Coopération entre l’OTAN et le Japon

  • Mis à jour le: 15 May. 2014 15:01

Le Japon est le plus ancien des partenaires mondiaux de l'OTAN. À partir des premiers contacts noués au début des années 1990, le dialogue sur les intérêts de sécurité communs est devenu plus régulier et plus structuré. La coopération pratique s'est développée dans un large éventail de domaines, notamment les activités de soutien de la paix et de gestion de crise, l'assistance humanitaire et le secours en cas de catastrophe, la cyberdéfense, la défense contre le terrorisme, la non-prolifération, ainsi que la participation à des activités militaires. Ces dix dernières années, la stabilisation de l'Afghanistan est devenue un axe de coopération prioritaire. L'OTAN et le Japon ont exprimé, dans une déclaration politique conjointe signée en avril 2013 à l'occasion de la visite du secrétaire général de l'OTAN au Japon, leur détermination à renforcer leur coopération.

NATO Secretary General Jens Stoltenberg meets with the Minister of Foreign Affairs of Japan, Fumio Kishida

Cette déclaration politique conjointe montre les avancées réalisées dans la relation entre l'OTAN et le Japon au cours des dernières années. Dans ce texte, les deux parties reconnaissent qu'il est dans leur intérêt stratégique commun de promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité mondiales, par un ordre international fondé sur des règles. Les domaines dans lesquels le Japon et l'OTAN peuvent renforcer encore leur coopération y sont énoncés, à savoir la gestion de crise, les opérations de soutien de la paix et le secours en cas de catastrophe, ainsi que la défense contre les menaces émergentes posées par les missiles, la piraterie ou les cyberattaques.

Le Japon figure parmi ces quelques pays situés en dehors de la région euro-atlantique qui partagent avec l'Alliance les mêmes préoccupations stratégiques et les mêmes valeurs essentielles et avec lesquels l'OTAN développe des relations.

Le concept stratégique adopté par les pays de l'OTAN en 2010 a ouvert la voie à une politique de partenariat plus souple, offrant à tous les partenaires la même base de coopération et de dialogue. Sélectionnant des activités parmi les multiples options que comporte le menu de coopération partenariale, le Japon a conclu un programme individuel de partenariat et de coopération avec l'OTAN le 6 mai 2014 – un programme qui est adapté à ses intérêts et qui formalise ses relations avec l'Alliance.

Coopération pratique

Le Japon apporte un soutien précieux à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) et aux initiatives de reconstruction et de développement menées en Afghanistan. Le Japon a contribué à mobiliser le soutien de la communauté internationale au processus de développement en cours en Afghanistan en organisant la conférence de Tokyo, tenue en juillet 2012. Il a d'ailleurs lui-même promis une aide de 5 milliards de dollars sur une période de cinq ans (2009-2013).

Précédemment, le Japon avait appuyé les efforts de désarmement, de démobilisation et de réintégration des anciens combattants, et il continue de soutenir les initiatives visant à réintégrer les insurgés dans le cadre du programme afghan pour la paix et la réintégration, auquel le Japon a contribué à hauteur de 52 millions de dollars.

En outre, le Japon apporte depuis 2007 un soutien financier à des projets dans le domaine de la sécurité humaine dans plusieurs régions d'Afghanistan. Avec l'aide de la FIAS, les équipes de reconstruction provinciale (PRT) désignent des zones critiques pour la mise en œuvre des aides financières du Japon pour les petits projets locaux (GAGP). En 2009, le Japon a détaché des agents de liaison auprès de la PRT lituanienne de Chaghcharan et de la PRT suédoise de Mazar-i-Charif, à l'appui de ces programmes. Il a également conservé une présence directe au sein du bureau du haut représentant civil de l'OTAN en Afghanistan pour aider à coordonner les 20 millions de dollars d'aides financières pour les petits projets locaux.

Qui plus est, le Japon a apporté une contribution précieuse au fonds d'affectation spéciale consacré à l'armée nationale afghane (ANA), qui a pour objet l'équipement et le maintien en puissance de l'ANA, en accordant notamment 20 millions de dollars au profit de programmes d'alphabétisation et en finançant l’achat de fournitures médicales. Le Japon a également contribué généreusement à un projet faisant appel à un fonds d'affectation spéciale OTAN/PPP et dont l'objectif était d'améliorer la gestion des stocks et la sécurité physique des munitions en Afghanistan.

De plus, depuis 2007, le Japon contribue tout aussi généreusement au fonds d'affectation spéciale pour l'ordre public en Afghanistan (LOFTA), qui sert essentiellement à financer la rémunération et la formation de la police afghane. Sur une période de trois ans, entre 2010 et 2012, le montant total des dons a atteint presque 600 millions de dollars.

Le Japon soutient des projets sur fonds d'affectation spéciale similaires dans d'autres pays partenaires. Il soutient un projet de gestion des stocks de munitions au Tadjikistan, la destruction de pesticides en République de Moldova et la neutralisation des explosifs et munitions encore présents sur le site d'un dépôt de munitions en Géorgie. Il a également contribué à un projet de nettoyage de 571 hectares de terrains contaminés et d'élimination, en toute sécurité, de munitions explosives non explosées en Azerbaïdjan, et il soutient un projet similaire – aussi sur fonds d'affectation spéciale – en Azerbaïdjan depuis 2011.

Dans les années 1990, le Japon a joué un rôle dans la stabilisation des Balkans, où l'OTAN mène plusieurs opérations de soutien de la paix depuis le milieu des années 1990. Grâce à ses dons considérables, il a contribué au redressement des Balkans et à leur réintégration dans la dynamique européenne.

Plus récemment, la force d'autodéfense maritime du Japon a aidé des navires de l'OTAN à empêcher des attaques de pirates dans le Golfe d’Aden.

Dialogue

Depuis le début des années 1990, un dialogue stratégique est en cours, sous la forme de réunions de haut niveau se tenant en alternance au Japon et au siège de l'OTAN, à Bruxelles. Les premiers échanges ont conduit à des contacts plus structurés et plus réguliers.

Le secrétaire général de l’OTAN s’est rendu à Tokyo en avril 2005, puis en décembre 2007. En janvier 2007, dans le cadre de son premier mandat de premier ministre, M. Shinzo Abe s'est adressé au Conseil de l'Atlantique Nord. Le ministre japonais des Affaires étrangères, Takeaki Matsumoto, a effectué en mai 2011 une visite au siège de l’OTAN, où il a rencontré le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. Ce dernier s'est rendu une nouvelle fois au Japon en avril 2013 pour des entretiens avec le premier ministre et des hauts responsables de son gouvernement sur les questions de sécurité d'intérêt commun et sur les possibilités de renforcement de la coopération. En mai 2014, le premier ministre Shinzo Abe s'est à nouveau rendu au siège de l'OTAN pour s'entretenir avec le secrétaire général et s'adresser au Conseil de l'Atlantique Nord. C'est durant cette visite que le programme individuel de partenariat et de coopération avec le Japon a été conclu.

Preuve de l'approfondissement des relations entre l'OTAN et le Japon ces dernières années, des responsables japonais ont participé à un certain nombre d'échanges de vues informels avec les Alliés sur des questions de sécurité d'intérêt commun, comme la Corée du Nord, l'aide à l'Afghanistan, la coopération avec l'Asie centrale, la défense antimissile et la lutte contre la piraterie.

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