NATO - North Atlantic Treaty Organization

Les relations entre l’OTAN et l’OSCE

The Secretary General of the Organization for Security and Co-operation in Europe, Lamberto Zannier meets NATO Secretary General Anders Fogh Rasmussen

L’OTAN et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) œuvrent ensemble pour construire la sécurité et renforcer la stabilité dans la zone euro-atlantique. Elles coopèrent sur les plans politique et opérationnel dans des domaines tels que la prévention et la résolution des conflits, le relèvement post-conflit, la gestion des crises et la réponse aux nouveaux défis de sécurité.

Au niveau politique, l'OTAN et l'OSCE se consultent mutuellement au sujet de questions de sécurité – thématique et régionale – présentant un intérêt commun, telles que la sécurité aux frontières et le désarmement. Sur le plan opérationnel, la coopération en matière de prévention des conflits, de gestion des crises et de relèvement post-conflit est particulièrement développée dans les Balkans occidentaux.

Les activités des deux organisations se complètent sur le terrain : les initiatives prises par l’OTAN en faveur de la réforme des appareils de défense, y compris en matière de maîtrise des armements, de déminage et de destruction de stocks d’armes et de munitions, s’harmonisent avec les efforts que l’OSCE consacre à la prévention des conflits et à la stabilisation après conflit. Il est important que l’OTAN et l’OSCE collaborent étroitement à la mise en place d'une « approche globale » internationale de la gestion des crises, qui implique la mobilisation de moyens aussi bien militaires que civils. Au sommet de Lisbonne en 2010, les Alliés ont décidé de renforcer la participation de l’OTAN à une approche globale de la gestion des crises, en l'intégrant dans l'action de la communauté internationale, et de développer l’aptitude de l’Alliance à obtenir des résultats en matière de stabilisation et de reconstruction.

Lors de récents sommets, les Alliés ont rappelé l'importance du rôle que joue l'OSCE dans la sécurité régionale et en tant que forum de dialogue sur les questions liées à la sécurité euro-atlantique. Embrassant les dimensions politico-militaire, économico-environnementale et humaine, l’OSCE contribue de manière significative au renforcement de la sécurité et de la coopération. Les Alliés entendent intensifier encore la coopération entre l'OTAN et l'OSCE.

  • Dialogue politique

    L’OTAN et l’OSCE échangent régulièrement leurs points de vue et des informations sur les grandes questions de sécurité, comme la sécurité aux frontières, le désarmement, la maîtrise des armements (en particulier pour ce qui est de la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre), la sécurité énergétique et le terrorisme. Au travers de l'initiative « Environnement et sécurité » (ENVSEC)¹, leur coopération porte également sur les questions environnementales qui constituent une menace pour la sécurité, la stabilité et la paix.

    Ces dernières années, le dialogue s’est étendu notamment au terrorisme et aux autres défis de sécurité émergents, questions qui sont aujourd'hui au cœur des préoccupations des deux organisations. À la suite du sommet de Prague de 2002, au cours duquel les pays de l'Alliance avaient exprimé leur souhait de mettre à profit la complémentarité des efforts internationaux visant à renforcer la stabilité dans la région méditerranéenne, l’OTAN et l’OSCE ont intensifié leurs échanges sur les relations qu’elles entretiennent l'une comme l'autre avec les pays de la région.

    Les relations politiques entre l’OTAN et l’OSCE sont aujourd’hui régies par la « Plate-forme pour la sécurité coopérative » lancée par l’OSCE en 1999 lors du sommet de l'OTAN à Istanbul. À travers cette plate-forme, l’OSCE a appelé les organisations internationales dont les membres partagent ses principes et ses engagements à renforcer leur coopération et à utiliser les ressources de la communauté internationale pour rétablir la démocratie, la prospérité et la stabilité en Europe et au-delà.

    Depuis l’adoption de cette plate-forme, des experts de l'OTAN et de l'OSCE se sont rencontrés régulièrement pour examiner les questions opérationnelles et politiques d’intérêt commun concernant la prévention des conflits, la gestion des crises et les opérations de reconstruction post-conflit. De plus, en décembre 2003, la « stratégie de l’OSCE visant à faire face aux menaces pour la sécurité et la stabilité au XXIe siècle » est venue  rappeler à quel point il est nécessaire, dans un environnement de sécurité en constante évolution, de travailler en synergie avec d'autres organisations et institutions, en tirant profit de leurs moyens et atouts respectifs.

    Le dialogue se poursuit également à un niveau politique plus élevé. Le secrétaire général de l'OTAN est invité occasionnellement à prendre la parole à la conférence annuelle de l'OSCE d'examen des questions de sécurité. Le secrétaire général de l’OSCE s'est quant à lui adressé aux ambassadeurs du Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) lors de réunions en 2007 et en 2008. L'OTAN participe régulièrement en qualité d'observateur aux réunions annuelles du Conseil ministériel de l'OSCE. De même, le président en exercice de l'OSCE est invité à certaines réunions se tenant au siège de l'OTAN à Bruxelles.

    1. Le Programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS) est associé au partenariat ENVSEC, qui regroupe l'OTAN, l'OSCE, le Centre régional pour l'environnement, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
  • Coopération dans les Balkans occidentaux

    Les missions complémentaires entreprises par l’OTAN et l’OSCE dans les Balkans occidentaux illustrent parfaitement la coopération pratique entre les deux organisations.

    Dans le cadre des opérations menées dans cette région, les représentants sur place des deux organisations se rencontrent régulièrement pour partager des informations et discuter des divers aspects de leur coopération.

    La Bosnie-Herzégovine

    En 1996, à la suite des accords de Dayton et de l’adoption de la résolution 1031 du Conseil de sécurité de l’ONU (décembre 1995), l’OTAN et l’OSCE ont élaboré un programme d’action commun pour la Bosnie-Herzégovine. La Force de mise en œuvre (IFOR) puis la Force de stabilisation (SFOR), toutes deux dirigées par l’OTAN, ont apporté un soutien essentiel à la concrétisation du volet civil des accords de paix.

    L’OTAN a prêté main forte à l’OSCE en Bosnie-Herzégovine pour son action dans le domaine de la maîtrise des armements et des mesures de confiance et de sécurité. En assurant la sécurité du personnel de l’OSCE et de l'acheminement de l’aide humanitaire, l’OTAN a notamment contribué au bon déroulement des élections organisées sous l’égide de l’OSCE.

    Le Kosovo

    De janvier 1998 à mars 1999, l'OSCE a mis en place une Mission de vérification au Kosovo chargée de s'assurer du respect, sur le terrain, des accords de cessez-le-feu Holbrooke-Milosevic. L’OTAN a conduit en parallèle une mission de surveillance aérienne. La détérioration des conditions de sécurité a contraint la Mission de vérification à se retirer en mars 1999.

    Depuis l’adoption, en juin 1999, de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU, une nouvelle mission de l’OSCE au Kosovo a été mise en place dans le cadre de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK). Elle est notamment chargée de superviser les avancées en matière de démocratisation, de renforcement des institutions et de protection des droits de l'homme. Dans le cadre de sa mission au Kosovo, la plus vaste des opérations sur le terrain qu’elle conduit actuellement, l’OSCE entretient des liens étroits avec la Force pour le Kosovo (KFOR), qui a reçu mandat de l'ONU d’instaurer un environnement sûr pour les activités de la communauté internationale.

    L’ex-République yougoslave de Macédoine2

    L'OTAN a également travaillé en étroite collaboration avec l'OSCE dans l'ex-République yougoslave de Macédoine2, en mettant à disposition une force opérationnelle OTAN pour renforcer la sécurité des observateurs internationaux au début des années 2000. Actuellement, le Bureau de liaison de l'OTAN à Skopje continue d'échanger des informations avec la mission de l'OSCE à Skopje.

    La sécurité aux frontières

    La coopération entre l’OTAN et l’OSCE a aussi porté sur la gestion et la sécurisation des frontières dans les Balkans occidentaux. Lors d’une conférence de haut niveau tenue à Ohrid en mai 2003, cinq pays des Balkans occidentaux ont souscrit à une plate-forme commune mise en place par l’UE, l’OTAN, l’OSCE et le Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est (actif à l'époque) dans le but d’améliorer la sécurité aux frontières dans la région. Chacune des organisations a apporté un soutien aux acteurs intervenant dans les domaines relevant de sa propre sphère de responsabilité. La coopération dans le domaine de la sécurité aux frontières s'étend désormais à l'Asie centrale, où les deux organisations mènent des projets et des programmes complémentaires.

    2. La Turquie reconnaît la République de Macédoine sous son nom constitutionnel.