Déclaration des chefs d'État et de gouvernement des pays contribuant à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) dirigée par l'OTAN sous mandat des Nations Unies en Afghanistan

  • 20 Nov. 2010
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  • Communiqué de presse (2010) 158
  • Issued on 20 Nov. 2010
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  • Mis à jour le: 20 Nov. 2010 13:34

Introduction

  1. Nous, pays contribuant à la FIAS, réaffirmons notre engagement durable à l’égard de la sécurité et de la stabilité de l'Afghanistan, qui sont directement liées à notre propre sécurité. Nous restons déterminés à soutenir l’Afghanistan, à un moment où ses institutions de sécurité assument de plus en plus de responsabilités. Aujourd’hui, nous prenons la mesure des progrès qui ont permis cette évolution vers la transition et le partenariat durable, tout en poursuivant nos efforts visant à lutter contre ceux qui cherchent à déstabiliser l’Afghanistan. Notre mission sous mandat des Nations Unies en Afghanistan, que nous menons à la demande du gouvernement afghan, demeure la priorité essentielle de l’Alliance. Elle contribue à jeter les bases de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité à long terme dans un Afghanistan respectueux des droits humains, qui ne redevienne plus jamais un sanctuaire pour les terroristes et le terrorisme. Nous confirmons notre engagement commun s’inscrivant dans la durée et notre soutien en faveur d’un renforcement du leadership afghan, d’une approche globale et d’un ferme engagement régional, comme nous l’avions indiqué à Bucarest dans notre vision stratégique et réaffirmé à Strasbourg/Kehl. Nous rendons hommage à toutes les personnes qui ont perdu la vie et nous mesurons l’énorme sacrifice de celles et de ceux qui œuvrent à faire de cette vision une réalité.

Une nouvelle phase

  1. Le succès de notre action procède d’une entreprise conjointe de longue haleine à mener en partenariat avec le gouvernement et la population d'Afghanistan. Bien que l'Afghanistan reste confronté à de grands défis dans les domaines politique, économique, de la sécurité et du développement, nous avons ensemble créé une nouvelle dynamique. Sur la base des progrès que nous avons accomplis, la FIAS et le gouvernement afghan entrent dans une nouvelle phase de notre action conjointe, ce qui nous permet:
    • de contribuer à fixer les conditions d’une transition irréversible vers la responsabilité totale de la sécurité et le leadership des Afghans. Le processus de transition dans certaines provinces et certains districts devrait pouvoir commencer début 2011, après une évaluation et une décision conjointes de l’Afghanistan et de l’OTAN/la FIAS. Nous réaffirmons notre soutien à l’objectif du président Karzaï, qui souhaite que les forces de sécurité nationales afghanes dirigent et mènent les opérations de sécurité dans toutes les provinces d’ici fin 2014 ;
    • d’accueillir très favorablement le partenariat à long terme annoncé aujourd’hui entre l’OTAN et l’Afghanistan, qui démontre que l’engagement de l’Alliance envers l’Afghanistan ira au-delà de la mission actuelle de la FIAS et s’inscrit dans le cadre d’efforts internationaux plus larges menés sous la direction des Nations Unies. Cela contribuera à un engagement international à long terme afin d’aider les Afghans à mettre en place les capacités nécessaires pour faire face aux défis qu'ils ont à relever.

Approche globale

  1. La mission de la FIAS relève de l’action plus large menée par la communauté internationale. Nous sommes conscients qu'il n'est pas possible de réussir en n'utilisant que des moyens militaires, et nous contribuerons à la coordination accrue entre les principaux acteurs internationaux en Afghanistan, en travaillant selon une approche globale mettant en jeu des acteurs militaires et des acteurs civils, ce dans le respect de la souveraineté, de l’identité et de la culture afghanes. Nous soulignons l'importance des contributions civiles en soutien au peuple afghan et nous espérons des investissements supplémentaires dans les capacités et les ressources civiles.

Transition

  1. Lors des conférences qui se sont tenues à Londres et à Kaboul en début d'année, la communauté internationale a déclaré soutenir et privilégier une transition viable vers une plus grande responsabilité des Afghans dans le domaine de la sécurité. Nous nous félicitons des engagements conjoints qui ont été pris et de l’attention particulière qui a été accordée au renforcement de l'appropriation et du leadership afghans favorisé par le processus de Kaboul, dont le lancement a été un événement historique. La transition sera soumise au respect de conditions, pas d’un calendrier, et elle n’équivaudra pas à un retrait des troupes de la FIAS. À cet effet, nous mettons conjointement en œuvre le processus agréé de transition (Inteqal), nous adaptons mieux notre aide aux programmes prioritaires nationaux afghans et nous travaillons en nous appuyant sur des institutions afghanes de plus en plus performantes. Au cours de la transition, nous ajusterons notre profil et notre configuration, en réinvestissant certains des dividendes de la transition, selon les nécessités et comme il conviendra, pour répondre aux besoins critiques en matière de sécurité, de formation et d'encadrement. Nous continuerons de renforcer les capacités sécuritaires afghanes à mesure que nous passerons d'une mission de combat à un rôle de plus en plus axé sur le soutien. L’effort civil international, y compris les travaux menés au niveau des équipes de reconstruction provinciales, dirigées par les pays, devrait également continuer d’évoluer et de permettre d’accroître les capacités et le leadership des Afghans et de préparer la mise en place d'une aide au développement à plus long terme. Les Nations Unies et d’autres acteurs internationaux ont un rôle essentiel à jouer dans ce processus.

Défis de sécurité

  1. Malgré une insurrection persistante, les forces de sécurité nationales afghanes (ANSF) prennent de plus en plus souvent la direction d’opérations conjointes dans les régions qui posent le plus problème. Elles sont à féliciter, surtout pour avoir assuré la sécurité lors de deux scrutins nationaux. Nous avons augmenté l’effectif de la FIAS, qui comprend aujourd’hui plus de 130 000 hommes venant de 48 pays, et nous avons fortement intensifié la formation des ANSF et renforcé leurs capacités, notamment grâce à la mission OTAN de formation ‑ Afghanistan (NTM-A). Continuer de développer l’effectif, l’équipement et les capacités des ANSF – qui s’améliorent sur le plan qualitatif et qui devraient avoisiner les 300 000 hommes d’ici fin 2011 – est au cœur de notre mission et est essentiel pour une transition viable. À cet égard, nous saluons les contributions de divers pays, qui nous ont permis de satisfaire les besoins prioritaires actuels de la FIAS en matière de formateurs, mais soulignons qu’il existe d’autres besoins à satisfaire dans l’avenir proche. Nous nous engageons donc à relever le défi qui consiste à répondre aux besoins de formateurs, de personnel d’encadrement et de moyens facilitateurs critiques pour 2011 et au-delà.
  2. Nous continuerons d’aider les autorités afghanes à assurer la sécurité et la stabilité. Les opérations menées par la FIAS et l’Afghanistan renforcent la sécurité et la liberté de mouvement dans tout l’Afghanistan, y compris dans le sud, où l'insurrection est particulièrement active. Elles aident à créer les conditions permettant au gouvernement afghan d'améliorer la gouvernance, de fournir des services de base et de promouvoir l'activité économique licite. L’action de lutte antidrogue menée par les Afghans continue elle aussi à donner des résultats positifs.
  3. Toute perte civile est une tragédie. Nous condamnons fermement le fait que des civils sont délibérément pris pour cibles par les insurgés, à qui la très grande majorité des morts et des blessés dans la population civile afghane est d’ailleurs imputable. Parallèlement, nous continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’aucun mal ne soit fait aux civils, mesures qui ont déjà contribué à réduire fortement les pertes civiles dues à des opérations de la FIAS et des forces afghanes.

Réconciliation et réintégration

  1. Les processus de réconciliation et de réintégration, qui sont interdépendants, sont essentiels pour parvenir à une stabilité durable en Afghanistan. Nous saluons les initiatives menées par les Afghans, en particulier la tenue de la Jirga consultative de paix, l’action du Haut Conseil de la paix et la mise en œuvre du programme afghan pour la paix et la réintégration. Nous continuerons, dans le cadre de ce processus de réconciliation et de réintégration, à soutenir les mesures prises par l’Afghanistan envers les insurgés qui renoncent à la violence, coupent tout lien avec les groupes terroristes et acceptent la constitution afghane. Nous soulignons en outre qu’il importe que l’Afghanistan respecte ses obligations internationales et constitutionnelles en matière de droits humains, y compris pour ce qui concerne les droits des femmes, et que la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité soit mise en oeuvre.

Gouvernance

  1. Les récentes élections législatives ont marqué une étape importante dans le développement démocratique de l'Afghanistan. Nous engageons le gouvernement afghan à poursuivre la mise en œuvre des réformes électorales conformément aux engagements qu’il a pris à la conférence de Kaboul. Nous saluons les mesures qu’il a adoptées pour améliorer la gouvernance au niveau national et infranational sur la base des engagements pris à la conférence de Kaboul. Cependant, la corruption reste un défi majeur à relever. Nous soulignons l’importance d’une mise en œuvre intégrale des engagements de la conférence de Kaboul et de la poursuite des efforts visant à améliorer la gouvernance, à renforcer l’état de droit et à garantir une croissance économique soutenable. Cela contribuera à traduire les acquis sécuritaires en acquis politiques et à promouvoir la stabilité.

Questions régionales

  1. Nous reconnaissons que beaucoup des défis auxquels l’Afghanistan est confronté ne peuvent être relevés sans le soutien constructif des partenaires régionaux de l’Afghanistan. Une coopération régionale renforcée est essentielle pour une stabilité durable, et son efficacité est maximale lorsqu’elle est prise en charge et menée de manière transparente et constructive par les régions elles-mêmes. Nous nous félicitons des diverses initiatives entreprises dans ce domaine, comme la conférence régionale de coopération économique pour l’Afghanistan, tenue tout récemment. Nous sommes conscients de l’importance du Groupe de contact international et de sa contribution au renforcement des programmes civils en Afghanistan, ainsi que de l’action menée dans le cadre du processus d'Ankara et des initiatives du G8 visant à intensifier la coopération et le dialogue entre l’Afghanistan et le Pakistan. Nous soutenons les efforts actuellement déployés par l’Afghanistan pour renforcer encore ses relations avec ses partenaires de la région, y compris le Pakistan, conscients du caractère interdépendant des défis de sécurité auxquels les deux pays sont confrontés. Nous l’encourageons à redoubler d’effort dans ce sens.

Une vision commune

  1. Nous sommes heureux d’accueillir aujourd’hui le président Karzaï, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, l'Union européenne, la Banque mondiale et le Japon, qui ont tous une vision commune d’un avenir meilleur pour l’Afghanistan.
  2. De nombreux défis restent à relever. Notre stratégie est bonne, et notre engagement à long terme est solide. Nous resterons unis, nous nous appuierons sur les progrès tangibles obtenus à ce jour et nous montrerons notre détermination à voir notre mission aboutir. Le bien-être et la sécurité du peuple afghan, comme les nôtres, sont à ce prix.