L'OTAN appelle à un partenariat étroit avec la Russie dans le domaine de la défense antimissile

  • Mis à jour le: 09 May. 2012 13:26

Lors d'une conférence tenue à Moscou le 3 mais 2012, le Secrétaire général délégué de l’OTAN, M. l’Ambassadeur Alexander Vershbow, a appelé à une coopération étroite entre l'OTAN et la Russie dans le domaine de la défense pour aider à renforcer la sécurité face à de futures menaces communes.

Dans l'allocution qu'il a prononcée à la Conférence de Moscou sur la défense antimissile, M. Vershbow a déclaré que la coopération entre l'OTAN et la Russie dans le domaine de la défense antimissile pourrait transformer des liens bilatéraux en un véritable partenariat stratégique. La conférence, qui s'est déroulée les 3 et 4 mai, était organisée par le ministère russe de la Défense.

« L'objectif de l'OTAN est de trouver une voie à suivre qui passe notamment par une solide coopération avec la Russie dans le domaine de la défense antimissile », a déclaré M. Vershbow. « Nous voulons que l'OTAN et la Russie soient des partenaires à part entière dans la défense antimissile. Une coopération entre nos systèmes de défense antimissile respectifs renforcerait la stabilité stratégique et développerait la confiance dans le fait que nous poursuivons des objectifs communs. »

Le Secrétaire général délégué a ajouté que la Russie n'avait rien à craindre des plans de l'OTAN visant à mettre en place un système de défense antimissile.

« Notre système OTAN n'est ni conçu, ni dirigé contre la Russie », a-t-il précisé.

L'Ambassadeur Vershbow a souligné que le système de défense antimissile de l'OTAN pourrait intercepter uniquement un petit nombre de missiles balistiques relativement peu sophistiqués.

Il a indiqué que le système OTAN visait à protéger les pays alliés contre les attaques de missiles balistiques provenant de l'extérieur de la zone euro-atlantique, et non de Russie.

Il a ajouté que la Russie était exposée aux mêmes menaces potentielles de prolifération des missiles balistiques et des armes de destruction massive que les pays de l'OTAN.

M. Vershbow a également répondu aux critiques selon lesquelles l'OTAN ignorerait le point de vue de la Russie s'agissant du développement de son système de défense antimissile, et il a ajouté que l'OTAN s'est constamment employée à tenir la Russie informée de ses plans et à lui faire des propositions de coopération concrète. « Notre coopération a du sens d'un point de vue à la fois pratique, militaire et politique. Et si nous travaillons ensemble, cela montrera une fois pour toutes que nous pouvons bâtir la sécurité les uns avec les autres, et non les uns contre les autres », a-t-il ajouté.

Le secrétaire général délégué a indiqué que le fondement politique d'une coopération plus étroite existait déjà et il a fait état du bilan très positif de la coopération antimissile de théâtre, citant comme exemple l'exercice assisté par ordinateur organisé en Allemagne au mois de mars et auquel participait la Russie.

« Il est temps, à présent, d'approfondir cette coopération sur le terrain », a-t-il ajouté.

M. Vershbow a déclaré que l'OTAN voulait s'assurer que ses systèmes de défense antimissile étaient complémentaires de ceux de la Russie. « Notre vision est celle de deux systèmes coordonnés visant un seul objectif, deux systèmes qui échangeraient des informations et procéderaient à une planification concertée pour une défense plus efficace du territoire des pays de l'OTAN et du territoire de la Russie. »

Il a pris acte d'une proposition de créer deux centres OTAN-Russie de défense antimissile dans lesquels des officiers des pays de l'OTAN et de la Russie collaboreraient pour suivre et évaluer des tirs de missiles et planifier des opérations coordonnées de défense antimissile destinées à intercepter des missiles balistiques qui pourraient être lancés leurs pays.

Les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN devraient annoncer une capacité intérimaire de défense antimissile au sommet de l'OTAN qui aura lieu à Chicago les 20 et 21 mai.