NATO - North Atlantic Treaty Organisation

Aider l’Union africaine au Darfour (Soudan)

© US DOD

La Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS) avait pour but de mettre un terme à la violence qui sévissait dans cette région depuis l’éclatement d’un conflit en 2003, et d’y améliorer la situation humanitaire.

Depuis le mois de juin 2005 jusqu’au 31 décembre 2007, l’OTAN a aidé l’UA à étendre sa mission de maintien de la paix au Darfour en fournissant des moyens aériens pour le transport de soldats de la paix supplémentaires dans la région et en dispensant une formation au personnel de l’UA. Le soutien de l’OTAN n’impliquait pas la fourniture de troupes de combat.

L’Alliance a cessé d’apporter son soutien à la Mission de l’Union africaine au Soudan le 31 décembre 2007, date à laquelle est intervenu le passage de la MUAS à l’opération hybride UA/ONU au Darfour (MINUAD). Elle s’est déclarée prête à examiner toute demande d’assistance à la nouvelle force de maintien de la paix hybride ONU-UA constituée de soldats de la paix et de policiers civils.

  • La formation du personnel de l’Union africaine

    Pendant toute la durée de la mission, l'OTAN a aussi aidé le personnel de la MUAS à se former dans diverses disciplines.

    • Planification aux niveaux stratégique et opérationnel : la formation dans ce domaine était axée sur les technologies et les techniques à mettre en œuvre pour analyser et comprendre l'ensemble de la situation au Darfour et pour déterminer les secteurs dans lesquels l’emploi des moyens de l’Union africaine pouvait influencer au mieux l'environnement opérationnel et éviter les crises. Au total, cent quatre-vingt-quatre officiers de l’UA ont eu l’occasion de suivre cette formation dans deux quartiers généraux de la MUAS : le Centre opérationnel intégré pour le Darfour, à Addis‑Abeba (Éthiopie), et le quartier général de la force de la MUAS, à El Fasher (Soudan).

      Le 2 juin 2006, l’Union africaine a demandé à l’OTAN d’appuyer la création d’un centre d’opérations interarmées (JOC) de la MUAS, ce que l’Alliance a accepté de faire six jours plus tard.

      Deux mois plus tard, en août 2006, l'OTAN a aussi contribué à un exercice sur cartes dirigé par les Nations Unies, dont le but était d'aider les personnels de l’Union africaine à comprendre la situation sur le théâtre d'opérations et à agir efficacement, et aussi de renforcer leur capacité à gérer des opérations stratégiques. L'OTAN a fourni quatorze officiers, dont des concepteurs d’exercice et des contrôleurs au niveau tactique.

    • Formation portant sur les enseignements tirés : le 8 juin 2006, le Conseil de l'Atlantique Nord a accepté, à la demande de l’UA, de fournir une assistance pour ce qui est de la formation dans les domaines de la certification avant déploiement et des enseignements à tirer. À la suite d'une nouvelle demande formulée par l’UA le 19 septembre de la même année, l’OTAN a assuré un encadrement et une formation sur la façon dont l’UA peut mettre en place son propre processus de retour d’expérience. Soixante-quinze officiers de la MUAS issus de trois quartiers généraux (le Centre opérationnel intégré pour le Darfour, le quartier général de la force de la MUAS et le quartier général de la mission de l'UA à Khartoum) ont été formés dans le cadre de ces stages.

      Dans ce domaine, l'OTAN a travaillé en totale complémentarité avec l’Union européenne, qui a également apporté une contribution importante.

    • Formation à la gestion de l’information : à la suite d’une note verbale envoyée par l’Union africaine le 25 août 2006, l'OTAN a assuré temporairement la formation et le mentorat de six officiers de l’UA dans le domaine de la gestion de l'information, à la Cellule d'évaluation de l'information du Centre opérationnel intégré pour le Darfour.
  • L'évolution de l'aide apportée par l’OTAN à la MUAS

    Le 26 avril 2005, l’Union africaine a demandé à l’OTAN d’envisager la possibilité de lui apporter un soutien logistique afin qu’elle puisse étendre sa mission de soutien de la paix au Darfour. En mai 2005, le président de la Commission de l’Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré, est venu au siège de l'OTAN – il s'agissait de la toute première visite d'un représentant officiel de l'UA au siège de l'Alliance – afin de fournir des précisions sur la demande d’assistance. Le lendemain, le Conseil de l'Atlantique Nord a chargé les autorités militaires de l'Alliance de donner – d’urgence – des avis sur le soutien que l’OTAN pourrait apporter.

    À la suite de nouvelles consultations avec l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations Unies, l'OTAN a convenu officiellement, en juin 2005, de fournir un soutien dans le domaine du transport aérien et d’assurer une formation. Les premiers avions transportant des soldats de la paix de l’Union africaine ont décollé le 1er juillet de la même année, la formation des officiers de l’UA a débuté le 1er août et, quelques jours plus tard, le Conseil de l’Atlantique Nord a décidé de contribuer au transport de policiers vers le Darfour.

    Les grandes étapes

    26 avril 2005

    L'Union africaine adresse une lettre à l'OTAN pour lui demander son aide en vue d'étendre sa mission de maintien de la paix au Darfour.

    17 mai 2005

    Le président de la Commission de l’Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré, est le premier représentant officiel de l'Union africaine à venir en visite à l'OTAN.

    18 mai 2005

    Le Conseil de l'Atlantique Nord convient de charger les autorités militaires de l'Alliance de fournir des avis sur l'assistance que l'OTAN pourrait offrir.

    24 mai 2005

    Le Conseil de l'Atlantique Nord approuve les premières options militaires d'un soutien possible de l'OTAN.

    26 mai 2005

    Le secrétaire général de l'OTAN, M. Jaap de Hoop Scheffer, participe à Addis-Abeba à une réunion sur le soutien international à la mission de l'Union africaine.

    8 juin 2005

    L'OTAN adopte des modalités détaillées concernant le soutien qu'elle a convenu d'apporter.

    9 juin 2005

    Les ministres de la Défense des pays membres de l'Alliance font part officiellement de leur décision d’appuyer la mission de soutien de la paix de l'Union africaine au Darfour dans les domaines de la coordination du transport aérien stratégique et de la constitution de capacités d’état-major.

    1er juillet 2005

    Début des transports aériens assurés par l'OTAN.

    1er août 2005

    Début de la formation des officiers de l'UA assurée par l'OTAN.

    5 août 2005

    À la demande de l’Union africaine, le Conseil de l'Atlantique Nord accepte de contribuer au transport de policiers civils vers le Darfour.

    18-27 août 2005

    L'OTAN apporte son appui à un exercice sur cartes dirigé par les Nations Unies, dont le but est d'aider les personnels de l'UA à agir de façon efficace sur un théâtre d'opérations et à développer leur capacité à gérer des opérations stratégiques.

    21 septembre 2005

    Le Conseil de l'Atlantique Nord décide de prolonger la durée du soutien que l'OTAN apporte dans le domaine du transport aérien jusqu'au 31 octobre 2005 de manière à assurer l'acheminement des renforts restants de soldats de la paix.

    9 novembre 2005

    Le Conseil de l'Atlantique Nord décide de prolonger de deux mois, jusqu'à la fin mai 2006, la coordination par l’OTAN des opérations de transport aérien stratégique, en raison du plan de rotation des forces de l’Union africaine.

    29 mars 2006

    Suite à un appel téléphonique du secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, effectué le 27 mars, le Conseil de l'Atlantique Nord annonce qu'il est disposé à permettre la poursuite de la mission de l'OTAN. Le Conseil charge les autorités militaires de l'OTAN de fournir des avis sur un éventuel soutien de l'OTAN à une mission des Nations Unies qui prendrait le relais au Darfour.

    13 avril 2006

    Le Conseil de l'Atlantique Nord annonce qu'il est disposé à permettre la poursuite de la mission de l'OTAN jusqu'au 30 septembre.

    5 mai 2006

    Deux parties signent l'accord de paix sur le Darfour.

    30 mai 2006

    Le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires de l'ONU, M. Jan Egeland, vient en visite au siège de l'OTAN pour des discussions sur le Darfour et sur le rôle des forces armées dans le cadre des secours à apporter en cas de catastrophe.

    2 juin 2006

    Le président de la Commission de l’Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré, demande à l'OTAN de poursuivre son soutien dans les domaines du transport aérien et de la formation, ainsi que les autres formes d'aide.

    8 juin 2006

    Les ministres de la Défense déclarent que l'OTAN est disposée à étendre l’aide qu’elle apporte à la MUAS aux domaines des centres d'opérations interarmées (JOC), de la certification avant déploiement et des enseignements à tirer. Ils déclarent aussi que l’Alliance est disposée à envisager la possibilité d’apporter un soutien à une mission des Nations Unies qui prendrait le relais. La coordination du transport aérien stratégique est prolongée jusqu'à la fin de 2006.

    16 novembre 2006

    Au cours d'une réunion à Addis-Abeba, la notion de mission de maintien de la paix hybride UA-ONU est introduite.

    28-29 novembre 2006

    Au sommet de Riga, l'OTAN réaffirme son soutien à l'UA et se déclare prête à élargir ce soutien. Elle réaffirme également son engagement à travailler en coordination avec d'autres acteurs de la communauté internationale.

    14 décembre 2006

    L'OTAN décide de prolonger de six mois sa mission de soutien.

    15 décembre 2006

    L'envoyé spécial des États-Unis au Darfour, M. l'ambassadeur Andrew Natsios, rencontre le secrétaire général de l'OTAN, M. Jaap de Hoop Scheffer, au siège de l'OTAN.

    15 janvier 2007

    L'OTAN accepte d’apporter un soutien en matière de développement de capacités d’état‑major au QG de la mission de l'UA à Khartoum, en plus de la formation qu’elle assure déjà à El Fasher et Addis-Abeba.

    14 juin 2007

    Les ministres de la Défense des pays de l'OTAN réaffirment l'engagement de l'Alliance envers le Darfour et se félicitent de la décision du gouvernement soudanais d'autoriser une mission hybride ONU-UA au Darfour.

    6-7 décembre 2007

    Après avoir mené des consultations avec les Nations Unies et l’Union africaine et obtenu leur accord, les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN se déclarent disposés à poursuivre le soutien que l'Alliance apporte à la Mission de l’Union africaine au Darfour.

    2-4 avril 2008

    Au sommet de Bucarest, l’OTAN a exprimé sa préoccupation à propos de la situation au Darfour et s’est déclarée prête à soutenir les efforts de maintien de la paix menés par l’UA dans la région, après des consultations et un accord avec l’ONU et l’UA.

    3-4 avril 2009

    Au sommet de Strasbourg/Kehl, l’OTAN a réitéré sa préoccupation à propos de la situation au Darfour et, de manière plus générale, au Soudan. Soulignant le principe de la prise en charge par les Africains, l’OTAN se déclare prête à examiner d’autres demandes de soutien formulées par l’UA, et notamment le développement des capacités régionales.

  • Les organes associés à la prise de décisions et à la mise en œuvre de ces décisions

    C’est l’organe de décision politique suprême de l’Alliance – le Conseil de l'Atlantique Nord – qui, sur la base des avis donnés par les autorités militaires de l’OTAN, a marqué son accord pour qu’un soutien soit apporté à l’Union africaine.

    Concernant le soutien de l’OTAN à la mission de l’UA au Soudan (MUAS), le Commandement interarmées de Lisbonne – placé sous le commandement général du Commandement allié Opérations – a assumé la responsabilité de l’équipe d'officiers de liaison militaire de haut rang, qui opérait depuis Addis-Abeba.

    Cette équipe était le seul point de contact militaire de l’OTAN avec l’Union africaine à Addis-Abeba. Elle était aussi le point de contact militaire de l’OTAN avec les représentants des pays fournissant des troupes à la MUAS, avec les représentants des pays donateurs qui se sont engagés à fournir un appui à l’Union africaine, ainsi qu’avec les Nations Unies, l’Union européenne et diverses ambassades.