NATO - North Atlantic Treaty Organization

Les contributions de troupes

15-28 June 2006 NATO Response Force (NRF) Exercise “Steadfast Jaguar” in the Cape Verde Islands - NRF troops

Lorsque l’OTAN juge nécessaire de mener une opération ou une mission, les pays membres de l’Alliance et les pays partenaires offrent volontairement à ce titre des personnels, des matériels et des ressources. Ces contributions nationales sont gérées sous les auspices de l’Alliance.

L’OTAN est une alliance de 28 pays souverains qui ne possède pas de forces militaires propres. Certes, les personnels qui servent dans le cadre d’une opération de l’OTAN sont souvent désignés de façon collective comme les « forces de l’OTAN », mais ces forces sont en fait des forces multinationales composées d’individus, de formations et de matériels fournis par les pays membres de l’Alliance et, dans certains cas, par des pays partenaires ou par d’autres pays contributeurs de troupes.

La procédure suivie pour fournir les personnels nécessaires à une opération ou à une mission est souvent désignée comme la « génération de forces ». Elle garantit que l’Alliance disposera pour ses opérations ou missions des personnels et des matériels nécessaires pour atteindre ses objectifs.

  • Obtenir des contributions de troupes pour les opérations et missions de l'Alliance

    Ce sont les capitales nationales qui prennent en dernier ressort la décision de fournir des troupes et des matériels au titre d'une opération ou d'une mission dirigée par l'OTAN. Elles sont en liaison constante avec l'Alliance par l'intermédiaire de leur mission diplomatique permanente, de leur représentation militaire ou des équipes de liaison du Partenariat.

    Génération de forces

    Quand l’OTAN juge nécessaire de mener une opération ou une mission, ses autorités militaires établissent un concept d’opérations – appelé CONOPS – qui énonce les besoins à satisfaire en troupes et en matériels pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre de l’opération ou de la mission en question. Dès que le concept d’opérations a été approuvé et que le Conseil de l’Atlantique Nord a diffusé une « directive d’activation des forces », le Commandement allié Opérations (ACO), dirigé par le Commandant suprême des Forces alliées en Europe, lance le processus de génération et d’activation des forces. 

    En général, la génération de forces suit une procédure normalisée. Pour une opération ou une mission donnée, l'ACO dresse une liste des besoins en personnels et en matériels (l’expression des besoins interarmées multinationaux) et l’envoie aux pays membres de l’OTAN et, dans certains cas, aux pays partenaires.

    Les offres de personnels faites par les pays sont examinées lors de conférences auxquelles participent des représentants des pays de l’OTAN et des pays partenaires. Ces conférences sont organisées en fonction des besoins. Par exemple, une conférence de génération de forces est mise sur pied avant le lancement d’une nouvelle opération ou mission, ou si des changements importants sont intervenus pendant une opération en cours. En plus de ces conférences se tient chaque année une conférence pour toutes les opérations et missions, la conférence globale de génération de forces.

    Les contributions fournies par les différents pays, qu’il s’agisse de pays membres de l’OTAN ou de pays partenaires, dépendent de la capacité nationale globale et il est tenu compte des engagements pris précédemment, de la taille des forces, de leur structure et du niveau d’activité. Chaque contribution, qu’elle soit limitée ou importante, est précieuse et joue un rôle dans la réussite de l'opération ou de la mission.

    Dans bien des cas, les pays de l’OTAN ou les pays partenaires engagent dans le cadre des opérations ou des missions des unités complètes ou formées. Un pays pourra proposer l'envoi d'un groupe tactique complet, ce qui, dans le cas des forces terrestres, pourrait englober des fantassins, un élément blindé de reconnaissance, une batterie d’artillerie pour assurer l’appui-feu et des personnels de soutien logistique.

    Les pays qui assurent la direction de l'ensemble d'une opération ou d'une mission, ou qui prennent la responsabilité de certains éléments centraux, sont désignés comme « pays chefs de file ». Par exemple, le pays chef de file d’une opération ou d’une mission donnée pourrait fournir l’élément de commandement et une partie importante des forces, mais il aura aussi pour responsabilité d’apporter le reste des forces requises.

    Bien que l’OTAN, en tant qu’alliance, possède certains matériels spécialisés et en assure la maintenance, comme les avions AWACS et certains matériels de télécommunications stratégiques, les pays contributeurs de troupes fournissent en général les matériels nécessaires pour appuyer leurs personnels dans la réalisation des objectifs opérationnels.

    Restrictions

    C’est dans le cadre du processus de génération de forces que les restrictions sont exprimées. Il est certes prévu que les contributions apportées par les pays au titre des opérations de l’OTAN relèvent de la chaîne de commandement de l’Alliance, mais il se peut que la fourniture de forces par les pays de l’OTAN et par les pays partenaires fasse l’objet de restrictions portant sur des questions de géographie, de logistique, de temps, de règles d'engagement ou de commandement. Ces restrictions peuvent constituer un frein pour les commandants de l’OTAN car elles limitent la souplesse dont ils disposent pour réagir aux situations qui se présentent sur le terrain. C’est pourquoi l’Alliance cherche à ce que les contributions nationales soient assorties d’un minimum de restrictions.

    Équipes de reconstruction provinciales

    Les équipes de reconstruction provinciales (PRT), comme celles qui ont été établies en Afghanistan dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) dirigée par l’OTAN, constituent une exception au processus normal de génération de forces. Contrairement aux opérations militaires classiques, les PRT sont de nature interdisciplinaire, c’est-à-dire qu’elles sont composées de spécialistes du développement, de forces militaires, de diplomates et de policiers civils, dont la tâche est d’étendre l’autorité du gouvernement central afghan aux zones éloignées et de faciliter le développement et la reconstruction.

    Du fait de cette combinaison unique de personnels, l’OTAN participe à la génération de forces pour la composante militaire d’une PRT, alors que les pays ont pour responsabilité de fournir les personnels nécessaires aux composantes civiles. Par conséquent, les PRT sont des équipes hybrides de personnels qui relèvent soit de la chaîne de commandement de l’OTAN, soit de celle des pays.

    Coordination des contributions de troupes au titre d’opérations non dirigées par l’OTAN

    Au fil des ans, l’Alliance a acquis de vastes compétences dans le domaine de la coordination de troupes au titre d’opérations multinationales. Dans le passé, elle a mis à disposition ces compétences afin d’appuyer des opérations non dirigées par l’OTAN. 

    Dans le cadre de l’accord Berlin Plus, l’Alliance coopère étroitement avec l’Union européenne (UE) afin d’apporter des ressources à certaines opérations. Lorsque l’UE le leur demande, le SACEUR adjoint et ses collaborateurs apportent leur soutien à la coordination des contributions de troupes engagées par les pays membres. Par exemple, le SACEUR adjoint a été chargé du commandement opérationnel de l’opération Althea dirigée par l’UE en Bosnie-Herzégovine et il a assumé la responsabilité de la génération  des forces.

    L’OTAN a également assuré la génération des forces nécessaires pour appuyer l’Allemagne et les Pays-Bas lorsque ces pays ont dirigé en 2003 en Afghanistan la Force internationale d’assistance à la sécurité sous mandat de l’ONU, avant que cette force ne soit confiée à l’OTAN.

  • Qui décide ?

    Pour déterminer ces contributions, l'ACO se met en relation avec le Comité militaire, le Conseil de l’Atlantique Nord et les différents pays concernés, qui ont tous des rôles critiques à jouer dans la réalisation des opérations et des missions de l'Alliance.

    L'ACO, dirigé par le SACEUR, est responsable de l’exécution de l’ensemble des opérations et missions de l’Alliance. Le SACEUR adjoint et ses collaborateurs ont pour tâche de coordonner les contributions de troupes.

  • La génération de forces au fil du temps

    Pendant la plus grande partie de l'histoire de l'OTAN, l’engagement opérationnel de l’Alliance était concentré avant tout sur la frontière qui, auparavant, séparait l’Allemagne de l’Est de l'Allemagne de l’Ouest. Pendant plus de 40 ans, les stratèges de l’OTAN ont parlé de « plans de forces » à moyen et à long terme, plutôt que de « génération de forces » au titre d’opérations spécifiques. Il en était ainsi parce qu’à cette époque l’Alliance maintenait en Allemagne de l’Ouest des forces conventionnelles, prêtes à résister à une attaque de l’Union soviétique.

    À compter de 1986, les forces conventionnelles ont été réduites et, après la fin de la Guerre froide, les bases des divers pays de l’OTAN en Allemagne ont été pour une grande part démantelées ou converties à d’autres utilisations, même si certaines sont encore fonctionnelles aujourd’hui.

    La première grande opération de l'OTAN faisant intervenir des forces expéditionnaires terrestres s’est déroulée en Bosnie-Herzégovine à la suite de l’accord de paix de Dayton en 1995. Le processus de génération de forces de l’OTAN, qui est toujours appliqué aujourd'hui, a été élaboré pendant les opérations dirigées par l’OTAN en Bosnie-Herzégovine et plus tard au Kosovo.

    Répondre aux besoins opérationnels grâce à la transformation

    Si les processus de base pour la contribution de troupes et de matériels restent valables, ils ont été perfectionnés à mesure que l’OTAN s’est transformée. À leur réunion tenue en mai 2002 à Reykjavik (Islande), les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN ont déclaré : « Pour accomplir la gamme complète de ses missions, l’OTAN doit pouvoir aligner des forces capables de se déployer rapidement partout où elles sont nécessaires, de mener des opérations soutenues, à longue distance et dans la durée, et de réaliser leurs objectifs. »

    L’engagement de l’OTAN en Afghanistan, en 2003, a posé un certain nombre de nouveaux problèmes en matière de génération de forces. Il est vite apparu que la nature de la mission était différente de celle des tâches précédentes. Il fallait prévoir une plus grande souplesse concernant le type de forces ainsi que leur nombre, selon la rotation et la zone considérées. En outre, comme bon nombre de pays avaient prévu de réduire leurs forces armées, tout en leur assurant une formation plus perfectionnée et en mettant l’accent sur la dotation en matériel, il devenait irréaliste d’attendre de ces pays qu’ils engagent des troupes importantes de façon permanente.

    Afin de fournir des personnels au titre d’une opération ou d’une mission, il a été décidé de tenir davantage compte des besoins opérationnels. La communication entre les commandants de l’OTAN et les pays membres ou les pays partenaires a été améliorée de sorte que les pays contributeurs de troupes potentiels ont pu être mieux informés de l'évolution des besoins opérationnels.  

    La première conférence globale de génération de forces s’est tenue en novembre 2003. Auparavant, des réunions de génération de forces avaient été convoquées au cas par cas, en fonction des besoins. Pendant la conférence annuelle, les besoins à satisfaire en troupes et en ressources pour l’ensemble des opérations et des missions dirigées par l’OTAN sont examinés simultanément.

    Il reste toutefois nécessaire de tenir des réunions ad hoc pour évaluer les besoins immédiats, mais une seule grande réunion permet d’améliorer la coordination au sein des pays contributeurs de troupes et des instances militaires de l’OTAN, et entre eux.

    Enfin, les responsables de la planification militaire à l’OTAN envisagent désormais la génération de forces à plus long terme. Bien que le déroulement des opérations, tout comme l’évolution de la situation politique dans les pays contributeurs de troupes, empêchent d’engager des troupes et des matériels de façon définitive à long terme, les responsables de la planification militaire de l'OTAN ne se limitent pas aux besoins immédiats, ce qui permet tant à l'Alliance qu’aux pays contributeurs de troupes de mieux planifier leurs ressources.

Mis à jour le: 15-May-2012 13:27