Logistique

  • Mis à jour le: 08 Jun. 2012 12:15

Le terme « logistique » peut avoir des significations différentes selon les pays et le contexte. Il s’agit en fait d’avoir ce qu’il faut, là où il faut et au bon moment. L’OTAN définit la logistique comme la science de la planification et de l’exécution de déplacements des forces armées et de leur maintenance. On peut considérer que la logistique permet de faire le lien entre les forces déployées et la base industrielle qui produit les armes et les matériels dont ces forces ont besoin pour accomplir leur mission. En pratique, la logistique englobe le recensement des besoins ainsi que la constitution de stocks et de capacités, et le maintien en puissance des forces et de leur armement. La logistique couvre un très large éventail d’activités. L’approvisionnement, la maintenance, les mouvements et les transports, le soutien pétrolier, les infrastructures et le soutien médical sont les principales activités logistiques dont s’occupe l’OTAN.

La principale fonction de l’Alliance est de coordonner les efforts nationaux et d’encourager la mise en place d’un maximum de solutions multinationales permettant de répondre aux besoins opérationnels, grâce à la réduction du nombre des chaînes d’approvisionnement individuelles. La logistique multinationale va de pair avec la logistique collective, qui vise à réduire les coûts, à harmoniser les processus du cycle de vie et à accroître en permanence l’efficacité du soutien logistique.

Le principe de la responsabilité collective est au centre de cette approche. Il est fondé sur l’idée que l’OTAN et les pays participants sont responsables du soutien logistique des opérations multinationales de l’OTAN. Alors que l’OTAN est chargée de coordonner la fourniture du soutien logistique aux forces OTAN déployées et de déterminer les priorités correspondantes, chaque pays doit s’assurer qu’il est en mesure – à titre individuel ou dans le cadre d’accords de coopération – de fournir à ses propres forces les ressources logistiques dont elles ont besoin.

La logistique est d’une importance vitale pour toute opération militaire. Sans elle, les opérations ne pourraient être menées et soutenues, notamment lorsqu’il s’agit d’opérations hors zone.

Les nouvelles missions de l’Alliance sont radicalement différentes de celles menées au cours de la Guerre froide. Si dans les années 1990, les opérations de l’OTAN se déroulaient encore en Europe, les attaques du 11 septembre 2001 contre les États‑Unis ont conduit les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN à déclarer, à leur réunion tenue à Reykjavik en mai 2002, que la zone d’opérations de l’OTAN ne connaissait plus de limites géographiques. Cela allait bien évidemment poser des défis logistiques et la doctrine logistique de l’OTAN a dû évoluer en conséquence, tandis qu’étaient lancées, en parallèle, diverses initiatives visant à développer les capacités nécessaires.

  • Définitions

    Compte tenu de la définition de la logistique agréée par l’OTAN – science de la planification et exécution de déplacements des forces armées et de leur maintenance –, la logistique couvre les domaines suivants :

    • conception et mise au point, acquisition, stockage, transport, distribution, maintenance, évacuation et élimination de matériels ;
    • transport de personnel ;
    • acquisition, construction, maintenance, utilisation et déclassement d’installations ;
    • acquisition et prestations de services ;
    • soutien et soins médicaux.

    Ces services et responsabilités sont divisés en trois domaines :

    • logistique de production ;
    • logistique en phase d’exploitation ;
    • logistique de consommation.

    Logistique de production

    La logistique de production, ou logistique d’acquisition, relève essentiellement du secteur industriel. Elle concerne la planification, la conception, le développement et l’acquisition d’équipements et couvre donc la normalisation et l’interopérabilité, la passation de marchés, l’assurance de la qualité, l’acquisition de pièces de rechange, l’analyse de la fiabilité et de la maintenabilité, les normes de sécurité pour les équipements, les spécifications et les procédés de fabrication, les essais et mises à l'épreuve, la codification, la rédaction des documents relatifs aux matériels, le contrôle de la configuration et les modifications.

    S’il est vrai que la responsabilité en matière d’équipement et d’entretien des forces armées incombe en premier lieu aux pays, il n’en demeure pas moins que de nombreux domaines se prêtent à une coopération au sein de l’OTAN. Cette coopération se concrétise essentiellement dans le cadre de la Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA) et de ses organes subordonnés.

    Logistique d’exploitation

    La logistique d’exploitation fait le lien entre logistique de production et logistique de consommation. Elle englobe les fonctions associées à l’acquisition, à la réception, au stockage, à la distribution et à l'élimination des matériels indispensables à la maintenance de l'équipement et à l'approvisionnement des forces.

    Bien qu'ayant trait aux activités destinées à assurer la disponibilité d’un équipement/système d’armes et son aptitude à l'emploi, le soutien en phase d’exploitation démarre dès qu’intervient la décision d’inclure un système dans l’inventaire.

    L'Organisation OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSO) est le principal organe responsable dans ce domaine.

    Logistique de consommation

    La logistique de consommation, ou logistique opérationnelle, porte sur les fonctions « approvisionnement » et « soutien » des forces. Elle concerne la réception du produit initial, le stockage, le transport, la maintenance, l’utilisation et l’élimination des matériels. En conséquence, la logistique de consommation concerne le contrôle des stocks, la fourniture ou la construction d’installations, le contrôle des mouvements, la remontée d’information sur la fiabilité et les défaillances, les normes de sécurité pour le stockage, le transport et la manutention, et la formation qui s’y rapporte.

    Ces tâches relèvent principalement de la responsabilité du Comité de la logistique et du Comité des produits pétroliers. D’autres organismes, tels que le Comité des chefs des services de santé militaires au sein de l'OTAN, donnent des avis au Comité militaire sur des questions logistiques dans leurs domaines de responsabilité spécifiques.

    Ces domaines définis au sens large englobent des secteurs d’activité concrets, dont certains s’inscrivent dans le cadre des fonctions essentielles assumées par l’OTAN en matière de logistique.

  • Fonctions essentielles

    Les fonctions que l’OTAN assume en matière de logistique permettent aussi de comprendre les responsabilités de l’Alliance dans ce domaine. L’OTAN est chargée d’assumer un certain nombre de fonctions essentielles, qui peuvent parfois se chevaucher. Il s’agit notamment des fonctions décrites ci-après.

    Approvisionnement

    L’approvisionnement englobe tous les matériels et articles utilisés pour l’équipement, le soutien et le maintien en puissance des forces militaires. La fonction d’approvisionnement inclut la détermination des niveaux de stocks, l’approvisionnement, la distribution et la reconstitution des stocks.

    Maintenance

    Le terme de maintenance désigne toutes les mesures qui sont prises, réparations comprises, afin de maintenir le matériel dans un état spécifié, ou le remettre dans cet état. L’état de préparation opérationnelle des forces terrestres, navales et aériennes dépend, dans une large mesure, de la mise en place, en temps de paix, d’une maintenance préventive de haut niveau pour les équipements et les matériels connexes utilisés. Pour sa part, le terme de réparation désigne toutes les mesures prises pour remettre un matériel en état de marche le plus rapidement possible.

    Par ailleurs, il est tout aussi fondamental de maintenir des équipements sur le théâtre que de disposer en premier lieu de tels équipements. Ces deux exigences sont indissociables, comme le montre l’exemple des hélicoptères en Afghanistan : certains pays pourraient mettre des hélicoptères à disposition dans le cadre de l’opération menée en Afghanistan, mais les capacités permettant de maintenir ces hélicoptères sur le terrain leur font défaut.

    Mouvements et transports

    Il est nécessaire de disposer d’une capacité souple, qui permette aux forces de se déplacer rapidement sur les théâtres et entre ceux-ci, et d’être ainsi en mesure d’assumer toute la gamme des rôles et des missions de l’Alliance. Cette exigence de souplesse vaut également pour le soutien logistique nécessaire à la préparation et au maintien en puissance des opérations.

    Soutien pétrolier

    La chaîne d’approvisionnement pétrolier de l’OTAN doit pouvoir répondre aux besoins opérationnels de l’Alliance, en tenant compte des distances de déploiement et des opérations de dispersion envisagées. D’autres facteurs ont aussi des incidences sur la capacité de livraison des carburants, tels que la coopération accrue entre pays membres et pays partenaires, des considérations financières et la nécessité de renforcer l’interopérabilité. Aussi la capacité de livraison des carburants fait-elle l’objet d’une évaluation continue, le but étant de trouver des moyens novateurs de répondre aux nouveaux besoins.

    Génie du soutien des forces

    Le génie du soutien des forces, bien qu’il ne relève pas exclusivement de la fonction logistique, nécessite une étroite coordination avec la logistique ; en effet, cette discipline présente de fortes similitudes avec la logistique en ce sens qu’elle facilite l’ouverture de lignes de communications et la construction d’installations de soutien.

    La mission du génie jette un pont entre la logistique et les opérations, et elle détermine dans une large mesure le succès final de ces deux éléments.

    L'acquisition, la construction et l'exploitation d'installations forment la base du programme OTAN d’investissement au service de la sécurité, qui concerne à l’OTAN les installations et infrastructures affectées au soutien de forces militaires.

    Soutien médical

    Il est nécessaire de mettre en place un système de soutien médical performant qui permette le traitement et l’évacuation des personnels malades, accidentés et blessés, la réduction à un minimum des pertes en jours-personne et le retour des blessés à leur poste. On estime qu’un tel système permet de maintenir le moral des troupes et constitue un possible « multiplicateur de forces ». Il joue également un rôle essentiel en matière de protection des forces.

    Le soutien médical relève normalement de la responsabilité des pays, mais la planification doit être suffisamment souple pour pouvoir tenir compte des approches multinationales. Le degré de multinationalité varie en fonction des circonstances de la mission et de la volonté des pays de participer.

    Fonctions facilitatrices

    En plus des fonctions essentielles, il convient d’assumer des fonctions facilitatrices, dont notamment :

    • la gestion des informations logistiques : elle permet de combiner les technologies de l’information existantes et les processus et pratiques logistiques pour répondre aux besoins du commandement OTAN et des pays en matière d'informations logistiques.
    • la réception, le regroupement et l’acheminement vers l’avant : il s’agit de la phase du déploiement qui est consacrée à la transition des unités, du personnel, des équipements et des matériels depuis les ports de débarquement (POD) jusqu'à leur destination finale. Bien que cette phase relève du volet opérationnel, elle requiert la fourniture d'un soutien logistique important.
    • la passation de marchés : cette activité est devenue de plus en plus importante pour la conduite des opérations, en particulier hors du territoire de l'OTAN. Elle permet d’avoir rapidement accès à des ressources disponibles dans le pays, par l’acquisition des biens et des services dont le commandant a besoin.
    • le soutien fourni par le pays hôte : s’il est assuré, ce soutien peut apporter au commandant OTAN et aux pays contributeurs un appui notamment logistique, conformément aux arrangements négociés entre l’OTAN et/ou les pays contributeurs et le gouvernement du pays hôte. Il permet de réduire le nombre des forces et des matériels logistiques requis pour le déploiement, le maintien en puissance et le redéploiement des forces, dont la mise à disposition devrait autrement être assurée par les pays contributeurs.

    Domaines connexes

    Plusieurs autres domaines, plus ou moins liés aux fonctions essentielles et facilitatrices, sont aussi suivis dans le cadre de la logistique OTAN. Il s’agit notamment de la neutralisation des explosifs et munitions, de la protection de l’environnement, de la coopération civilo-militaire et de la normalisation.

    Les travaux effectués dans ces domaines sont importants pour la réussite d’une opération. Par exemple, la normalisation est un outil clé pour la réalisation de l’interopérabilité, laquelle a une incidence directe sur la soutenabilité de la mission et l'efficacité des forces au combat. L'interopérabilité requiert au minimum la communité des concepts, doctrines et procédures, la compatibilité des équipements et l'interchangeabilité des approvisionnements de combat. L’OTAN définit des normes et elle encourage les différents pays à les adopter, et elle élabore des accords de normalisation OTAN – appelés STANAG – pour les procédures, les systèmes et les composants d’équipement.

    La logistique comprend aussi la fourniture de certains matériels et services, qui n’est pas assurée par l’OTAN actuellement. Les services pour les troupes au combat et les activités logistiques concernent, par exemple, la mise à disposition de personnels et de compétences, le logement/l’hébergement, les inhumations, l’approvisionnement en eau, la cantine, la blanchisserie, les installations sanitaires et d’autres services tels que la redistribution des cartes ou les services postaux et de courrier.

  • Principes, politiques et planification logistiques

    Les principes et les politiques qui orientent la logistique de l’OTAN ont été revus en 2004 afin de tenir compte de l’expérience pratique tirée d’opérations de gestion des crises dirigées par l’OTAN.

    La transition vers des opérations de nature plus expéditionnaire et élargies à la défense contre le terrorisme a accru la probabilité d’un déploiement rapide au-delà du territoire de l’OTAN.

    La présence de forces dans des zones nettement plus éloignées qu'auparavant, traversées de longues voies de communication possiblement très médiocres, et où le soutien fourni par le pays hôte est faible ou inexistant, souligne la nécessité de disposer de capacités logistiques déployables. En outre, l’accès garanti à des moyens de transport stratégique (par exemple des avions) et à des éléments facilitateurs logistiques déployables est devenu crucial.

    Évidemment, les incertitudes concernant la zone d’opérations et la composition des forces déployées viennent compliquer l’état de préparation logistique. Toute opération d’une certaine durée va poser aussi des problèmes de soutenabilité, y compris les opérations liées aux éléments de forces logistiques requis pour maintenir l’approvisionnement et le soutien des forces combattantes.

    Pour pouvoir surmonter ces difficultés plus efficacement, l’OTAN encourage la multinationalité dans le soutien logistique à tous les niveaux.

    Logistique coopérative et multinationale

    Deux paramètres permanents caractérisent les fonctions logistiques assumées par l’OTAN : la logistique coopérative et la logistique multinationale.

    • Logistique coopérative
      Il s’agit essentiellement d’optimiser la coopération logistique de façon à réaliser des économies, à harmoniser les processus du cycle de vie et à améliorer l’efficacité du soutien logistique en temps de paix, en période de crise et en temps de guerre.
    • Logistique multinationale
      Il s’agit essentiellement d’améliorer l’efficience et l’efficacité grâce à la mise en place de solutions multinationales permettant de répondre aux besoins opérationnels, telles que les pays chefs de file, la spécialisation des rôles et le soutien logistique intégré multinational.
      La logistique multinationale est un concept légèrement plus complexe en ce sens qu’il suppose la création d’unités de soutien logistique intégré multinational.

    Unités de soutien logistique intégré multinational

    Les unités de soutien logistique intégré multinational (MILU) sont constituées de deux pays au moins et elles sont chargées, sous le contrôle opérationnel d’un commandant OTAN au niveau de la force interarmées ou de la composante, de fournir un soutien logistique à une force multinationale. La Belgique, le Luxembourg, la Grèce et l’Autriche ont constitué la première MILU, l’unité de transport BELUGA, chargée de soutenir la Force de stabilisation (SFOR), qui a succédé à la Force de mise en œuvre (IFOR) en Bosnie-Herzégovine en décembre 1996.

    Quelques MILU ont été constituées par la suite sur une base ad hoc et pour une courte durée dans le cadre de la SFOR et de la KFOR (Force pour le Kosovo dirigée par l'OTAN et déployée en 1999).

    Pour réaliser des économies d’échelle, l’OTAN mutualise aussi ses ressources logistiques grâce à l’établissement de MILU permanentes. En avril 2005, la Bulgarie, le Canada, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Croatie (pays alors membre du Partenariat pour la paix (PPP)) sont par exemple convenus de former et de maintenir en puissance la première MILU permanente, la MILU « État-major interarmées des mouvements sur le théâtre » (MILU JTMS). Sur la base des enseignements tirés d’opérations et des besoins des commandants OTAN, les pays participants ont décidé que cette MILU serait rebaptisée MILU sur le contrôle des mouvements. Le nouveau mémorandum d’entente a été signé en mars 2010. Cette unité fournit des capacités de contrôle des mouvements au cours d’opérations et d’exercices OTAN.

    Les principes

    Les principes exposés ci-après concernent l'élaboration de politiques et de doctrines pour tous les domaines fonctionnels de la logistique, y compris les mouvements et les transports, et le soutien médical (à l’exception de l’Allemagne, où le soutien médical n’est pas considéré comme une fonction logistique). Comme indiqué précédemment, le premier principe, à savoir la responsabilité collective, est l’élément moteur du soutien logistique à l’OTAN.

    Les principes ont volontairement été établis de façon à se chevaucher quelque peu afin qu'ils puissent constituer une base large et cohérente pour la fourniture d’un soutien logistique à toute mission éventuelle de l’Alliance. Les définitions ci-après sont largement inspirées du MC 319/2(définitif), approuvé par le Comité militaire en 2004, qui définit les principes et la politique logistiques de l'OTAN.

    Responsabilité collective

    Les pays et les autorités de l'OTAN sont collectivement responsables du soutien logistique des opérations multinationales de l'OTAN. Cette responsabilité collective incite les pays et l'OTAN à coopérer pour la mise à disposition et l’utilisation des capacités et des ressources logistiques permettant de soutenir les forces de manière efficiente et efficace. Dans le domaine de la logistique, la normalisation, la coopération et la multinationalité constituent ensemble les fondements d'une utilisation souple et efficace du soutien logistique, et contribuent de ce fait à la réussite des opérations.

    Autorité

    Il existe un lien essentiel entre responsabilité et autorité. L’attribution de responsabilités à tout commandant OTAN doit s’accompagner d’une délégation d’autorité de la part des pays et de l’OTAN, afin de permettre aux intéressés de s'acquitter de leurs responsabilités. Le commandant OTAN à l’échelon approprié doit disposer d’une autorité suffisante sur les ressources logistiques nécessaires, afin de pouvoir recevoir, utiliser, soutenir et redéployer le plus efficacement possible les forces qui lui sont confiées par les pays. Il doit en être de même pour les commandants non OTAN des forces multinationales participant à une opération dirigée par l’OTAN.

    Primauté des besoins opérationnels

    Toutes les activités de soutien logistique, menées tant par le secteur militaire que par le secteur civil, devraient être axées sur Ia satisfaction des besoins opérationnels conditionnant Ia réussite de Ia mission.

    Coopération

    La coopération entre les pays et l'OTAN est essentielle. La coopération pour toutes les questions de logistique, y compris entre les secteurs civil et militaire dans les pays et entre ces derniers, contribuera à une utilisation optimale de ressources limitées. Pour les opérations de réponse aux crises ne relevant pas de l’article 5, cette coopération doit être élargie aux pays non membres de l’OTAN, ainsi qu’à d’autres organisations compétentes, selon les besoins.

    Coordination

    Le soutien logistique doit être coordonné, à tous les niveaux, tant entre les pays qu’entre l'OTAN et les pays. II doit également I'être avec les pays non membres de I'OTAN et avec d'autres organisations pertinentes, selon les besoins. Des accords génériques et permanents établis au préalable facilitent la coordination et la coopération dans le domaine de la logistique. La responsabilité globale de la coordination incombe à l’OTAN, qui doit l’assumer dans le cadre de ses fonctions habituelles.

    Mise à disposition garantie

    Les pays et I'OTAN doivent veiller, individuellement ou collectivement, à Ia mise à disposition des ressources logistiques nécessaires au soutien des forces affectées a I'OTAN en temps de paix, en période de crise ou en cas de conflit.

    Suffisance

    Le soutien logistique doit être fourni en quantité et en qualité suffisantes, moyennant un délai approprié, au moment et à I'endroit voulus, pour I'éventail complet des missions susceptibles d'être confiées à I’Alliance. Il doit être assuré en permanence pour toute opération dirigée par l’OTAN, jusqu’à ce que l’objectif de la mission ait été atteint.

    Efficacité

    Les ressources logistiques doivent être utilisées de manière aussi efficace et économique que possible. Les besoins doivent être recensés en temps utile pour que la mise à disposition et l’utilisation de ces ressources s’effectuent dans des conditions d’efficience et d’efficacité maximales.

    Souplesse

    Le soutien logistique doit être anticipatif, adaptable et suffisamment souple pour pouvoir atteindre l’objectif fixé. Cette souplesse est servie par une planification adéquate prenant en compte les évolutions possibles de la situation.

    Visibilité et transparence

    La visibilité et la transparence des ressources logistiques sont indissociables d'un soutien logistique efficace. Les commandants OTAN doivent pouvoir compter sur des échanges d'informations rapides et précis entre les pays et l’OTAN pour pouvoir définir les priorités des expéditions vers la zone d'opérations interarmées (JOA) et à l'intérieur de celle-ci, pour les réorienter conformément aux accords entre le commandant et les éléments de soutien nationaux, et pour utiliser efficacement les moyens logistiques dans la JOA.

    Les politiques générales

    Une hiérarchie des documents de politique générale

    Il existe une hiérarchie formelle des politiques et doctrines logistiques. Au sommet de la hiérarchie figurent les politiques logistiques à portée stratégique, qui sont publiées en tant que mémorandums du Conseil et documents du Comité militaire. Viennent ensuite la doctrine logistique interarmées, la doctrine relative à la logistique de composante, les tactiques, techniques et procédures logistiques, et les directives logistiques.

    La politique OTAN de coopération logistique

    En 2001, une politique OTAN de coopération logistique a été élaborée afin d’améliorer la coopération multinationale. Le concept de coopération logistique fournit un cadre pour la mise en œuvre de cette politique ; il est composé de trois éléments principaux :

    • les documents de politique et d’orientation de l’Alliance, qui, dans leur propre domaine, guident et infléchissent la logistique OTAN ;
    • les mécanismes de coopération (ou « mécanismes facilitateurs ») – politiques, doctrine, activités, systèmes, normes, procédures et capacités –, qui favorisent la coopération logistique ;
    • le mécanisme formel d’harmonisation, de coordination et de contrôle, qui permet de recenser et de gérer en permanence les objectifs de coopération et les mécanismes facilitateurs, de mettre ces derniers en place et de réaliser les objectifs.

    Responsabilité et autorité

    Tous les documents de politique générale en matière de logistique fixent les principes dont il est question plus haut : responsabilité collective, autorité, primauté des besoins opérationnels, coopération, coordination, mise à disposition garantie, suffisance, efficacité, souplesse, visibilité et transparence.

    Les principes de responsabilité et d’autorité jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre générale du soutien logistique.

    • Responsabilité
      C’est aux pays qu’il appartient, en dernier ressort, d’équiper leurs forces et de garantir, à titre individuel ou dans le cadre d’accords de coopération, la fourniture des ressources logistiques permettant d’assurer le soutien des forces affectées à l’OTAN en temps de paix, en période de crise et en cas de conflit. Les pays conservent la responsabilité de leurs ressources jusqu’à ce que celles-ci soient mises à la disposition de l’OTAN par des mécanismes agréés de transfert d’autorité (TOA).
      Le commandant stratégique OTAN exerce le contrôle des ressources mises en commun selon les instructions données, et il est responsable de leur soutien logistique. Il lui appartient d’établir les besoins logistiques pour toutes les phases d’une opération et d’élaborer un plan de soutien logistique à l’appui du plan d’opération. Le commandant stratégique veille aussi à ce que la structure des forces logistiques et les mécanismes de commandement et de contrôle (C2) soient en place, et aptes à soutenir l'opération.
      Les pays et les autorités de l’OTAN veillent collectivement à ce que le commandant OTAN ait accès aux informations logistiques requises.
    • Autorité
      Le commandant OTAN a les pouvoirs clés lui permettant de prendre les dispositions nécessaires pour que sa force reçoive un soutien adéquat, et de mettre en place une structure de soutien à la mesure du besoin opérationnel. En vertu de ces pouvoirs clés, il est habilité :
      • à exercer le commandement des ressources logistiques financées en commun et le contrôle opérationnel des unités de soutien logistique intégré multinational (MILU) et des autres moyens logistiques mis à disposition selon les instructions ;
      • à redistribuer les moyens logistiques que les pays mettent à disposition pour le soutien des forces, conformément aux conditions et modalités approuvées au préalable ;
      • à vérifier la quantité et la qualité des moyens logistiques destinés au soutien des forces qui seront sous son commandement, et à exiger l’établissement de rapports à ce sujet.
      Cette autorité vaut également pour les commandants non OTAN d'une force multinationale participant à une opération dirigée par l'OTAN.

    Planification logistique

    Tous les logisticiens de l’OTAN sont associés au processus visant à faire en sorte que l'Alliance dispose, à titre collectif, d’une capacité suffisante pour accomplir ses objectifs et ses missions.

    Planification logistique et établissement des plans de défense

    La planification logistique fait partie intégrante du processus OTAN de planification de défense, qui définit les objectifs de l’Alliance. La planification de défense offre un cadre à l’intérieur duquel les plans de défense des pays et de l’OTAN peuvent être harmonisés afin de répondre le plus efficacement aux besoins agréés de l'Alliance. En d’autres termes, la planification de défense permet à l’Alliance de disposer des forces, moyens, installations et capacités requis pour qu’elle puisse s’acquitter des tâches découlant de toute la gamme de ses missions, conformément au concept stratégique. À ce titre, la planification de défense concerne à la fois les capacités propres à l’OTAN et celles des pays alliés.

    Concrètement, la planification logistique est effectuée dans le cadre du processus de planification des forces et du processus de planification et d’examen (PARP) du Partenariat. C’est au cours de ces processus que les capacités logistiques nécessaires au déploiement, au maintien en puissance et au redéploiement des forces de l’Alliance sont recensées par les commandants stratégiques, en consultation avec les pays participants.

    Les commandants OTAN peuvent solliciter les capacités logistiques dans le cadre du processus de planification opérationnelle, en vue de les utiliser dans une opération dirigée par l’OTAN. Les modalités relatives aux pouvoirs et responsabilités ainsi qu’aux questions financières en rapport avec la logistique multinationale sont arrêtées au cours du processus de planification opérationnelle.

    Les commandants stratégiques sont également chargés d’établir les niveaux de stocks nécessaires, en consultation avec les pays participants. À cette fin, les besoins de l’OTAN sont recensés dans la directive de planification des stocks de l’OTAN, qui est revue et communiquée aux pays tous les deux ans.

    Le stockage est étroitement lié aux principes de préparation et de soutenabilité logistiques. Il faut que les plans logistiques des pays et de l’OTAN prévoient des ressources logistiques suffisantes, en quantité et en qualité, correspondant à des niveaux de préparation et de déployabilité permettant d’assurer le soutien des forces jusqu’à la mise en place d’un système de réapprovisionnement. En outre, il faut maintenir la puissance de combat pour la durée prévue des opérations, ce qui suppose, pour garantir la satisfaction des besoins, qu'il existe des stocks suffisants ou un accès garanti aux capacités des firmes industrielles, et qu’il y ait des accords, des contrats de services d’urgence et d’autres moyens, y compris un soutien des contractants aux opérations.

    Vision et objectifs logistiques de l’OTAN

    La Conférence des hauts responsables de la logistique de l'OTAN (SNLC) – rebaptisée Comité de la logistique depuis juin 2010 – a décidé en 1999 d’établir la vision et les objectifs logistiques de l'OTAN. Le document correspondant est en fait un outil de planification qui offre au Comité de la logistique un mécanisme permettant de coordonner et d’harmoniser, pour le compte du Conseil de l’Atlantique Nord et du Comité militaire, l’élaboration et l’exécution des politiques et initiatives logistiques au sein de l’OTAN. Il prévoit également la prise en compte, lors de l’établissement des plans de défense, des préoccupations logistiques plus vastes de l’Organisation.

    Le document Vision et objectifs logistiques de l’OTAN présente une vision globale de la logistique OTAN pour une période de dix ans ; des objectifs globaux alignés sur des directives de haut niveau ; et des besoins détaillés précisant les mesures à prendre, les organismes responsables et les échéances d’exécution.

    Le processus d’élaboration et de mise en œuvre de la Vision et des objectifs logistiques de l’OTAN

    Ce processus comprend trois phases :

    • élaboration et approbation de la vision et des objectifs stratégiques ;
    • élaboration et approbation des objectifs et des tâches ;
    • suivi et gestion de la réalisation des objectifs et des tâches.

    Les V&O logistiques de l’OTAN sont approuvés par le Comité de la logistique ; ils portent sur une période de dix ans et sont actualisés tous les quatre ans, un réexamen étant possible après deux ans, s’il y a lieu. Les comités traitant de logistique et de questions connexes sont invités à coopérer à la réalisation des V&O logistiques.

    Un point sur l’état d’avancement des objectifs est présenté au Comité de la logistique au moyen d’un rapport annuel sur la logistique, qui est également communiqué aux ministres de la Défense afin qu’ils en prennent note.

    Planification logistique et planification opérationnelle

    La planification logistique opérationnelle s’inscrit dans le cadre du processus global OTAN de planification opérationnelle. Il s’agit d’obtenir les ressources logistiques réellement nécessaires pour une opération donnée, tandis que la planification logistique vise à garantir la disponibilité des moyens logistiques en général. Trois documents clés sont établis dans le cadre de la planification opérationnelle :

    • le concept d'opération (CONOPS) ;
    • le plan d’opération (OPLAN) ;
    • le plan de circonstance (COP).

    En plus de ces trois documents, des lignes directrices relatives au soutien logistique sont établies ; elles tiennent compte de considérations telles que la géographie du théâtre et la situation politique et militaire. D’autres questions sont également prises en compte comme le recours à la logistique multinationale, la planification des mouvements, la planification médicale, le rôle du pays hôte et la coordination avec les organisations internationales et les organisations non gouvernementales.

  • Les organismes concernés

    Un certain nombre de comités, organisations et agences chargés de politiques connexes jouent un rôle ou apportent un soutien en matière de logistique. Il s’agit notamment des organismes suivants :

    • le Comité de la logistique ;
    • le Comité des produits pétroliers, qui fait maintenant rapport au Comité de la logistique ;
    • le Comité des chefs des services de santé militaires au sein de l'OTAN (COMEDS) ;
    • le Comité des plans d'urgence dans le domaine civil (CEPC) ;
    • le Comité de normalisation ;
    • le Groupe de travail ad hoc du COR sur la logistique ;
    • l’Organisation OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSO) ;
    • l’Organisation de gestion des oléoducs en Centre-Europe (CEPMO) ;
    • le Bureau de coordination logistique des deux SC* ;
    • le Forum des deux SC* sur les mouvements et les transports ;
    • le Groupe consultatif médical des deux SC*.

    * commandements stratégiques.

    Il convient de faire la distinction entre les comités et les organisations qui s’occupent de logistique. Les comités sont des organes qui sont gérés par les pays membres et dont les décisions doivent être pleinement approuvées, c'est-à-dire prises par consensus, pour qu’une suite leur soit donnée. Les organisations sont des structures à financement multinational qui travaillent dans le cadre d’une charte OTAN approuvée et qui bénéficient donc d’une relative autonomie. Lorsqu’une organisation est créée, il s’agit en général d’une organisation de gestion, qui dispose de sa propre agence d’exécution, comme, par exemple, l’Organisation OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSO) et l’Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA). Le directeur de la NAMSA est responsable devant le Conseil d’administration, au sein duquel les pays membres participants sont représentés.

    Le Comité de la logistique

    Le Comité de la logistique est le principal comité traitant de logistique.

    Son mandat global comporte deux volets : traiter les questions de logistique dans le but d’améliorer les performances, l’efficacité générale, la soutenabilité et l’efficacité au combat des forces de l’Alliance, et exercer, au nom du Conseil de l’Atlantique Nord, une autorité globale de coordination pour l’ensemble des fonctions logistiques au sein de l’OTAN.

    Le Comité de la logistique mène ses travaux au travers de quatre organes subordonnés, dont les principaux sont le Groupe exécutif du Comité de la logistique et le Groupe Mouvements et transports (M&TG).

    Le Comité de la logistique relève du Conseil de l’Atlantique Nord comme du Comité militaire, la logistique dépendant de facteurs à la fois civils et militaires.

    Le Comité des produits pétroliers

    Le Comité des produits pétroliers est l’organisme consultatif de haut niveau de l’OTAN chargé du soutien logistique des forces de l’Alliance pour tous les aspects en rapport avec les produits pétroliers, notamment le réseau de pipelines de l'OTAN (NPS), les autres installations pétrolières et le matériel de manutention.

    Le Comité des produits pétroliers est l’organisme spécialisé qui, sous l’autorité du Comité de la logistique, est chargé de s’assurer que l’OTAN peut répondre à ses besoins en produits pétroliers en temps de paix, en période de crise et en cas de conflit, y compris lors d'opérations de forces expéditionnaires.

    Il a été initialement créé en 1956 en tant que Comité OTAN des pipelines, puis il a changé de nom à deux reprises : la première fois en mars 2008, lorsqu’il a été rebaptisé Comité OTAN des produits pétroliers afin de mieux refléter l’élargissement de son rôle et de ses responsabilités, et la seconde fois en juin 2010, dans le cadre d’une revue approfondie de la structure des comités, lorsqu'il a été renommé Comité des produits pétroliers et a été placé sous l’autorité du Comité de la logistique.

    Le Comité des chefs des services de santé militaires au sein de l’OTAN

    Le Comité des chefs des services de santé militaires au sein de l’OTAN (COMEDS) fait office de point central pour l’approfondissement et la coordination des questions médicales militaires et la formulation d’avis médicaux à l’intention du Comité militaire de l’OTAN.

    Le Comité des plans d'urgence dans le domaine civil

    Le Comité des plans d'urgence dans le domaine civil (CEPC) est responsable des orientations et de la coordination générale des plans civils d'urgence et de l'état de préparation au niveau de l'OTAN. Il facilite l’intégration, dans les plans opérationnels de l’Alliance, du soutien et des avis émanant du secteur civil sur les questions civiles, y compris l’utilisation possible de ressources logistiques militaires lors de situations d'urgence dans le domaine civil. Il travaille en étroite coordination avec le Comité de la logistique.

    Le Comité de normalisation

    Le Comité de normalisation est la haute autorité de l'Alliance chargée de donner au Conseil de l'Atlantique Nord des avis coordonnés sur les questions générales de normalisation.

    Étant donné que la normalisation OTAN a pour but d’accroître l’efficacité opérationnelle de l’Alliance en réalisant l’interopérabilité entre les forces de l’Alliance ainsi qu’entre celles-ci et les forces des Partenaires et d’autres pays, le Comité de normalisation travaille en coordination avec le Comité de la logistique.

    D’autres organismes OTAN s’occupant de logistique

    Le Groupe de travail ad hoc du Conseil OTAN-Russie sur la logistique

    Le Groupe de travail ad hoc du Conseil OTAN-Russie sur la logistique (NRC(LOG)) est un groupe civilo-militaire. Il a pour mission de recenser les possibilités d’action conjointe dans tous les domaines de la logistique, et d’entreprendre et de mettre en œuvre des programmes civils et militaires de coopération logistique entre les pays membres du COR. Il s’attache principalement à développer le partage d’informations de façon à renforcer la compréhension mutuelle dans le domaine de la logistique.

    Le plan d’action annuel pour la logistique rassemble toutes les initiatives du COR en matière de coopération logistique tant civile que militaire.

    L’Organisation OTAN d’entretien et d’approvisionnement

    L’Organisation OTAN d’entretien et d’approvisionnement (NAMSO) assure le soutien logistique de l’OTAN ou de ses membres, à titre individuel ou collectif. Elle a pour mission d’optimiser, en temps de paix comme en temps de guerre, l’efficacité du soutien logistique des forces armées des pays de l’OTAN et de réduire les dépenses au minimum.

    L’Organisation de gestion des oléoducs en Centre-Europe (CEPMO)

    L'organisation de gestion des oléoducs en Centre-Europe (CEPMO) est l'organisme qui gère le réseau Centre-Europe des pipelines (CEPS).

    Le CEPS constitue la partie la plus importante du réseau de pipelines de l'OTAN (NPS). Son principal objectif est de répondre aux besoins opérationnels en Europe centrale en temps de paix, en période de crise et en cas de conflit. Cela signifie que la priorité de la CEPMO est de veiller à ce que, en cas de besoin, les missions militaires conduites en Europe centrale ou utilisant les bases aériennes européennes comme plate-forme intermédiaire disposent à tout moment de carburant répondant aux spécifications techniques requises.

    Lorsqu’il a été répondu aux besoins militaires en temps de paix, toute capacité restante peut être utilisée à des fins commerciales, moyennant des règles strictes, pour réduire les coûts.

    Le Bureau de coordination logistique des deux SC

    Le Bureau de coordination logistique (LCB) des deux SC est chargé de formuler à l’intention des commandements stratégiques des avis et des recommandations sur les orientations et la doctrine, les concepts, les structures, les plans et les procédures logistiques venant à l’appui des opérations de l'OTAN. Il est chargé, pour le compte de la SNLC, d’élaborer des documents de doctrine interarmées sur la logistique et d’examiner d'autres documents logistiques en vue d'assurer la cohérence et l'harmonisation des doctrines et procédures logistiques dans l'ensemble des publications de l'OTAN.

    Le LCB des deux SC a été créé par les commandements stratégiques en 1996 en tant qu’enceinte de haut niveau chargée de coordonner, à l’échelle de l'Alliance, les questions relatives à la politique et à la planification logistique entre les SC, la structure de commandement de l'OTAN, les pays de l'OTAN et des agences désignées.

    Le Forum des deux SC sur les mouvements et les transports

    Le Forum des deux SC sur les mouvements et les transports est chargé de formuler à l’intention des commandements stratégiques des avis et des recommandations sur les orientations et la doctrine, les concepts, les structures, les plans et les procédures en matière de mouvements et de transports venant à l’appui des opérations de l'OTAN.

    Le Forum des deux SC sur les mouvements et les transports, également créé en 1996, est l'instance de haut niveau chargée de coordonner, à l’échelle de l'Alliance, les questions relatives à la politique et à la planification des mouvements et des transports entre les commandements stratégiques, les pays de l'OTAN et des agences désignées. Les questions relatives aux mouvements et aux transports qui présentent un intérêt pour le Forum sont celles qui découlent des responsabilités des commandants OTAN en matière de mouvements et de transports, et des concepts et politiques élaborés au siège de l'OTAN.

    Le Groupe consultatif médical des deux SC

    Le Groupe consultatif médical (MEDAG) des deux SC est l’enceinte au sein de laquelle les commandants stratégiques s’entretiennent de questions d’ordre médical. Les questions médicales qui présentent un intérêt pour le Groupe sont celles qui découlent des responsabilités des commandants OTAN dans le domaine médical et des concepts et politiques élaborés au siège de l'OTAN.

  • L'évolution de la logistique

    Pendant la Guerre froide

    Pendant la Guerre froide, l’OTAN adhérait au principe selon lequel la logistique était un domaine de compétence nationale. Par conséquent, son action se limitait exclusivement, à l’époque, à définir des besoins globaux en matière de logistique et à s’assurer de leur prise en compte. Ce principe a continué de régir les plans et actions de l’OTAN jusqu’au début des années 1990, quand il fallut reconnaître et accepter la transformation fondamentale de la situation stratégique sous-jacente à cette approche.

    Pendant la Guerre froide, la logistique de l’OTAN se limitait donc concrètement à la zone de l’Atlantique Nord. L’Alliance prévoyait une défense linéaire de l’Allemagne de l’Ouest avec des corps nationaux appuyés par des éléments de soutien nationaux.

    Les lignes de communications en Europe s’étendaient vers l’ouest et vers le nord jusqu’à la Manche et aux ports de la mer du Nord. La planification prévoyait que les renforts et les approvisionnements seraient acheminés par mer depuis les États-Unis et le Canada jusqu’aux ports de la mer du Nord et transportés par voie aérienne jusqu’aux bases européennes, en vue de l’enlèvement d’équipements prépositionnés.

    Le réseau de pipelines de l'OTAN a évolué de manière à pouvoir approvisionner en carburant les forces de l’OTAN en Europe. L’Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA) a été créée au Luxembourg, initialement pour aider les pays européens à acheter, dans les 1950, des avions de combat américains relevant du programme américain de ventes militaires à l'étranger.

    Dans les années 1990, l'OTAN a reconnu que l’environnement de sécurité dans lequel elle opérait avait changé en raison de l’élargissement de l’OTAN, de la mise en place du Partenariat pour la paix (PPP) et d’autres programmes de coopération avec l’Europe centrale et orientale, de la coopération avec d’autres organisations internationales, et des opérations de soutien de la paix menées dans les Balkans. Tous ces développements constituaient des défis importants pour les services logistiques de l’OTAN.

    L’expérience des Balkans

    Le déploiement par l’OTAN de la Force de mise en œuvre (IFOR) en Bosnie-Herzégovine en décembre 1995 a mis en évidence des insuffisances dans le soutien logistique apporté par l’Alliance aux opérations de soutien de la paix. L’empreinte logistique, qui se caractérisait par des structures logistiques nationales redondantes et inefficaces, était très importante. Les expériences tirées de l’IFOR ont abouti à des révisions majeures des politiques et procédures logistiques de l’OTAN et du PPP, et elles ont mis en évidence la nécessité d’une plus grande multinationalité dans le domaine logistique.

    Le déploiement et l’approvisionnement des 60 000 hommes composant l’IFOR en Bosnie-Herzégovine incombaient aux pays et se faisaient par route, rail, mer et air, via des voies de communication relativement courtes.

    Alors que l’IFOR pouvait compter sur un certain soutien du pays hôte – assistance civile et militaire des pays voisins et même de la Bosnie-Herzégovine –, elle était largement dépendante des éléments de soutien des pays contributeurs et des capacités de soutien logistique redondantes dont ceux-ci disposaient, ce qui réduisait l’efficience et l'efficacité globales de la Force dans son ensemble.

    La Force de stabilisation (SFOR), qui a remplacé l’IFOR, et la Force pour le Kosovo (KFOR), qui a été déployée dans la province serbe en juin 1999, ont souffert du même cloisonnement entre soutiens logistiques nationaux que celui dont avait pâti l’IFOR. Ainsi par exemple, la KFOR disposait de cinq hôpitaux de campagne (que la plupart des pays de l’OTAN intégraient dans leurs structures logistiques), un par brigade, alors que la Force n’en avait pas besoin d’autant.

    Renforcement de la coopération et de la multinationalité

    Dès janvier 1996, les logisticiens de l'OTAN ont pris acte des nouveaux défis auxquels l'Alliance se trouvait confrontée, au nombre desquels figuraient notamment la réduction des ressources militaires, et donc la nécessité de renforcer la coopération et la multinationalité en matière de soutien logistique. Les nouveaux défis logistiques exigeaient de l’Alliance qu’elle soit en mesure d'assurer le soutien logistique d'opérations de réponse aux crises ne relevant pas de l’article 5, ces dernières étant susceptibles d’être menées dans des régions très éloignées des bases logistiques et industrielles des pays et en dehors du territoire de l’OTAN, où l’on ne peut compter sur un pays hôte disposé à fournir un soutien ou possédant les ressources nécessaires. Les opérations correspondant à cette description devaient pouvoir être menées dans un cadre juridique du temps de paix, c’est-à-dire en l’absence de mobilisation et/ou d’une législation d’urgence, et prévoir l'intégration de forces militaires de pays non membres de l’OTAN avec leurs moyens de soutien logistique.

    Le concept stratégique de 1999

    La Conférence des hauts responsables de la logistique de l’OTAN (SNLC), à l’époque la plus haute instance dans le domaine de la logistique, s’est alors employée à traduire le concept stratégique de 1999 de l’Alliance en principes et dispositions logistiques adaptés, souples et interopérables. Elle a commencé par élaborer une vision de la logistique OTAN devant permettre de relever le défi du développement de la responsabilité collective que l'OTAN et les pays concernés partagent en matière de logistique.

    Cette responsabilité collective, qui résulte d'une coordination et d'une coopération étroites entre autorités des pays et de l'OTAN au cours des phases de planification et d’exécution, accorde plus de place à une utilisation efficace des ressources civiles.

    Avec l’expérience acquise lors d’opérations dirigées par l’OTAN, les pays ont pu apprécié l’intérêt d’une approche collective du soutien logistique, notamment dans le cas de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan.

    L’expérience afghane

    Après les attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, l'OTAN ne pouvait plus se permettre de mettre en œuvre la logistique de la même façon qu'elle l'avait fait dans les Balkans.

    L’OTAN, dans le cadre de la FIAS, a commencé à faire face à certaines limites en Afghanistan, où le relief accidenté, l’absence de revêtement routier et les menaces sécuritaires ne favorisent pas les déplacements sur les longues lignes de communication qui traversent ce pays enclavé et éloigné de l’Europe.

    La Force est donc largement dépendante des transports aériens pour ce qui est des mouvements, des renforts et des approvisionnements. La plupart de ses besoins en transport aérien sont satisfaits grâce à la mise à disposition d’avions américains ou russes, affrétés par le Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe (SHAPE) par l’intermédiaire de l’Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA), située au Luxembourg.

    Des aéronefs tactiques à voilure fixe et à voilure tournante étaient indispensables pour l’élargissement de la mission de la FIAS au-delà de Kaboul, car par route, le voyage capitale-provinces peut prendre des jours, voire être impossible en hiver s’il y a de la neige. L’élargissement a commencé en janvier 2005 par la création d’équipes de reconstruction provinciales (PRT) au nord de la capitale afghane, puis à l’ouest, au sud et à l’est.