Protéger les infrastructures critiques : un défi pour l'OTAN et ses partenaires

  • Mis à jour le: 12 Jun. 2012 09:22

Imaginez un monde où les systèmes d'alimentation en eau et en électricité sont défaillants, un monde où les transports sont à l'arrêt et où il n'y a donc plus de ravitaillement en nourriture ni de services sanitaires. Il s'agit là d'un monde imaginaire extrême et sombre, mais c'est un scénario qui pourrait bien se réaliser. Stephen Gregory, un conseiller de l'OTAN spécialisé dans la protection des réseaux d'infrastructures critiques, travaille tous les jours à essayer d'empêcher que ce scénario apocalyptique ne devienne réalité.

« Les menaces pour la sécurité sont très diversifiées et les infrastructures peuvent être touchées par chacune d'entre elles », explique M. Gregory, fondateur et directeur général du Harnser Risk Group. Il coopère avec les Alliés et les partenaires de l'OTAN et les conseille sur la meilleure façon de protéger les réseaux d'infrastructures essentiels au bon fonctionnement de nos sociétés

« Le principal objectif est de veiller à ce que le propriétaire et/ou l'opérateur de l'infrastructure ait mis en place un processus d'identification, d'évaluation, de mesure, d'atténuation et de surveillance des menaces qui ont été décelées », ajoute-t-il. En l'absence de tels objectifs clairs, il est difficile d'évaluer la plus-value des montants investis dans la protection.

Partage des connaissances

M. Gregory partage ses connaissances, et celles du Harnser Group, avec les Alliés et les partenaires, les aidant à rationaliser les performances des différents pays ainsi que les méthodes utilisées pour garantir la sécurité sur la base de l'évaluation des risques.

« Il est essentiel d'adopter une approche cohérente pour évaluer la résistance d'un pays face aux risques de sécurité dans toutes ses installations. Sinon, on ne peut établir de comparaisons et on n’a aucune garantie sur la manière dont les choses sont gérées. Il s'agit là d'une position dangereuse », déclare-t-il.

Pour M. Gregory, coopérer avec l'Alliance est « un merveilleux moyen de débattre de certains des graves défis auxquels nous sommes confrontés, avec des collègues qui s'efforcent d'atteindre le même objectif. L'OTAN représente une enceinte qui met ces échanges en perspective et leur confère une certaine plus‑value, ce que l'on ne peut sous-estimer. »

Réponse aux menaces

Avant de fonder le Harnser Group, M. Gregory a travaillé pour le gouvernement du Royaume-Uni. C'est durant cette période qu'il a commencé à conseiller les entreprises sur la manière de répondre à l'intérêt accru du gouvernement pour la protection des infrastructures critiques.

« Il y a de plus en plus de situations dans le monde où les menaces pour la sécurité sont réelles et nuisibles pour les entreprises et les gouvernements », explique M. Gregory. « À l'évidence, au cours des quelques dernières années, la menace provenant des activités d'opposants s'est accentuée dans certains endroits – les infrastructures énergétiques, en particulier, sont une cible visible qui attire l'attention. Certaines activités sont inoffensives, certaines provoquent des dommages, mais l'approche adoptée pour faire face à de telles actions dépend de la législation du pays concerné. »

La manière dont un pays répond à ce type de menaces, ou à des actes véritablement agressifs, peut avoir des conséquences sur sa réputation, explique-t-il. Le travail de M. Gregory consiste en partie à partager son expérience et ses connaissances sur la manière de réagir adéquatement, car souvent, peu de personnes sont au courant, et les attaques sont rares et variées.

« Dans de nombreux pays qui ont connu un soulèvement politique, les propriétaires et les opérateurs étrangers d'infrastructures énergétiques font face à de graves menaces pour la sécurité, car ils sont les symboles d'un régime discrédité », ajoute-t-il. « Si on pense plus spontanément à des événements très médiatisés dans le cadre desquels la sécurité est mise en exergue, ce sont souvent les menaces les moins évidentes et les plus sournoises qui affectent les propriétaires et les opérateurs d'infrastructures. »

Un environnement complexe

L'environnement entourant les infrastructures critiques, qui est complexe, en mutation constante et aux mains de plus en plus de parties prenantes, représente depuis une vingtaine d'années l'un des aspects les plus difficiles du travail dans ce secteur. Cela témoigne de la prise de conscience accrue, au sein des gouvernements nationaux ainsi que d'organisations telles que l'OTAN, de l'importance de la protection des infrastructures critiques.

« Obtenir un consensus au niveau des politiques et des pratiques dans les pays poursuivant des objectifs politiques parfois contradictoires est un véritable défi », déclare M. Grégory avec satisfaction. « Nous consacrons beaucoup de temps à parler aux différentes parties prenantes et à les sensibiliser, parce que nous sommes intimement convaincus qu'il s'agit d'un sujet de la plus haute importance dans le monde d'aujourd'hui. »