que mène l’OTAN pour instaurer la stabilité dans les régions en crise ne se limitent pas au déploiement de troupes. En proposant des programmes de formation et d’entraînement, l’OTAN aide des pays comme l’Afghanistan à mettre en place leurs propres institutions de sécurité et à assurer leur propre sécurité.

    • Afghanistan

    Un élément important de l’engagement de l’OTAN en Afghanistan est l’aide qu’elle apporte à ce pays pour qu'il mette en place ses structures et ses forces de sécurité. Créée en novembre 2009, la mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A) regroupe les activités de formation menées par l'OTAN et par les pays et travaille en étroite coopération avec les autorités afghanes. Ses tâches essentielles sont, entre autres, la formation et le mentorat des forces de sécurité nationales afghanes, le soutien au socle de la formation institutionnelle de l'Armée nationale afghane, et la réforme de la police nationale afghane au niveau des districts et plus localement. L’Alliance a également déployé des équipes de liaison et de mentorat opérationnels auprès d'unités de l'armée nationale afghane à différents échelons de commandement. Ces équipes se sont peu à peu transformées en équipes consultatives militaires et en équipes consultatives de police, plus généralement appelées « équipes d'assistance aux forces de sécurité ».

    En 2006, l’OTAN a signé avec l’Afghanistan une déclaration instaurant un programme substantiel de coopération à long terme. Ce « programme de coopération afghan » prévoit un complément d'aide pour l'entraînement et notamment l'accès des Afghans aux activités de partenariat et aux stages de l'OTAN, l'échange de conseils et de savoir-faire sur la réforme de la défense et la mise en place d’institutions de sécurité, ainsi qu’une assistance spécifique, notamment pour la formation linguistique.

    Par la suite, l'OTAN et le gouvernement de la République islamique d'Afghanistan ont signé, le 20 novembre 2010 au sommet de l'OTAN à Lisbonne, une déclaration sur un partenariat durable. Le partenariat durable vise à apporter un soutien politique et pratique à long terme à l'Afghanistan tandis que ce pays reconstruit ses institutions de sécurité et prend progressivement la pleine responsabilité de sa sécurité dans le cadre du processus de transition. Il comprend une série d'activités et de programmes agréés dans le cadre de la coopération qui s'exerce entre l'OTAN et l'Afghanistan. Il s'agit notamment du programme de formation militaire professionnelle pour l'Afghanistan, qui vise à développer plus avant les institutions afghanes, ainsi que d'autres initiatives comme le projet pilote de formation à la lutte antidrogue.

    • L’Union africaine

    À la demande de l’Union africaine (UA), l'OTAN a aidé celle-ci (de juin 2005 à fin décembre 2007) à consolider sa force de maintien de la paix au Darfour pour qu'elle puisse mettre fin à la violence qui secouait la région. Initialement, le soutien de l’OTAN a consisté à former les troupes de l’UA à la planification stratégique et aux procédures opérationnelles. L'OTAN a contribué à l’organisation d’un exercice sur cartes dirigé par l'ONU et plus tard, à l'été 2006, elle a aussi fourni une aide à la formation dans les domaines de la certification avant déploiement, des « enseignements tirés » et de la gestion de l'information.

    En outre, depuis 2007, l'OTAN met à la disposition de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) des experts spécialisés dans des domaines comme la planification maritime, la coordination des mouvements aériens et la logistique. L'OTAN fournit également, à la demande de l'UA, un soutien sous la forme d'experts et de formateurs pour la Force africaine en attente, laquelle s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par l'UA pour développer des capacités de maintien de la paix à long terme.

    • Iraq

    De 2004 à fin 2011, l’OTAN a aidé l’Iraq à assurer sa propre sécurité en formant du personnel iraquien et en apportant son soutien à la mise en place des institutions de sécurité du pays. Elle a formé et encadré, dans ses écoles et ses centres d’entraînement, aussi bien en Iraq qu'à l’extérieur du pays, des personnels de rang intermédiaire et supérieur des forces de sécurité iraquiennes. Elle a aussi assuré la coordination des offres d’équipements et de formation faites par certains pays de l’OTAN et certains pays partenaires.

  • Les organismes et les établissements de formation

    Il existe un certain nombre d'organismes chargés d'organiser et de dispenser la formation. Certains opèrent sous la direction de l'Alliance, tandis que d'autres n'appartiennent pas aux structures de l’Alliance mais les complètent.

    Commandement allié Transformation

    Le Commandement allié Transformation (ACT) a été créé en 2002 dans le cadre de la réorganisation de la structure de commandement de l’OTAN. L'ACT est responsable de l’entraînement commun OTAN et PPP, de l’entraînement individuel, de l’élaboration d’orientations et de doctrines relatives à la formation, ainsi que de la direction des écoles de l’OTAN. Depuis juillet 2012, l’ACT s’est également vu attribuer la responsabilité de la gestion des entraînements et exercices collectifs, selon les besoins définis par le Commandement allié Opérations.  

    Toutes les entités rattachées à l'ACT remplissent une fonction de formation et d'entraînement. Pour de plus amples informations, on se reportera à la page « L'OTAN de A à Z » consacrée au Commandement allié Transformation.

    Autres établissements et organismes de formation

    Il s'agit d'entités qui ont un lien avec l'OTAN, mais qui sont généralement administrées par les pays, les autorités nationales ou les organisations civiles compétentes. Ces entités sont ouvertes aux personnels des pays membres de l’OTAN et des pays partenaires.

    Les centres d'excellence

    Il s'agit de centres qui ont été homologués par l’OTAN. L’un de leurs rôles consiste à offrir une formation et un entraînement de qualité à la communauté euro-atlantique.

    Ils sont financés au niveau national ou multinational, et leurs relations avec l’OTAN sont officialisées par des mémorandums d’entente. Les premiers centres d’excellence à avoir été pleinement homologués par l’OTAN sont le Centre de compétences en matière de puissance aérienne interarmées (en Allemagne) et le Centre d’excellence pour la défense contre le terrorisme (en Turquie). De nombreux autres centres ont été créés depuis.

    Les centres de formation et d'entraînement des partenariats

    Les centres de formation et d'entraînement des partenariats (PTEC) se concentrent sur les aspects opérationnels et tactiques des opérations militaires. Chacun a un domaine de compétences distinct et met à la disposition des personnels de tous les pays partenaires des locaux et des formations de qualité. Il existe actuellement vingt-quatre centres d'entraînement et de formation des partenariats, qui dépassent désormais les frontières de la zone euro-atlantique à laquelle ils se limitaient initialement, puisqu'il y en a en Égypte et en Jordanie. Les activités de formation et d'entraînement menées dans ces centres sont en rapport avec les programmes et les politiques de partenariat de l'OTAN.

    L'École de l'OTAN à Oberammergau et l’ACT coprésident la conférence annuelle des commandants des PTEC. Cette communauté a été ouverte aux pays du Dialogue méditerranéen et aux pays de l'Initiative de coopération d'Istanbul.

    En avril 2011, l’OTAN a adopté un concept pour les PTEC, basé sur la « politique pour un partenariat plus efficace et plus souple », laquelle précise que « tous les partenaires se verront offrir un engagement politique et pratique approfondi avec l’Alliance. Cette offre comprendra notamment un soutien à la formation, à l’entraînement et au renforcement des capacités en matière de défense, dans les limites des ressources existantes ». Par cette initiative, l’OTAN s’est engagée à offrir un soutien aux partenaires désireux de développer plus avant leurs capacités de formation et d’entraînement en matière de défense.

    Le Groupement d'institutions d'études de défense et de sécurité du Partenariat pour la paix (PPP)

    Le Groupement PPP a été créé en 1999 dans le but de promouvoir la formation dans des domaines se rapportant à la sécurité. Pour ce faire, il facilite la coopération entre les institutions civiles et militaires des pays de l’OTAN et des pays du PPP, à l'appui des priorités de l'OTAN, notamment pour la mise en place d'institutions de défense et la réforme de la défense.

    Ainsi, en 2008, le Groupement PPP a élaboré un programme de référence sur le plan d'action du Partenariat pour l'établissement d'institutions de défense (PAP-DIB). Ce document vise à fournir aux pays partenaires une assistance détaillée concernant l’élaboration d’objectifs d’apprentissage et de programmes d’enseignement pour les formations universitaires consacrées à l’établissement d’institutions de défense ou à la réforme de ces institutions. En 2011, un programme de référence similaire a été élaboré pour la formation militaire professionnelle des officiers et, plus récemment, un autre a été élaboré pour les sous-officiers.

    Par ailleurs, le Groupement PPP propose un programme pour formateurs visant à familiariser les partenaires avec les méthodes d'enseignement modernes, et il aide l'Azerbaïdjan et le Kazakhstan s'agissant des aspects de leurs IPAP liés à la formation.

    Il met en place des groupes de travail qui rassemblent des experts, des décideurs et des professionnels de la défense et de la sécurité, lesquels mettent en commun des informations et développent des produits, tels que des outils pédagogiques et des travaux de recherche.  Parmi les organisations participantes, on compte des universités, des instituts de recherche et des centres d’entraînement. Son secrétariat est assuré par le Centre européen d'études de sécurité George C. Marshall, basé en Allemagne.

  • Formation et entraînement : des activités clés depuis 1949

    La formation et l’entraînement collectifs existent depuis la création de l’OTAN en 1949. Au fil des ans, ces activités se sont considérablement développées ; elles sont devenues des éléments clés qui permettent à l’OTAN d’instaurer la sécurité.

    Interopérabilité

    Au cours des premières années de l’Alliance, les forces de l’OTAN organisaient des entraînements conjoints pour renforcer leur capacité de défense collective. Autrement dit, la formation et l’entraînement servaient à préparer les forces à une attaque éventuelle.

    Une force intégrée sous un commandement centralisé

    Une force intégrée sous un commandement centralisé a été mise en place dès septembre 1950, après le déclenchement de la guerre de Corée en juin 1950. Le premier commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Dwight D. Eisenhower, a été nommé en décembre 1950. Après cette nomination, les forces nationales ont été placées sous commandement centralisé.

    Les premiers exercices de l’Alliance

    Les premiers exercices de l’Alliance ont eu lieu à l’automne 1951. Au cours de l’année 1953, l’OTAN a organisé une centaine d’exercices de différents types. À partir de ce moment-là, les forces de l’OTAN ont commencé à présenter une certaine cohésion.

    La formation individuelle

    La formation individuelle a rapidement suivi. En avril 1951, le général Eisenhower a déclaré pour la première fois qu’il fallait créer un cadre spécialisé pour étudier les questions propres à l’Alliance. Le Collège de défense de l’OTAN a été inauguré à la fin de cette même année, le 19 novembre, et, en 1966, il a été transféré à Rome, où il se trouve encore aujourd'hui.

    L’École des systèmes d'information et de communication de l'OTAN à Latina (Italie) a été créée en 1959, lorsqu'une entreprise civile a commencé à organiser une formation à l’intention d’un petit groupe d’agents de l’OTAN sur un système qui allait devenir le système de communication « ACE HIGH » de l’OTAN. Le 2 mai 1959, le Centre de recherche sous-marine de l’OTAN a été ouvert à La Spezia (Italie).  Au cours du processus de réforme de 2002, il a été intégré à la structure des agences de l'Alliance en tant qu'élément organisationnel lié à la recherche.

    En 1971, le Comité militaire a créé un Groupe d'entraînement OTAN. Ce groupe s’est réuni pendant plusieurs années avec le groupe Eurotraining, qui avait été mis en place pour améliorer les dispositions relatives à l’entraînement multinational entre les pays européens (ses responsabilités ont été confiées à l'OTAN en 1993). Le Groupe d'entraînement OTAN a été officiellement transféré du Comité militaire au Commandement allié Transformation en 2004. Il a pour but principal d'améliorer l'interopérabilité entre les Alliés, mais aussi entre les forces des pays partenaires.

    En 1975, l’École de l’OTAN à Oberammergau (Allemagne) a reçu sa charte et son nom actuel. Pendant près de vingt-cinq ans, elle a surtout consacré ses stages aux questions relatives à la défense collective.

    Plus récemment, en 2003, le Centre OTAN d'entraînement aux opérations d'interdiction maritime a été établi dans la baie de la Sude (Grèce), afin d'entraîner les forces OTAN à la conduite d'activités de surface, sous-marines et de surveillance aérienne, ainsi qu'aux opérations spéciales. Cet entraînement est dispensé au travers de programmes de formation théoriques et pratiques, mais aussi de simulations.

    La formation OTAN s’ouvre aux partenaires

    Depuis la fin de la Guerre froide, l’Alliance a accru son engagement politique auprès des pays non membres, et elle leur a donné accès à ses stages d’entraînement et de formation.

    Les pays du Partenariat pour la paix (PPP)

    Les anciens pays du Pacte de Varsovie, les anciennes républiques soviétiques et les pays non membres situés en Europe occidentale qui, en 1994, ont répondu favorablement à l'invitation de l'OTAN d'adhérer au programme du PPP, se sont engagés à accroître leur niveau d’interopérabilité avec les forces de l’OTAN. Leur adhésion a ouvert la voie aux entraînements conjoints et a marqué le début du soutien de l’OTAN à la réforme de la défense.

    Les établissements de formation de l’OTAN ont rapidement emboîté le pas. Le premier stage s’adressant à des officiers des pays partenaires a été organisé en octobre 1994 à l’École des systèmes d'information et de communication de l'OTAN. De son côté, le Collège de défense de l’OTAN a intégré les questions liées au PPP dans sa session principale.

    Les pays du Dialogue méditerranéen

    Le Dialogue méditerranéen a lui aussi été créé en 1994 ; il s’agissait au départ d’une tribune permettant de mener un dialogue politique. En 1997, lors d’une réunion à Sintra (Portugal), l’Alliance a décidé d’ouvrir certaines activités de formation militaire aux pays participant à cette initiative (ils sont actuellement au nombre de sept : Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Maroc, Mauritanie et Tunisie).

    Le renforcement de la coopération avec tous les partenaires

    En 1998, le Conseil de partenariat euro-atlantique a approuvé la création du Groupement PPP, et au sommet de Washington, en 1999, les dirigeants des pays de l'OTAN ont approuvé un plan pour un « Partenariat renforcé et plus opérationnel ». Par ailleurs, avec la révision du concept stratégique de l'Alliance en 1999, le rôle de l’École de l’OTAN a été fondamentalement modifié ; il prévoit désormais la coopération et le dialogue avec les personnels civils de pays non OTAN. 

    Le Centre interarmées d'analyse et de retour d'expérience a été créé en mai 2002 à Monsanto (Portugal). Cet établissement a pour mission d’effectuer une analyse et une expérimentation conjointes des opérations, des entraînements et des exercices, tout en associant les partenaires à ses activités.

    En février 2005, le Conseil de l'Atlantique Nord a pris note de l'initiative « La formation et l'entraînement pour la réforme de la défense ». Cette initiative aide les formateurs des pays du Conseil de partenariat euro‑atlantique à intégrer dans leurs programmes les principes liés à la mise en place d'institutions de défense. Comme les stages s'adressent aux fonctionnaires et aux autres personnes contribuant à la mise en place d'institutions de défense, ils permettent indirectement d'améliorer la réforme de la défense.

    La transformation par la formation

    Avec la création des deux commandements stratégiques en 2002, la coordination et la cohérence des activités OTAN de formation et d'entraînement se sont grandement améliorées. Ont suivi la création d’autres institutions de formation et le lancement de nouvelles initiatives.

    De nouveaux centres d'entraînement

    Un Centre de guerre interarmées a été inauguré à Stavanger (Norvège) le 23 octobre 2003. Le Centre d’entraînement de forces interarmées à Bydgoszcz (Pologne), qui a été inauguré le 31 mars 2004, assure la formation des forces des pays de l’OTAN et des pays partenaires en vue d'améliorer l'interopérabilité interarmées multinationale au niveau tactique.

    Intensification de la formation et des partenariats

    Au sommet d’Istanbul, en 2004, les dirigeants des pays de l’Alliance ont élevé le Dialogue méditerranéen au rang de partenariat à part entière, permettant ainsi à ses participants de prendre part en plus grand nombre aux exercices et aux stages de formation individuelle dans les institutions de l’OTAN. Des dispositions ont également été prises pour la coopération sur la réforme de la défense. Au même moment, l’Alliance a lancé l’Initiative de coopération d’Istanbul, qui ouvrait la voie à la coopération entre l’OTAN et les pays du Moyen‑Orient élargi (Bahreïn, Koweït, Qatar et Émirats arabes unis) dans des domaines comme la formation et l’entraînement.

    Ce sommet a également permis de prendre des dispositions pour que les partenaires prennent part à des entraînements conjoints de lutte contre le terrorisme et qu’ils s'entraînent avec la Force de réaction de l'OTAN.

    L'adoption du plan d'action du Partenariat pour l'établissement d'institutions de défense a donné un nouvel élan aux activités de l’OTAN en matière de réforme de la défense. Ce document décrit ce que l’OTAN et les partenaires veulent réaliser dans le domaine de la réforme de la défense.

    Le sommet de Chicago, tenu en 2012, a été l'occasion de réitérer l'importance de la formation et de l'entraînement pour l'avenir de l'Alliance, déclaration qui a été renforcée par le lancement de l'initiative d'interconnexion des forces.