Les relations entre l’OTAN et ses partenaires dans le monde

  • Mis à jour le: 03 Apr. 2014 10:20

L’OTAN coopère à titre individuel avec un certain nombre de pays qui ne font pas véritablement partie de ses cadres de partenariat formels . Ces pays – les « partenaires mondiaux » – sont l'Afghanistan, l'Australie, l'Iraq, le Japon, la République de Corée, la Mongolie, la Nouvelle-Zélande et le Pakistan.

Ces pays coopèrent avec l'OTAN dans des domaines d'intérêt mutuel et contribuent activement aux opérations de l’OTAN. Chacun d'entre eux choisit les domaines dans lesquels il souhaite travailler et coopérer avec l’OTAN, dans un esprit de réciprocité et de bénéfice mutuel.

Au cours des dernières années, l’OTAN a développé des relations bilatérales avec chacun de ces pays. Les partenaires mondiaux ont désormais le même accès aux activités de partenariat que tous les autres partenaires. Les activités portent aussi bien sur des opérations et exercices conjoints, que sur la formation au niveau stratégique concernant les questions de renseignement, d’information et de technologies. L’importance d’une ouverture en direction de pays et d’organisations dans le monde a été soulignée par le Concept stratégique adopté au sommet de Lisbonne en novembre 2010. À Lisbonne, en effet, les dirigeants des pays alliés ont exprimé leur intention – dans le cadre d’un effort ciblé de réforme de la politique de partenariats de l’OTAN – de mieux interagir avec les partenaires mondiaux qui apportent une contribution significative à la sécurité internationale. Dans le droit fil des décisions prises à Lisbonne, une nouvelle politique de partenariats a été entérinée par les ministres des Affaires étrangères à leur réunion de Berlin, en avril 2011.

Conformément à la nouvelle politique, tous les partenaires sont traités de la même façon et se voient offrir la même base de coopération et de dialogue. Par ailleurs, il existe désormais des occasions plus nombreuses de réunions en configuration flexible, permettant aux pays membres ou partenaires de l’OTAN de se réunir avec d'autres pays, avec lesquels l’OTAN pourrait ne pas avoir de programme bilatéral de coopération. Il s’agit notamment de la Chine, de l’Inde, de Singapour, de l’Indonésie, de la Malaisie et de la Colombie. D’autres réunions de ce genre ont été organisées pour consulter les partenaires sur différents sujets, comme la lutte antipiraterie ou la lutte antidrogue en Afghanistan.

Highlights

  • Les « partenaires mondiaux » coopèrent avec l'OTAN à titre individuel, hors des cadres de partenariat traditionnels de l'Alliance.
  • Les partenaires mondiaux ont désormais le même accès à toutes les activités de partenariat de l'OTAN.
  • Actuellement, les « partenaires mondiaux » de l'OTAN sont l'Afghanistan, l'Australie, l'Iraq, le Japon, la République de Corée, la Mongolie, la nouvelle-Zélande et le Pakistan.


  • Soutien apporté aux opérations dirigées par l’OTAN

    Les contributions apportées par les partenaires mondiaux, et d'autres pays aux opérations dirigées par l’OTAN ont une incidence directe et bénéfique pour la paix et la sécurité internationales.

    Dans les Balkans, des forces argentines et chiliennes ont travaillé aux côtés des Alliés pour assurer la sécurité en Bosnie-Herzégovine. Au Kosovo, l’Argentine a aidé le personnel de l’OTAN à apporter une aide médicale et sociale aux populations locales, et elle coopère depuis 1999 à la mise en œuvre des accords de paix.

    En Afghanistan, un certain nombre de partenaires mondiaux comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, travaillent aux côtés des Alliés dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). D’autres pays, comme le Japon, soutiennent les efforts de stabilisation engagés par la FIAS en Afghanistan, sans pour autant participer militairement, mais en finançant de nombreux projets de développement et en envoyant des officiers de liaison.

    Le soutien apporté par le Pakistan aux efforts déployés par l’OTAN et la communauté internationale en Afghanistan reste essentiel pour le succès de la mission de l'Alliance, et ce malgré les divergences du passé. L’OTAN demeure résolue à travailler avec le Pakistan, en vue d’obtenir son soutien à la stabilisation de l’Afghanistan.

    La participation des pays partenaires aux opérations de soutien de la paix dirigées par l’OTAN est régie par le Cadre politico-militaire, qui a été élaboré pour les opérations dirigées par l’OTAN. Ce cadre prévoit d'associer les États contributeurs aux processus de planification et de génération de force, par l'intermédiaire du Centre de coordination internationale, situé au SHAPE. S'appuyant sur le retour d'expérience et renforçant les habitudes de coopération établies dans le contexte de la KFOR et de la FIAS, les Alliés ont décidé, au sommet de Lisbonne, en 2010 de réexaminer le cadre politico-militaire, afin d’actualiser la manière dont l’OTAN coopère avec les pays partenaires et élabore avec eux les décisions concernant les opérations et missions auxquelles ils contribuent.

    En règle générale, les forces militaires des partenaires qui participent aux opérations sont soumises aux mêmes conditions que celles des pays de l'OTAN. Cela signifie que ces pays sont associés au processus décisionnel, par le biais de leur participation aux travaux des comités OTAN et du détachement d’officiers de liaison dans les quartiers généraux opérationnels ou au SHAPE. Ces forces opèrent sous le commandement direct du commandant opérationnel, via les quartiers généraux des divisions multinationales. Le Conseil de l'Atlantique Nord – le principal organe décisionnel de l’Alliance – se réunit régulièrement au niveau des ambassadeurs, des ministres ou des chefs d'État et de gouvernement pour débattre et faire le point sur les opérations.

  • Évolution des relations

    Depuis les années 1990, l’OTAN entretient ponctuellement un dialogue avec les pays qui ne font pas partie de ses cadres formels de partenariat. Toutefois, l’intervention de l’OTAN en dehors de sa région immédiate – notamment en Afghanistan et en Libye – a accru les opportunités et la nécessité d'un renforcement de l'interaction au niveau mondial. Il apparaît clairement que, face à l’émergence de menaces planétaires, le succès de la lutte contre des défis comme le terrorisme, la prolifération, la piraterie ou les cyberattaques passe nécessairement par la coopération avec un large éventail de pays. Le dialogue avec ces pays peut aussi aider l’OTAN à éviter des crises et, le cas échéant, à gérer une opération pendant toutes ses phases.

    Depuis 1998, l'OTAN invite des pays du monde entier à participer à ses activités, ateliers, exercices et conférences. Cette décision a marqué une inflexion de la politique de l’Alliance, ces pays ayant désormais accès – moyennant l’approbation du Conseil au cas par cas – aux activités proposées dans le cadre des partenariats structurés de l’OTAN. Ces pays étaient alors désignés par l'appellation « pays de contact ».

    Au sommet de Riga, en 2006, des mesures significatives ont été prises pour renforcer la pertinence opérationnelle de la coopération que l'OTAN entretient avec les pays faisant partie de ses cadres de partenariat structurés, mais aussi avec d'autres partenaires dans le monde. Ces mesures ont été renforcées par les décisions prises au sommet de Bucarest, en 2008, qui ont défini un ensemble d’objectifs pour ces relations et créé des mécanismes pour un renforcement du dialogue politique, et notamment des réunions du Conseil de l’Atlantique Nord avec les ministres des pays concernés, des pourparlers de haut niveau et des réunions avec les ambassadeurs. En outre, des programmes de travail annuels (alors appelés « paquets individuels sur mesure d’activités en coopération ») ont été développés plus avant.

    Au sommet de Lisbonne, en 2010, les Alliés sont convenus d’élaborer, avant la réunion ministérielle Affaires étrangères de Berlin, en avril 2011, une politique de partenariat plus efficace et plus souple. À cet effet, ils ont décidé :

    • de rationaliser les outils de partenariat de l'OTAN afin d'ouvrir l'ensemble des activités et des exercices de coopération aux partenaires et d’harmoniser les programmes de partenariat ;
    • de mieux interagir avec les partenaires mondiaux qui apportent une contribution significative à la sécurité, et de s’ouvrir aux partenaires pertinents afin de renforcer la confiance, d'accroître la transparence et de développer la coopération pratique ;
    • d'élaborer des configurations flexibles permettant de débattre des défis de sécurité avec les partenaires et de renforcer les forums de dialogue politique existants ;
    • de mettre à profit les améliorations apportées aux mécanismes OTAN de formation, et de réfléchir aux moyens d’accroître l’aptitude des divers partenaires à renforcer leurs capacités.
    Le Conseil de partenariat euro-atlantique, le Partenariat pour la paix, le Dialogue méditerranéen et l’Initiative de coopération d’Istanbul.