NATO - North Atlantic Treaty Organization

Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe

National and international teams performing urban rescue

Le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC) est le principal mécanisme OTAN de réponse aux situations d'urgence civile dans la région euro-atlantique. Opérationnel 365 jours par an, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, il regroupe les 28 pays membres de l'OTAN et 22 pays partenaires. L'EADRCC fonctionne comme un centre d'échange qui assure la coordination tant des demandes que des offres d'assistance, essentiellement en cas de catastrophes d'origine naturelle ou humaine.

  • Responsabilités principales

    Dans ses fonctions de coordonnateur de la réponse des pays de l'OTAN et des pays partenaires, l'EADRCC est à la fois l'acteur chargé de la gestion des conséquences et l'instrument d'échange d'informations pour ce qui est de l'aide en cas de catastrophe, au travers des séminaires organisés dans le but d'examiner les enseignements tirés des opérations et des exercices de réponse aux catastrophes coordonnés par l'OTAN.

    Outre ses activités courantes et les réponses à apporter sans délai en cas d'une urgence, le Centre conduit chaque année des exercices de grande ampleur sur le terrain faisant intervenir des scénarios réalistes, afin d'améliorer les interactions entre l'OTAN, les pays du Partenariat pour la paix (PPP) et autres pays partenaires. Des exercices mettant en jeu des catastrophes majeures ont été organisés régulièrement dans différents pays participants, avec pour objectifs de mettre en pratique les procédures, d'assurer la formation des intervenants locaux et internationaux, de renforcer les compétences et les capacités de l'Unité euro-atlantique de réaction en cas de catastrophe, et de mettre à profit l'expérience et les enseignements tirés pour les opérations futures.

    À ce jour, l'EADRCC a conduit treize exercices en Ukraine, en Croatie, dans la Fédération de Russie, en Ouzbékistan, en Roumanie, en Italie, en Finlande, au Kazakhstan, en Arménie, en Turquie, et dans la République de Moldova. Le prochain exercice aura lieu à Tbilissi (Géorgie) en septembre 2012. En 2009, un accès direct a été donné aux pays du Dialogue méditerranéen (DM)1 et à ceux de l'Initiative de coopération d'Istanbul (ICI)2 , puis élargi aux partenaires mondiaux3 en décembre 2011.

    Toutes les tâches de l'EADRCC sont effectuées en étroite collaboration avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) des Nations Unies, qui reste le coordonnateur principal pour les opérations internationales de secours en cas de catastrophe. L'EADRCC a été conçu comme un mécanisme de coordination régionale destiné à soutenir et à compléter l'action de l'ONU. Il a d'ailleurs pour principale fonction de coordonner et non de diriger. Face à une catastrophe rendant nécessaire une aide internationale, il incombe à chaque pays de l'OTAN et à chaque pays partenaire de décider de fournir ou non des secours, en fonction des informations communiquées par l'EADRCC.

    1. Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Mauritanie, Maroc et Tunisie.
    2. Initialement, six pays du Conseil de coopération du Golfe avaient été invités à participer à cette Initiative. À l'heure actuelle, quatre d'entre eux – Bahreïn, Qatar, Koweït et Émirats arabes unis – l'ont rejointe. L'Arabie saoudite et le sultanat d'Oman ont également manifesté un intérêt pour cette Initiative. Fondée sur le principe de l'inclusivité, l'ICI est cependant ouverte à tous les pays intéressés de la région du Moyen-Orient élargi qui souscrivent à ses objectifs et à son contenu.
    3. Afghanistan, Australie, Iraq, Japon, Mongolie, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Corée du Sud (depuis mars 2012).
  • Soutien aux autorités nationales

    L'EADRCC transmet les demandes de soutien aux pays de l'OTAN et aux pays partenaires, qui réagissent ensuite en communiquant leurs offres d'aide au Centre et/ou au pays sinistré. Le Centre utilise le système AIDMATRIX pour garder trace des informations suivantes : l'aide offerte (y compris par l'intermédiaire d'autres acteurs et organisations internationales), l'aide acceptée par le pays sinistré, les dates de livraison, l'aide encore nécessaire (ou des informations actualisées sur l'aide demandée), ainsi que la situation sur le terrain. Ces informations sont à la fois diffusées auprès des pays de l'Alliance et des pays partenaires sous la forme de points de situation quotidiens, et publiées sur le site web de l'OTAN.

  • Une equipe d'experts multinationale

    Le Centre fait partie de la Division Opérations du Secrétariat international et est situé au siège de l'OTAN à Bruxelles. Il compte jusqu'à cinq agents détachés par les pays membres et partenaires ainsi que trois agents du Secrétariat international. Il travaille en étroite liaison avec le BCAH des Nations Unies, les autorités militaires de l'OTAN et d'autres organisations internationales compétentes. Lorsqu'une catastrophe se produit, l'EADRCC peut être renforcé temporairement par du personnel supplémentaire venant des délégations des pays du CPEA auprès de l'OTAN ou issu de l'État-major militaire ou du Secrétariat international de l'OTAN. De plus, le Centre est en contact avec des experts civils nationaux, auxquels il peut être fait appel pour obtenir leurs avis éclairés dans des domaines spécifiques en cas de catastrophe majeure.

  • Historique

    L'EADRCC, créé en 1998 par le Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA), est un instrument de partenariat des plans civils d'urgence de l'OTAN ; il est aussi l'un des deux mécanismes fondamentaux de la politique du CPEA relative à la coopération dans le domaine des secours internationaux en cas de catastrophe. L'autre mécanisme, complémentaire, est l'Unité euro-atlantique de réaction en cas de catastrophe (EADRU) : une force non permanente, multinationale, composée d'éléments civils et militaires, déployable en cas de catastrophe d'origine naturelle ou humaine majeure survenant dans un pays du CPEA.

    Initialement, le Centre intervenait essentiellement dans la coordination de l'aide humanitaire émanant des Partenaires membres du CPEA qui apportaient une assistance aux réfugiés pendant la guerre au Kosovo à la fin des années 1990. Depuis lors, le Centre a cependant répondu à une soixantaine de demandes d'assistance, concernant le plus souvent des États touchés par une catastrophe naturelle.

    À la suite des attaques terroristes du 11 septembre 2001, l'EADRCC a aussi reçu mandat de coordonner l'aide internationale fournie par les pays du CPEA pour faire face aux conséquences d'incidents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), ce qui englobe les attentats.

    En janvier 2004, le Conseil de l'Atlantique Nord, principal organe de décision politique de l'OTAN, a étendu les attributions du Centre afin que celui-ci puisse donner suite aux demandes d'aide du gouvernement afghan en cas de catastrophe naturelle. Trois ans plus tard, ces attributions ont été étendues à tous les domaines intéressant les affaires militaires de l'Organisation et assorties des mêmes dispositions que celles fixées pour l'Afghanistan.

    En 2005, le Centre est venu en aide aux États-Unis dans leur réaction à l'ouragan Katrina, notamment en coordonnant les dons des pays de l'OTAN et des pays partenaires. La même année, l'EADRCC a joué un rôle clé dans les secours déployés au Pakistan après que le pays a été touché par un séisme dévastateur, puis, en 2010, à la suite des inondations massives dans le pays.